Témoignages

Essarts-Surieux à Échirolles (38)

Témoignage de M. Hamid D, commerçant à Échirolles et membre du Conseil citoyen Essarts-Surieux (février 2017) :

Je suis commerçant sur Échirolles. J’ai un bar PMU restaurant et je suis installé dans le même quartier depuis 22 ans. Je fais parti du conseil citoyens d’Échirolles, en tant que commerçant, qui participe à la rénovation urbaine des quartiers Essarts-Surieux.

Au début j’étais très motivé, mais après plusieurs réunions, qui durent depuis plus de 2 ans, je trouve que les politiques et les cabinets qui ont été choisi se moquent de nous. En effet depuis le début, ils ont déjà tout décidé tous seuls.

Dans les réunions ou les ateliers de travail on leur a dit ce qu’on voulait, en matière de sécurité, de commerces, de constructions ou destructions, de prévention de la délinquance, d’éducation, d’espaces verts, de santé et d’équipements publics. Mais ils ne nous ont pas écoutés.

Lors de la signature du protocole d’accord avec le préfet, l’ANRU et les pouvoirs publics qui participent aux projets, ils ont proposé leur projet et pas celui des habitants et du conseil citoyen qui avait été travaillé dans les différents ateliers.

Il avait été décidé de déplacer les commerces sur un axe très passant du quartier pour une meilleure visibilité et pérennité de nos activités. En effet le nombre de commerçants se fait de plus en plus rare et la revente de commerces est impossible au sein de cette zone sensible. Un lieu avait été choisi, et plusieurs professionnels que j’avais contactés, étaient prêt à venir s’installer. Mais l’élu de l’urbanisme qui supervise le projet a décidé seul de changer le lieu convenu.

Finalement, toutes ces réunions avaient pour but initial de nous déplacer dans une zone plus attractive, mais l’incompétence des élus et des cabinets d’études en matière commercial, nous ramène à la case départ. L’importance des commerces dans les quartiers est une priorité.

En savoir plus : LIEN A VENIR

Gagarine à Romainville (93)

Interview réalisée en janvier 2017 par Gilles Pradeau du GIS Démocratie et Participation.

Témoignage de M. Maza, habitant de la cité Gagarine à Romainville et Mme Dauvergne, élue municipale de Romainville et territoriale Est-Ensemble, à propos du projet de rénovation urbaine (NPNRU) du quartier Gagarine à Romainville.

Voir le rassemblement avec le DAL HLM, Spoutnik (Gagarine Romainville), APPUII et Pas Sans Nous au au siège de  « Est Ensemble » en cliquant ICI.

Voir aussi cet article de 2015 du Parisien.

Robert Lebon – Lamartine à Villejuif (94)

Estelle de l’association APPUII avec Nadine, Fatiha et Jamal de l’Amicale des locataires « Bien vivre à Robert Lebon » de Villejuif (novembre 2016)

> Comment avez-vous appris l’existence d’un projet de rénovation urbaine de votre quartier ?

Nous avons été mis au courant d’un projet de rénovation sur notre cité par des rumeurs dans le quartier. On entendait parler de démolition, de relogement. Un premier collectif d’habitants s’est constitué pour essayer d’avoir des informations auprès du maire sur la réalité du projet, mais sans succès. On a quand même eu confirmation que des démolitions étaient envisagées. Une pétition a circulée et a recueilli 300 signatures. Mais nous n’avons pas pu pour autant rentrer en dialogue avec les décideurs, bailleur et mairie. Nous avons donc créé une amicale de locataires. Nous avons ensuite contacté l’association APPUII pour ne pas subir un projet de rénovation urbaine imposé, mais pouvoir davantage donner notre avis.

> Quelles ont été les premières actions de l’amicale de locataires ?

On a fait un premier porte-à-porte à la rencontre des habitants des immeubles promis à la démolition. On a distribué des petits questionnaires et des tracts pour savoir ce que les gens en pensaient. Puis on a fait une enquête plus large avec l’association APPUII.

Ces porte-à-porte ont montré un fort attachement des habitants à leur quartier : beaucoup l’habitent depuis longtemps, il y a peu de mouvement. Ils ont montré aussi que les habitants étaient favorables à une réhabilitation des bâtiments et appartements plutôt qu’à leur démolition. L’enquête a suscité l’intérêt de plusieurs habitants. La plupart d’entre eux ont eu l’envie d’obtenir davantage d’information sur le projet.

Mais la mobilisation a faibli depuis. Il y a beaucoup de locataires qui sont pris dans leurs préoccupations quotidiennes. Certains habitants pensent aussi que les solutions viendront de l’amicale et donc ne s’impliquent pas personnellement.

> Quelles sont les principales difficultés que l’amicale des locataires rencontre ?

Premièrement, le manque de salle sur le quartier pour se réunir. C’est un gros problème.

Ensuite, le manque d’information et d’arguments précis. Le protocole de préfiguration a été déposé en juillet 2016, donc il y a encore des choses qui n’ont pas été définies. Mais dans les réunions publiques ils présentent un projet  sans communiquer les documents de support. Les diagnostics du bâti n’ont pas non plus été communiqués aux habitants, malgré la promesse faite par la mairie et le bailleur.

Pour beaucoup d’habitants, la « mixité » recherchée apparaît comme un prétexte pour ce projet, qui est clairement lié à la localisation stratégique du quartier. On a l’impression que les enjeux financiers priment. En tant qu’amicale des locataires, on a des difficultés à devenir acteurs dans la mise en place des hypothèses qui font avancer le projet urbain. Ces hypothèses, qui sont négociées par les acteurs institutionnels, se durcissent au fur et à mesure des réunions sans que les habitants ne puissent intervenir. Du coup les gens se découragent et attendent que ça se passe. Ils n’ont pas l’impression que leur avis compte et se démobilisent.

En savoir plus : LIEN.