Pourquoi cette campagne

Voir le communiqué de février 2017 et la tribune du 7 juin dans Médiapart

La rénovation urbaine avec les habitants… ça commence quand ?

Devenue l’alpha et l’oméga du « traitement » des quartiers populaires depuis 2003, la rénovation urbaine a subi de nombreuses critiques, dont celle de se faire sans les habitants, voire contre eux et de tenir les principaux concernés à l’écart de la décision sur les projets urbains.

Pourtant, en 2014 une loi fait naître de nouveaux espoirs. Elle pose le principe de la co-construction des projets urbains par les professionnels, les élus et les habitants, la création  des Conseils Citoyens, nouvelle instance de participation, et des Maisons du projet.

Mais dans la pratique, les modes de faire restent largement inchangés. En conséquence, les frustrations sont nombreuses du côté des collectifs d’habitants et des acteurs locaux qui inscrivent leurs actions dans les quartiers. Les problèmes sociaux, psychologiques et économiques liés au déracinement de certains des habitants délogés de leurs quartiers en rénovation persistent.

Enquête et démarche collective

L’association APPUII a réalisé entre avril et juin 2016 l’une des premières enquêtes sur la mise en place de la participation dans les quartiers en rénovation urbaine depuis la loi de 2014. Quinze entretiens ont été menés auprès d’habitants et professionnels de l’urbain et un questionnaire a été distribué dans 31 sites différents (résultats de l’enquête en téléchargement ICI).

Le 16 novembre 2016, lors de la rencontre « Participation et co-production dans les projets de renouvellement urbain, de la loi à la réalité : Premier bilan« , les résultats de cette enquête ont été soumis aux 75 participants présents, pour élaborer ensemble un diagnostic de la situation et des propositions pour l’améliorer.

Les documents présentés ici (télécharger le document d’interpellation) sont des résultats de ce processus. Ils visent à établir un constat et proposer des pistes de changement claires en vue de mettre les habitants au centre des projets urbains qui affectent leur vie et leur quartier.

Un habitant :

« La rénovation urbaine n’est pas la seule réponse aux problèmes sociaux dans les quartiers, comme le chômage, les moyens financiers des familles […]. Ce sont des problèmes de politique générale. L’approche urbaine est une approche limitée. »


De la loi… à la réalité

Enfin ouverte par le législateur en février 2014, la possibilité d’inclure des habitants dans les projets urbains semble avoir été aussitôt refermée dans beaucoup des villes concernées par la rénovation urbaine. Ce point est pourtant de la plus extrême importance, pour autant que l’objectif de « cohésion urbaine et de solidarité » soit réellement celui de la politique de la ville. Les décisions à prendre ne peuvent être que le fruit d’une volonté politique de la part des élus, nationaux et locaux, des professionnels de l’urbain, et des habitants visant à modifier les modes de penser et de faire la ville.

Les orientations à prendre maintenant

  • L’inclusion des dispositifs de participation et de représentation des habitants dans TOUTES les instances de décisions des projets urbains ;
  • La formation des professionnels et des habitants au travail commun et la capacité de ces derniers à accéder et à formuler une expertise indépendante ;
  • La mobilisation collective et populaire permettant la « mise en mouvement » de la réflexion et de l’action habitante, y compris sur les points d’ordinaire écartés de la concertation, à savoir la pertinence de la décision de démolir.

Autant de chantiers à ouvrir pour que la rénovation urbaine se fasse avec et pour les habitants et non contre eux !


Voir les autres points :
Télécharger le document d’interpellation au format PDF en cliquant ICI pour lire à l’écran LA pour imprimer en livret.
 
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