Solidarités Covid (Yvelines) : le premier comité de pilotage met l’accent sur le Bois de l’Etang à La Verrière

Suite au constat de la transformation des formes de solidarité dans les quartiers populaires conséquemment à la crise sanitaire, la Fondation Abbé Pierre a confié à APPUII une mission d’identification et d’accompagnement des initiatives d’entraides informelles dans les quartiers populaires des Yvelines. Voici un petit point sur les premiers résultats de la mission.

Cartographie des acteurs de la solidarité au Bois de l’Etang (La Verrière) – Extrait du comité de pilotage n°1

Les premières rencontres avec les habitants confirment les difficultés auxquelles  sont confrontées de nombreuses personnes en situation de précarité.

  • La situation économique des ménages a été fragilisée par la baisse des revenus couplée à l’augmentation des dépenses quotidiennes. Cela se traduit par une multiplication des demandes pour impayés de loyer adressées aux bailleurs [1]
  • Les inégalités de logement ont été exacerbées par le confinement poussant à l’isolement des personnes fragiles et à la rupture des liens sociaux [2]
  • La continuité pédagogique était plus difficile. Cela amène à un décrochage scolaire plus élevé que la moyenne [3]
  • Les associations humanitaires nationales (Restos du cœur, …) ont été dépassées par les besoins. Par ailleurs, elles peinent à s’adresser aux ménages récemment fragilisés [4]

Dans ces conditions, de nombreuses initiatives d’entraide, spontanées et informelles, ont émergé dans ces quartiers. De nouveaux profils d’aidants ont vu le jour [5]. Focus sur le Bois de l’Etang, à La Verrière, où la solidarité s’organise tant à l’échelle très locale du quartier, qu’à l’échelle intercommunale en lien avec les villes voisines. Ce quartier de 600 logements a été construit pour loger les ouvriers des usines Renault de Boulogne. Aujourd’hui, certaines de ces familles continuent d’y vivre et animent des liens forts de voisinage, en plus des acteurs traditionnels de la solidarité. APPUII intervient dans le quartier depuis 2016 en soutien aux habitants, ce qui facilite l’enquête.

Dans ce quartier, on peut distinguer différents types d’associations et de collectifs plus informels participant à la constitution d’un réseau de solidarité.

  • On compte deux associations humanitaires nationales qui sont historiquement implantées dans le quartier : les Restaurants du Cœurs et le Secours Populaire. Leurs antennes locales constatent une diversification des profils de leurs bénéficiaires.
  • A notre connaissance, deux associations locales interviennent aussi. L’Amicale des locataires du Bois de l’Etang alerte sur la multiplication des situations d’impayés et le surendettement des ménages, tandis que l’association de jeunes Sibawayh utilise les réseaux de voisinage pour fournir de l’aide personnalisée aux familles nouvellement fragilisées.
  • Enfin des collectifs informels complètent ce maillage. Des femmes du quartier profitent de leur ancrage fort dans le quartier pour identifier et aider les ménages en difficulté par de l’aide à la personne, des collectes de fonds ou du soutien psychologique.

Les liens entre les associations locales et les collectifs informels sont forts dans le quartier du Bois de l’Etang, où leurs actions reposent principalement sur des réseaux de voisinage préétablis. Reste à mieux comprendre leurs relations avec les antennes des associations humanitaires nationales et les représentations locales des institutions (maison de quartier et bailleur). Pour le moment et malgré notre volonté, nous n’avons pas encore réussi à contacter les pouvoirs publics.

Ce travail va se poursuivre sur les autres quartiers populaires des villes de Mantes-la-Jolie, Poissy, Plaisir et Trappes.

Si vous êtes intéressés par cette démarche, n’hésitez pas à contacter Mohamed Ragoubi (mragoubi.appuii@gmail.com), en charge de la mission, ou l’association (associationappuii@gmail.com).

[1] Lors du premier confinement, Seine-Saint-Denis Habitat avait noté une hausse de 13% à 18% des impayés de loyers. (Le Monde, Juin 2020)
[2] Noûs Camille, 2020, « Le covid-19, la guerre et les quartiers populaires », La nouvelle revue du travail
[3] Moreau Mark et Gourlin Titouan, 2020, « La continuité pédagogique, une nouvelle lutte des classes », Slate.fr
[4] AFP, 2020, « Coronavirus : aux Restos du Cœur comme au Secours Populaire, “on s’adapte dans l’urgence” pour l’aide alimentaire », France 3 – Haut de France[5] Rey-Lefebvre Isabelle, 2020, « Avec la crise, de nouvelles formes de solidarité émergent », Le Monde.fr

Atelier de travail au Landy Sauvage le 27 février 2021

Le 27 février 2021 à 14h au Landy Sauvage, APPUII et le Comité de Vigilance JO co-organisent un atelier de travail portant sur les projets urbains en cours à Plaine Commune. Cet atelier est ouvert à tou.te.s les personnes mobilisé.es sur ces grandes transformations urbaines et sociales. L’enjeu de cette rencontre est de mettre en commun et d’échanger nos visions du développement de ce territoire.

APPUII a initié L’Observatoire de Plaine Commune début octobre 2020. Son objectif est de mieux comprendre les projets urbains en cours afin d’être en capacité d’outiller les habitant-es impacté-es souhaitant faire valoir leur voix. Une équipe de bénévoles (urbanistes, géographe, architectes) s’est penchée principalement sur les projets dans le sud du territoire, à Aubervilliers, la Courneuve, L’Ile Saint-Denis, Saint-Denis et Saint-Ouen.

Une série d’entretiens avec les acteurs institutionnels et les collectifs mobilisés sont réalisés pour comprendre les stratégies territoriales et le jeu d’acteurs. Delà, plusieurs informations clés peuvent être mises en avant : 

  • Le développement territorial se base sur une série de grands projets urbains (Stade de France, rénovation de La Plaine, JO, rénovation urbaine) depuis les années 80.
  • 19 % du territoire est en projet ce qui sous entend un changement en profondeur du tissu urbain et du tissu social de Plaine Commune.
  • Une croissance démographique très forte (100 000 nouveaux habitants à l’horizon 2030 selon le PADD1) qui conduit à une densification urbaine (4 200 nouveaux logements par an) et à une transition du tissu urbain historiquement industriel.
  • Un établissement public territorial (EPT)2 volontariste en termes de développement urbain mais limité dans ces compétences et qui s’inscrit dans des enjeux de développement métropolitain.
  • Un territoire historiquement populaire (30% du territoire est classé en quartier politique de la ville QPV3). Il subit une gentrification sans précédent du fait de la proximité de Paris.
  • Un territoire sous doté en espaces verts4 qui s’artificialise encore (destruction des zones naturelles et agricoles) malgré un discours affiché sur l’écologie urbaine. Des espaces plantés publics qui disparaissent. 
  • Un remplacement progressifs des majorités municipales communistes par différents partis (UDI, PS,…) impactant les relations de coopération entre les villes et changeant les priorités politiques en termes de développement territorial.
  • Une gouvernance urbaine métropolitaine opaque et éloignée des habitant-es. Un rôle de l’Etat prépondérant dans la transformation du territoire du fait de ses compétences élargies dans les projets d’aménagements en cours (JO, Grand Paris Express et Rénovation Urbaine).

En plus de ces entretiens, une analyse des projets urbains a été faite. Ils reflètent des stratégies communes pour le territoire. L’Observatoire au sein d’APPUII a collecté des données précises sur chacun des projets comme le nombre de démolition, de réhabilitation et de construction de logements sociaux, la surface de terres artificialisées. Une cartographie a été mise en œuvre et synthétise les informations sur les projets urbains liés aux Jeux Olympiques Paris2024, au Grand Paris et aux lignes du Grand Paris Express et à la rénovation urbaine dans les quartiers populaires.

Face à tous ces enjeux, un atelier est co-organisé avec le Comité de Vigilance JO :

le 27 février 2021 de 14h à 17h, 

au Landy Sauvage,

166 rue du Landy, 93200 St-Denis

L’objectif de l’atelier sera de partager les premiers résultats du travail de l’Observatoire, de le mettre en discussion et de formuler des propositions alternatives pour le territoire de Plaine Commune. Il sera l’occasion d’établir les enjeux propres à chacun projet et plus largement à l’échelle des villes et du territoire de Plaine Commune en alimentant la cartographie des projets en cours. 

Afin de garantir la tenue de l’événement dans le respect des règles sanitaires merci de vous inscrire ici, afin que nous puissions nous organiser en conséquence.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous contacter : mguillaume.appuii@gmail.com

1 Projet d’aménagements et de développement durable, introduction du PLUi (Plan Local d’Urbanisme intercommunal)

2 Équivalent de l’intercommunalité dans la métropole du Grand Paris

3 Quartier en politique de la ville identifié par un critère : un revenu médian par habitant.e inférieur à 11 250 euros/an

4 A Aubervilliers, 4,4m² par habitant.e d’espaces verts alors que l’OMS prescrit 10m² par habitant.e.

Pour la nouvelle année, adhérez à APPUII

Que nos meilleurs voeux pour cette nouvelle année vous accompagnent. C’est aussi le moment de montrer votre soutien à APPUII en renouvelant votre cotisation. Devenir membre d’APPUII c’est soutenir la justice sociale et la démocratie en étant aux côtés des habitants et des citadins qui veulent se faire entendre sur l’avenir de leurs villes et leurs quartiers. C’est permettre le déploiement de soutiens réels sur le terrain, d’aide à la mobilisation, à la production d’alter-expertise.

Pour adhérer, c’est ici pour les associations et pour les individus.

Triangle de Gonesse : la lutte continue !

L’abandon annoncé le 7 novembre 2019 du projet de méga-centre commercial et de loisirs EuropaCity ne saurait être confondu avec la préservation des 670 hectares de terres agricoles fertiles du Triangle de Gonesse. La  Société du Grand Paris annonce en effet pour février le début de travaux de la gare « Triangle de Gonesse » qui a pour caractéristique son splendide isolement au milieu des terres. Sa vocation ne pouvant être la desserte des champs, il faut la voir comme premier pas d’une urbanisation qui prendra son temps mais qui se fera. C’est la raison pour laquelle le Collectif Pour le Triangle de Gonesse poursuit con combat contre l’artificialisation des terres, engagé il y a 10 ans, en demandant désormais l’annulation de ce projet de gare. Sachant que par ailleurs un projet alternatif déclinant les multiples dimensions d’une transition écologique est possible sur le triangle de Gonesse : le projet CARMA (http://carmapaysdefrance.com/).

Fête du Triangle de Gonesse (21/01/2021) Photo : Ranier Hoddé


La fête du dimanche 21 janvier à été l’occasion de rediscuter de tout cela, autour d’excellents soupes, et surtout de prêter le «Serment du Triangle», comme l’ont fait les députés duTiers-État le 20 juin 1789 lors du Serment du Jeu de Paume. APPUII était des signataires (voir le communiqué de presse https://ouiauxterresdegonesse.fr/wp-content/uploads/2021/01/CP-20210115-Le-17-janvier-le-Serment-du-Triangle.pdf)

Franc-Moisin (Saint-Denis) : Premiers résultats de la contre-expertise sur le relogement menée par les citoyen.ne.s

Dans le cadre de l’élaboration du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU), le Conseil citoyen du quartier Franc-Moisin / Bel-Air / Stade de France (membre du collectif des habitant.es de Franc-Moisin) et APPUII, en partenariat avec l’Université de Nanterre, ont mené une étude sur le processus de relogement engagé dans le cadre de la démolition annoncée de 477 logements. Cette démarche visait d’une part à comprendre les modalités concrètes du relogement, dans l’optique de faire valoir les droits des locataires. D’autre part, l’enjeu était de faire un état des lieux du logement social sur certains quartiers de Saint-Denis. Alors que le travail a enfin été présenté par le collectif d’habitants de Franc-Moisin à la municipalité nous publions ici ses résultats.

Les services de Plaine Commune, les municipalités et les différents bailleurs de l’agglomération ont négocié en janvier 2020 une charte de relogement intercommunale qui définit les droits des locataires dans le cadre du relogement. Les habitant.e.s, ainsi que leurs représentant.e.s des amicales des locataires ou du conseil citoyen, ont été exclu.e.s de cette négociation. Lors de la conférence intercommunale des locataires, de nombreux collectifs et associations, dont le conseil citoyen de Franc-Moisin, ont revendiqué leur intégration au processus de relogement et l’élaboration de déclinaisons locales de la charte, prévue dans son premier article.

Le conseil citoyen de Franc-Moisin, avec le soutien technique d’APPUII, a ensuite engagé un travail d’étude et de compréhension de la charte intercommunale et du processus de relogement (les détails ici), financé par le budget de contre-expertise alloué par la mairie de Saint-Denis. Ce travail a été mené entre janvier et juin 2020 avec le soutien d’un groupe d’étudiants en Master 2 Urbanisme et Aménagement de l’Université de Paris-Nanterre.

A la suite d’ateliers participatifs avec les habitant.e.s, de réunions et d’entretiens avec les différents acteurs du relogement, ainsi que de recherches réalisées sur des processus similaires ayant eu lieu sur d’autres territoires, deux documents ont été produits, disponibles au format PDF, qui présentent :

  • Les principaux dysfonctionnements du processus de relogement qui ont pu être observés, ainsi que leurs conséquences > LIEN
  • Des préconisations visant à l’amélioration de ce processus et permettant de répondre aux problèmes constatés. Ces fiches, à destination des différents acteurs du relogement, proposent le détail de la mise en œuvre des actions proposées (maîtrise d’ouvrage, moyens à allouer, etc.), leur moment d’intervention dans la temporalité du processus de relogement, et s’accompagnent de références ou d’exemples qui illustrent leur faisabilité > LIEN
  • Par ailleurs, un travail fin d’analyse et d’amendement de la charte intercommunale de relogement a été réalisée par les habitants dans l’objectif de négocier une déclinaison locale pour le quartier, conformément aux engagements de la municipalité. > LIEN

Deux synthèses de ces documents sont également disponible ici et . Ces documents sont mis à disposition des habitant.e.s, des amicales de locataires, du conseil citoyen, des élu.e.s et des bailleurs, afin de faciliter le processus de relogement engagé, et que celui-ci  se fasse dans le respect des droits et volontés des habitant.e.s.

L’état des lieux du parc social à Saint-Denis n’a, pour l’heure, pas pu être réalisé, faute d’accès aux données. Plusieurs raisons expliquent cela : d’une part, l’organisation des bailleurs ne permet pas nécessairement la transmission de ces informations, dont ils ne disposent pas forcément eux-mêmes ou qui ne sont pas anonymisées. D’autre part, cette opacité peut également s’expliquer par un manque de volonté de coopération avec une association qui peut être jugée « trop » militante. Ce manque de transparence pose un véritable problème quant au caractère public de ces informations. Il interroge directement la capacité des institutions à avoir une vision globale et inter-bailleurs de l’offre de logement sociaux sur le territoire, et donc d’être en mesure de trouver des solutions de relogement correspondant aux besoins des habitant.e.s.

Le 3 et le 15 décembre, le collectif d’habitants de Franc-Moisin, dont le conseil citoyen et les amicales de locataires concernées, et APPUII ont présenté ce travail à la nouvelle équipe municipale dans l’optique d’engager la négociation de la déclinaison locale de la charte de relogement. Nous communiquerons bientôt le compte rendu de ces deux rencontres.

(Tribune) L’éducation populaire et l’urgence du combat démocratique

Alors que le contexte politique et social est particulièrement délétère, APPUII s’associe à la Fédération des Centres sociaux et Socioculturels de France et aux acteurs de l’éducation populaire, des organisations de la société civile et des chercheur.euse.s pour interpeller pouvoirs publics, associations, médias et grand public sur l’urgence et la nécessité de mener un combat démocratique. (extrait du site de la fédération nationale des centres sociaux)

Crédits : fédération des centres sociaux

La situation actuelle du débat public en France se caractérise notamment par une polarisation simplificatrice, au nom de la lutte contre les extrêmes, les populismes ou les séparatismes. Cet appauvrissement inquiétant du débat démocratique, qui s’accompagne de tentations autoritaires, est un puissant accélérateur des phénomènes de repli sur soi et de diverses formes de radicalisations. Face à ce poison qui s’immisce, la société a plus que jamais besoin d’une démocratie vivante, d’une République laïque et d’une citoyenneté active, qui ne saurait se réduire au droit de vote.

A travers les valeurs de l’éducation populaire, des associations et des collectifs participent à ce mouvement. Ils organisent des espaces de discussion et d’action collective où des citoyennes et citoyens se rencontrent, débattent, s’impliquent pour transformer leur cadre de vie, agir sur les décisions prises à l’échelle de leur ville ou du pays et imaginer des alternatives pour la société de demain. On y parle d’éducation, de logement, d’économie, de santé, d’écologie, de discriminations ou encore d’aménagement du territoire, en partant des préoccupations et du vécu des personnes, de l’expression de leurs intérêts, de leurs envies, de leurs colères. On y vit des moments festifs et solidaires, des luttes, des débats vifs sur des sujets parfois complexes, et des réussites collectives, qui donnent chair à l’idée de fraternité.

Notre combat démocratique repose sur une vision de la citoyenneté qui ne relève pas de la seule instruction civique, mais se nourrit aussi de l’expression libre, de l’écoute, de la compréhension des désaccords, et de l’appropriation du cadre commun qui régule la vie en société. Le débat produit du commun, à partir des différences, et développe l’esprit critique par le dépassement des opinions particulières et la compréhension des enjeux plus globaux et des interdépendances.  C’est un rempart au repli sur soi, au rejet, à la haine et à la violence.

Notre approche est aussi un combat pour l’égalité. Les espaces que nous organisons favorisent le développement du pouvoir politique des citoyennes et citoyens, leur prise de parole, leur dialogue avec les pouvoirs publics et leur contribution à la prise de décision. Il faut affronter sans complaisance les inégalités et les discriminations qui existent dans notre pays, reconnaître les souffrances des personnes, pointer du doigt les dysfonctionnements de nos institutions. Tout cela n’est pas désavouer la République, c’est au contraire l’entretenir et la construire ensemble.

Enfin, c’est un combat sur le temps long. La démocratie n’est pas la confrontation immédiate et stérile de points de vue individuels stéréotypés ; c’est un processus d’émancipation individuelle et collective qui contribue à réduire les fractures qui traversent la société.

L’autonomie dans l’exercice de ces démarches d’éducation populaire, garantissant une expression libre, non contrainte ou instrumentalisée, est indispensable et doit être reconnue comme telle par les pouvoirs publics. Ces espaces sont complémentaires des instances représentatives et font écho au travail mené par les enseignantes et les enseignants. Cet engagement au long cours, particulièrement fondamental auprès et avec des jeunes, nous le menons avec humilité et persévérance.

Nous en appelons, avec cette tribune, à la vigilance et à l’engagement des pouvoirs publics nationaux et locaux, des organisations politiques et syndicales, des associations, des médias et de chacune et chacun d’entre nous : ne laissons pas l’appauvrissement démocratique nous diviser encore plus. Organisons partout où cela est possible ces espaces de rencontre et de construction collective qui font vivre notre démocratie. Discutons, n’ayons pas peur des désaccords. Armons nos esprits critiques et prenons soin de nos liens.

Le défi est immense et chacune, chacun, y a sa place.

Organisations signataires :

la Fédération des Centres sociaux et Socioculturels de France (FCSF) ;

la Ligue des droits de l’homme (LDH) ;

ATD-Quart Monde ;

le Secours Catholique ;

les Comités régionaux des associations de jeunesse et d’éducation populaire (CRAJEP) d’Occitanie, Ile-de-France, du Grand-Est, de Nouvelle Aquitaine, du Centre-Val-de-Loire et des Hauts-de-France ;

l’Union nationale pour l’habitat des jeunes (UNHAJ) ;

le Comité national de liaison des Régies de quartiers (CNLRQ) ;

Peuple et culture ;

France Nature Environnement ;

ATTAC ;

les Maisons des Jeunes et de la Culture (CMJCF et FFMJC) ;

le Collectif des associations d’éducation populaire politique ;

les Eclaireuses et éclaireurs de France ;

le Mouvement de la Paix ;

le Planning Familial ;

le Collectif des associations citoyennes ;

la coordination nationale Pas sans nous ;

Animafac ;

Aequitaz;

Les Cités d’or ;

le réseau des SCOP d’éducation populaire ;

Co-exister ;

Bleu-Blanc-Zebre ;

le Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) ;

la Confédération nationale des Foyers Ruraux (CNFR) ;

la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) ;

l’Association Concordia ;

l’Union Nationale des Associations de Développement Local (UNADEL) ;

la Fédération française des clubs UNESCO ;

Alliance citoyenne ;

Alternatives pour des projets urbains ici et à l’international (APPUII) ;

Solidarités Jeunesses ;

YMCA France ;

le Réseau national des Juniors Associations (RNJA) ;

les Jeunes européens – France ;

les Associations des Ludothèques Françaises – ALF ;

la Fédération nationale des centres musicaux ruraux (CMR).

Avec le soutien du CNAJEP (Comité national des associations de jeunesse et d’éducation populaire) et de la Coalition pour les libertés associatives

Yvelines (78) : Comprendre et accompagner les nouvelles formes de solidarité face à la crise sanitaire

L’association APPUII engage en partenariat avec la Fondation Abbé Pierre, une mission d’accompagnement des nouvelles formes de solidarité émergentes à la suite de la crise sanitaire. Ce travail vise à comprendre et soutenir les démarches collectives engagées dans les quartiers populaires de Trappes, Poissy, La Verrière, Plaisir et Mantes la Jolie.

La crise sanitaire qui touche l’ensemble du territoire français a frappé plus durement les quartiers populaires. Alors que les inégalités sociospatiales ne cessent d’augmenter, les acteurs de terrains ont dû souvent agir (et continuent) sans attendre d’éventuelles directives nationales. Dans ce contexte, cette situation inédite a profondément transformé les formes de solidarités[1]. On assiste ainsi à renouvellement des bénévoles, souvent dans le cadre d’un primo-engagement, et à une multiplicité des formes de solidarité, souvent non organisées et fondées sur la proximité. 

Dans ce cadre, l’association APPUII voit ses sollicitations se multiplier de la part d’associations et de collectifs pour accompagner et soutenir ces transformations. Ces demandes, portant initialement sur les questions de logement et d’urbanisme, s’élargissent à des questions plus organisationnelles et stratégiques sur des solidarités de proximité ou des questions plus largement socio-économiques dans un contexte de paupérisation.

Dans les Yvelines, les sollicitations se multiplient depuis plusieurs années. Face à l’urgence de la situation, APPUII avec le soutien de la Fondation Abbé Pierre s’engage à comprendre et accompagner les démarches de solidarité le souhaitant. Pour cette mission d’une durée de trois ans vise à :

1/ Faire un diagnostic des associations et dynamiques citoyennes intervenantes sur les questions de logement dans les quartiers populaires des Yvelines. Il identifiera les défis auxquels elles sont confrontées et observera leurs adaptations.

2/ Accompagner les transformations de l’engagement et des modalités d’intervention des collectifs et associations. L’enjeu sera d’établir et de consolider les liens avec des réseaux de l’Économie sociale et solidaire, des initiatives de santé communautaire, des fédérations de locataires et des réseaux de solidarité.

3/ Réaliser des préconisations. Il pourra alimenter le rapport sur le mal-logement de la Fondation Abbé Pierre. L’ensemble de ce travail pourra fournir un éclairage spécifique sur certains quartiers populaires. Des échanges pourront être prévus avec la Fondation Abbé Pierre.

L’ensemble de ce travail sera accompagné d’un comité de pilotage composé de chercheur-es, acteurs institutionnels des villes concernées et acteurs associatifs locaux.

Si vous êtes intéressé par cette démarche, n’hésitez pas à contacter Mohamed Ragoubi (mragoubi.appuii@gmail.com), en charge de la mission ou directement l’association à associationappuii@gmail.com


[1] Ettore Recchi and Tommaso Vitale, 2020, “La solidarité au temps du Covid-19 : vers de nouveaux engagements,” The Conversation. Adresse : https://theconversation.com/la-solidarite-au-temps-du-covid-19-vers-de-nouveaux-engagements-139361 [Accessed : 11 June 2020].

Le Bois de l’Etang (La Verrière – 78) : un projet de rénovation urbaine pour une conservation et une nouvelle transformation

Dans le cadre d’un partenariat entre APPUII et l’ENSA Paris La Villette, nous donnons la possibilité à des étudiant.es de présenter leurs travaux de fin d’études lorsque ceux-ci se sont distingués par leur qualité et l’approche choisie par les étudiant.es. Troisième volet avec Ryad Mahdi et Ayoub Bennyettou qui ont travaillé avec les habitants et usagers du quartier du Bois de l’Étang à La Verrière (78).

Le quartier du Bois de l’Étang – Photo de Ayoub et Ryad

Au début des années 70, la ville de la Verrière (Yvelines) construit le quartier du Bois de l’Étang pour répondre au besoin de logement des ouvriers Renault. Le quartier compte 617 logements répartis en 4 barres de 9 étages et 6 tours de 13 étages, implantés selon le principe de construction moderne d’après-guerre. Ce nouveau quartier modifie en profondeur la petite commune de 6 000 habitants majoritairement composée de pavillon.

Si la problématique a pu évoluer au cours de notre travail, l’intention de départ est restée la même. Notre apport aux habitants du quartier du Bois de l’Étang devait donner un regard nouveau sur les enjeux qu’ils veulent mettre en avant et notre projet de fin d’études devait aboutir à une, ou des propositions spatiales, qui leur permettront d’étayer des solutions qui leur ont été refusées jusqu’à aujourd’hui.

C’est pourquoi, avec le Collectif des Habitants du Bois de l’Étang et l’Amicale des Locataires du Bois de l’Étang nous décidons d’explorer un projet de conservation et de transformation des habitations du quartier en y in­tégrant les spécificités naturelles du site, mais aussi les questions d’usage de ces nouveaux espaces.

Un quartier enclavé et un clivage profond autour de sa démolition

Dès 2014, le projet de rénovation du Bois de l’Étang suscite un clivage entre les habitants du quartier et la mairie de la Verrière. À la suite à une première fuite des échanges entre l’ex-maire et le préfet de l’époque dans lequel on parle d’une « démolition partielle » du quartier, la discorde s’installe entre les deux camps.

Les habitants du Bois de l’Étang créent alors un collectif pour défendre leurs intérêts et exprimer leur refus du futur projet de rénovation urbaine. Le collectif soutenu par l’Amicale des Locataires du Bois de l’Étang affirme qu’il n’a pas été concerté. De même, dans une forme d’attachement à leur quartier, les habitants du quartier refusent d’être forcés à le quitter et être relogés dans des villes lointaines. Par ailleurs, ils trouvent le nouvel axe est-ouest censé diviser le quartier en deux et servir de nouvelle route d’accès à la ville bien plus dangereux aux piétons et aux enfants du quartier.

Très actif, le collectif publie une gazette dédiée au projet de rénovation et multiplie les réunions de sensibilisation aux habitants du quartier.

De l’autre côté, les partisans du projet de démolitions (dont une majorité de la mairie ainsi que le préfet des Yvelines de l’époque) avancent que l’axe est-ouest proposé permettra de lier l’entrée de la ville, le quartier du Bois de l’Étang et ses quartiers voisins. La démolition partielle permettra aussi, selon eux, de diversifier l’offre en équipement et de développer un maillage plus classique du secteur.

Le bailleur Seqens (ex-Domaxis) reste quant à lui silencieux tout au long de la controverse et prône la neutralité bien qu’il soit le premier concerné par le projet de rénovation du Bois de l’Étang du fait qu’il gère l’ensemble des 617 logements sociaux du quartier.

L’intervention des acteurs intermédiaires et l’absence de concertation

Dans un second temps, les deux parties font appel à différents acteurs intermédiaires pour appuyer leurs positions respectives. Pour la mairie, un consultant réalise un diagnostic socio-urbain sans projection spatiale. L’agence d’Architecture RVA est mandatée pour esquisser la rénovation du quartier. Les 4scénarios prévoient la démolition partielle. En parallèle, le Collectif et l’Amical des locataires font appel de leur coté à l’association APPUII pour préparer une feuille de route alternative pour le futur projet de rénovation.

Face aux vifs échanges qu’a suscité la démolition partielle, le projet est arrêté, puis la maire finit par se déclarer publiquement pour la conservation totale du quartier.

Dans ce contexte, nous décidons d’appuyer les habitants du Bois de l’Etang, en réalisant concrètement un projet alternatif. Il s’agit alors de travailler sur une proposition spatiale de la transformation du quartier qui comprend une conservation totale des tours et des barres. Pour ce faire, nous partons de l’échelle du logement en interrogeant les rapports entre intérieur et extérieur.

Une rénovation dans la concertation et sans démolition, une option jamais proposée jusque-là

Une fois le déconfinement sanitaire amorcé, nous avons mis en place 3 outils de travail sur le terrain. Les relevés habités permettent d’abord d’analyser les usages actuels à l’échelle du logement. Ensuite les balades urbaines effectuées avec le collectif et l’amical et quelques habitants nous permettent d’analyser les relations entre les logements et leur insertion dans le quartier et le site à une échelle plus large. Enfin, les réunions de travail en présentiel permettent de revenir sur les remarques et les points abordés et hiérarchiser les enjeux analysés sur site.

Visiter…écouter…dessiner/noter

Chaque cage d’escalier distribue un appartement T2 et un T3. L’accès pour chaque appartement se fait par le centre avec la cuisine située à l’est et les espaces séjour et chambre située à l’ouest. Pourtant l’emplacement, les dimensions des ouvertures ainsi que les pratiques dues aux manques de confort par l’ensoleillement (rideaux fermés toute la journée) font perdre à cet appartement ses qualités de double orientation. Si les surfaces des espaces restent généreuses (50m² pour un T2) ces derniers sont très peu qualifiés par la lumière du soleil. La hauteur sous plafond faisant 2m50, l’impression d’enfermement est d’autant plus accentuée.

De la fenêtre de la cuisine condamnée au canapé en L qui tourne le dos à la façade dans le séjour, les usages relevés démontrent une relation entre l’intérieur et l’extérieur presque inexistante. Au Bois de l’Étang, on vit au 8e étage d’un bâtiment presque de la même manière qu’on vit en sous-sol.

Synthèse d’un relevé habité – réalisation Ryad et Ayoub

Des espaces extérieurs délaissés

Les balades urbaines à l’intérieur et autour du quartier font émerger différents constats. D’abord, La disposition actuelle des espaces végétalisés sous forme de haies et d’arbres à grande tige couplé au manque d’entretien ont aboutis à un accroissement non contrôlé de ces végétations. Ce délaissement a amené à des comportements d’incivilités (jet d’ordures dans les buissons sauvages) mais aussi à l’obstruction de certains passages piétons et accès aux parkings. Par ailleurs, le mobilier urbain, à la base très rudimentaire, est non seulement vétuste et inexploité mais renvoie une image dégradante du quartier. Avec l’absence d’espaces extérieurs au niveau des barres, le rapport entre l’environnement extérieur et les logements n’est possible qu’à travers des vues dérobées sur les logements à travers les fenêtres aux faibles dimensions. Les rez-de-chaussée sont pour l’ensemble aveugles à l’exception des portes d’accès aux halls et aux espaces d’associations.

Extrait du diagnostic en marchant – réalisation Ryad et Ayoub

Hiérarchiser les enjeux

Des réunions de travail ont été organisées avec les présidents du collectif du B.E de l’amicale des locataires avec la participation d’un habitant historique du quartier. Elles furent l’occasion de débriefer autour des balades urbaines faites précédemment et hiérarchiser les enjeux mis en avant.

L’ensoleillement et le confort lié à celui-ci ressortent en premier lieu. La nécessité d’une intervention sur la façade émerge rapidement. Cherchant à garder une réflexion globale, il ne s’agit pas seulement d’espaces extérieurs qu’on viendrait greffer sur le bâtiment existant, mais aussi la nature des rez-de-chaussée ou l’usage des toitures. Par cette intervention, il s’agit de répondre à des « usages ciblés » précédemment : espaces extérieurs ventilés, rangements ou protection des pigeons, etc.

Perspective du nouveau bâtiment réhabilité – réalisation Ryad et Ayoub

Lors des précédentes étapes de relevés, de visites et d’entretiens, nous avons pu « cibler » certains enjeux dont le rôle est d’aboutir à un espace extérieur pratique et aux usages multiples.  Ces enjeux ont été classés selon qu’ils soient soulignés par le Collectif, déduits ou suggérés par nous-mêmes.

Nos réunions de travail ont permis de les hiérarchiser selon leur degré d’importance aux yeux des habitants. Nous proposons ensuite d’en débattre avec les membres du collectif, de l’amicale et quelques habitants à travers des projections et des impressions A3, mais aussi par le biais du casque à réalité virtuelle.

Lors des ateliers de présentation aux habitants. Et pour des raisons financières, la greffe sur la façade suit un principe constructif par modules. Les nouveaux espaces extérieurs sont autoportants et complètement indépendants structurellement des bâtiments d’habitation.

La faisabilité et la durée des chantiers seront facilitées garantissant ainsi un minimum de perturbation pour les habitants du B.E lors du chantier de rénovation. Ce dernier fut aussi un sujet soulevé lors des réunions de travail avec le Collectif.

Perspective du nouveau bâtiment réhabilité – réalisation Ryad et Ayoub

Si vous souhaitez plus d’informations sur le projet, vous pouvez le retrouver en intégralité ici et .

Vous pouvez également contacter les protagonistes de ces projets par mail :
– L’un des architectes : Ayoub Benyettou : Benyettou.ayoub@gmail.com
– Le collectif du Bois de l’Etang : collectif.du.be@gmail.com

Séminaire : co-production sociale de la ville et recherche citoyenne (Copolis)

Appuii, avec d’autres associations, est partenaire du programme de recherche Copolis financé par l’Agence Nationale de la Recherche. Cette recherche portée par des universités françaises et brésiliennes analyse les formes de coproduction sociale de la ville dans les quartiers populaires et précaires de ces deux pays. Ce vendredi (20/11) à 16h se déroule la première séance du séminaire.

A une époque où la participation citoyenne et le développement durable sont fréquemment évoqués comme éléments susceptibles de modifier en profondeur les politiques urbaines, plusieurs paradigmes se sont succédé. Parmi eux, la co-production urbaine, nous paraît réellement porteuse de changement et d’émancipation. Loin de la participation citoyenne « descendante » mise en œuvre, si ce n’est promue, par la majorité des politiques publiques, de nombreux pays voient se multiplier des expériences de planification populaires et des initiatives de co-production urbaine réunissant acteurs de la société civile, universités, professionnels de l’urbanisme, parfois appuyés par des acteurs intermédiaires. Ces initiatives constituent des innovations sociales substantielles pour une transition vers la durabilité, notamment dans les quartiers populaires et précaires. A rebours de l’écologisation des technologies, CoPolis insiste sur l’importance de l’outillage de la coopération citoyenne pour un développement durable et une ville juste.

Ce séminaire prend acte du potentiel transformateur et émancipateur de la co-production urbaine et insiste sur le rôle joué par les universités dans la co-production des savoirs dans les démarches de projet et de résistance à certains projets d’aménagement. Il s’appuie pour ce faire sur la longue histoire de la coopération et de la prise en charge collective et communautaire dans les secteurs urbains et professionnels en France et au Brésil. Ce projet explore par ailleurs le potentiel de la co-production pour l’adaptation aux enjeux de durabilité et de justice sociale: réduction des vulnérabilités sociales et environnementales, construction de formes plus démocratiques de gouvernance, empowerment des populations précaires et effets cognitifs de la co-production des savoirs. Il s’agit d’évaluer de façon critique ses impacts sur la société civile et le tiers secteur ainsi que sur la production d’un « urbanisme solidaire de la transition ». Dans chaque séance du séminaire, ces thématiques et enjeux seront explorés à partir de travaux et d’enquêtes menés au Brésil et/ou en France. Les présentations aborderont successivement quatre grands questionnements.

I. Genèse et conditions de développement des collaborations

Dans quel cadre la démarche de co-production se déroule-t-elle ? Peut-on préciser la nature de la demande sociale ou de la commande et la façon dont elle a été formulée puis transformée par les parties prenantes ? Quelles ont été ses motivations ? Autour de quels enjeux scientifiques, pragmatiques et politiques les acteurs de la coopération ont-ils défini la commande ? Quel a été l’équilibre entre objectifs cognitifs, scientifiques et ceux de transformation sociale ? Comment sont-ils associés à des catégories d’acteurs différentes?

II. Les relations entre les contextes politico-institutionnels et les configurations organisationnelles des pratiques collaboratives

Quelle a été la répartition des tâches au sein du projet ? A quelles phases les partenaires universitaires ont-ils contribué et de quelle façon ? Quelle a été la gouvernance mise en place pour la démarche ? De quelle(s) manière(s) les rapports de pouvoir inégaux ont-ils été pris en compte ? Quels ont été les mécanismes conçus pour assurer un équilibre entre les différents acteurs ? Comment a-t-on cherché à donner une participation et une capacité d’intervention effective aux différents partenaires ? De quelles manières la crise sanitaire et le renouvelllement des modes de communication et des pratiques de travail qui en découle ont-ils transformé les démarches de co-production déjà existantes ?

III. organisation et circulation des savoirs au sein de ces collaborations et le rôle joué par les acteurs intermédiaires

Quelle a été la place de la recherche dans l’ensemble de la démarche ? Comment a-t-elle été organisée, définie ? Comment s’est effectué le choix des méthodes et avec quels objectifs ? Quel a été le degré d’ouverture du dispositif à la diversité de publics potentiels, notamment des publics éloignés de la recherche ? De quelle façon l’éventuelle auto-censure des « profanes » a-t-elle été anticipée ? Quel rôle ont joué les acteurs intermédiaires ? Quelles postures et quels outils ont été mis en place pour organiser le dialogue entre les différents acteurs aux objectifs différents ? Avec quels résultats ? De quelle façon la collaboration entre différents acteurs contribuent-elle à l’hybridation de savoirs existants et à la constitution de nouveaux ? (Les différents savoirs, leur constitution, leur hybridation, leur validation…) De quelle façon la recherche participative contribue-t-elle à une redéfinition des postures, des positions des uns et des autres parmi ces pluralités d’acteurs ?

IV. ce que les recherches participatives produisent

On se posera la question de la légitimité scientifique, sociale et politique de ces recherches. Par quelles instances, individus, groupes est-elle posée et éventuellement évaluée ? De façon associée, quelle place ce type de recherche fait-il à la « neutralité » axiologique et comment bouscule t-il la dichotomie entre neutralité et recherche engagée ? Quels outils employer pour garantir l’objectivation de la démarche ? Comment évaluer les impacts de ces recherches en matière de durabilité, transformation sociale et d’empowerment (pouvoir d’agir, capacitation) ? comment bouscule t-elle la dichotomie entre neutralité et recherche engagée ? Quels outils employer pour garantir l’objectivation de la démarche ? Comment évaluer les impacts de ces recherches en matière de durabilité, transformation sociale et d’empowerement (pouvoir d’agir, capacitation) ?

Séance 1 | 20 Novembre 2020 – 16h00
L’ANR Co-Polis : une recherche participative sur la co-production urbaine
Agnès Deboulet (Paris 8 – CEDEJ – LAVUE) & João Sette Withaker (FAUUSP – LabHab)
Les recherches participatives à l’épreuve du politique : un état de l’art
Maïté Juan (LISE – CNAM)

Séance 2 – Recherche-Formation | 14 Décembre 2020 – 16h00
Co-construire une charte de relogement. Le cas de Franc-moisin à St-Denis
Diangou Traoré et François Xavier Bradant (Collectif des habitants de Franc-Moisin)
Christine Bellavoine (Sociologue, responsable du Secteur des études locales à la ville de Saint-Denis)
Discutante : Claudette Lafaye (Paris 8 – LAVUE)

Séance 3 | 19 Janvier 2021 – 18h00
La recherche au défi de la participation. L’ANR Pop-Part, Les quartiers
populaires au prisme de la jeunesse : une recherche participative
Marie Hélène Bacqué (Paris Nanterre – LAVUE) & Jeanne Demoulin (Paris Nanterre – CREF)

Pour le droit à un logement digne : le combat de Sébastien A. à Montpellier

Le 2 Novembre, notre ami Sébastien A. a commencé une grève de la faim visant à dénoncer les conditions de vie actuelles du Foyer du Père Soulas à Montpellier où il réside mais aussi les solutions de relogement proposées. Outre l’insalubrité des conditions d’hébergement, il refuse ce qui lui est proposé, comme à tant d’autres, à savoir un logement plus cher et plus éloigné du centre. Son témoignage pointe aussi une dérive financière des associations en charge de l’habitat et de l’hébergement social.

Source de l’image : https://actu.fr/occitanie/montpellier_34172/montpellier-bras-de-fer-entre-sebastien-en-greve-de-la-faim-et-le-bailleur-social-adoma_37285101.html

Sébastien A., membre du Conseil d’Administration de l’association APPUII nous a déjà à plusieurs reprises alertés sur ses conditions de vie délétères et celles de tous les résidents du foyer du Père Soulas dont le bailleur Adoma assure la gestion [1] [2] [3]

Depuis lundi 2 novembre, excédé par ces conditions de vie au foyer et par les solutions de relogement proposées, il a entamé une grève de la faim. Si nous sommes inquiets pour sa santé, nous le soutenons dans sa démarche et dans ses revendications :

  • l’éloignement des classes populaires à l’extérieur des centres urbains,
  • l’inacceptable augmentation des loyers prévus,
  • la dégradation acceptée, voire programmée, de l’habitat populaire dont les foyers font partie

Nous demandons à Adoma, à la Préfecture de l’Hérault, à la Mairie de Montpellier d’agir au plus vite pour proposer un logement répondant aux besoins de Sébastien A. et d’engager une remise à plat du système d’hébergement aujourd’hui dysfonctionnel.

Nous avons regroupé l’ensemble des posts facebook de Sébastien A. dans un « journal de bord » afin de mettre des mots sur ce combat, SES MOTS.