Paris – Belleville

Paris – Belleville

APPUII accompagne depuis juin 2015, à sa demande, le Collectif Ramponeau [https://www.facebook.com/ramponeau ; http://collectiframponeau.wix.com/collectif-ramponeau%5D composé d’habitants, d’artisans et d’artistes du Bas-Belleville mobilisés contre la vente d’une parcelle de 1000 m2, située au 48, rue Ramponeau-37, rue Bisson, par la société d’économie mixte qui en est propriétaire à un promoteur privé qui souhaite y construire un complexe hôtelier de 250 lits. Ce projet s’accompagne de l’éviction, déjà engagée, d’une métallerie artisanale en activité sur le site qui comprend huit salariés ainsi qu’un atelier d’artiste.

Les habitants, artisans et artistes de la cour impactés directement ou indirectement par cette opération n’ont pas été informés par la société d’économie mixte ou par les pouvoirs publics, mais par le promoteur venu visiter les lieux et annoncer l’éviction prochaine de la métallerie et de l’atelier d’artiste. Le Collectif Ramponeau s’est constitué, d’abord comme collectif non formalisé puis en association loi 1901, autour de la préservation de la double mixité – fonctionnelle et sociale – du site menacé par le projet des promoteurs, et plus particulièrement autour d’un maintien d’activités artisanales et artistiques.

Dans le cadre de son accompagnement, APPUII :

– a contribué à démêler et clarifier le cadre institutionnel dans lequel se situe ce projet de vente : l’acquisition de la parcelle en 2005 par la mairie de Paris s’est faite via son droit de préemption dans le cadre de l’opération Vital’Quartier-1 confiée à la SEMAEST, une de ses sociétés d’économie mixte. L’opération Vital’Quartier a été engagée fin 2003 pour lutter, d’une part, contre la mono-activité commerciale dans cinq quartiers de Paris et, d’autre part, contre la désertification commerciale et artisanale dans deux autres quartiers, dont celui de Belleville. Devenue propriétaire de la parcelle dans le cadre d’une convention publique d’aménagement, la SEMAEST avait donc pour mission première de maintenir et d’accompagner les activités artisanales présentes sur le site. C’est au détriment de cette mission qu’elle entreprend de revendre la parcelle à un promoteur privé afin de rembourser à la ville de Paris l’avance que celle-ci lui avait consentie, l’opération Vital’Quartier-1 arrivant à son terme en décembre 2015.

– a accompagné les membres du Collectif dans la définition de leur stratégie vis-à-vis des pouvoirs publics et des promoteurs. Celle-ci a été définie autour de quatre points principaux : 1°) médiatisation ; 2°) recherche du soutien des groupes politiques de la majorité comme de l’opposition municipale ; 3°) demande d’ouverture d’une concertation ; 4°) élaboration d’un projet alternatif pour le devenir du site.

– a sollicité en son nom propre, avec l’accord du Collectif Ramponeau, une rencontre auprès de la mairie du 20ème arrondissement, en vue d’ouvrir une concertation, qui n’a pas reçu à ce jour de réponse.

– a rédigé une tribune publiée dans Médiapart afin de médiatiser la situation et d’inciter les groupes politiques du conseil de Paris du 1er juillet 2015 à déposer et à voter des vœux en faveur du maintien sur le site des activités artisanales et artistiques menacées. Cette tribune constitue en outre une bonne présentation de la situation : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/260615/qui-la-mairie-de-paris-vend-elle-belleville

– s’est impliquée dans la définition d’un pré-projet alternatif sur le devenir du site : un pôle d’activités artisanales et artistiques en synergie intégrant un FabLab et des outils numériques orientés vers les besoins des autres artisans du quartier ainsi qu’un espace polyvalent à destination des associations du quartier, des éducateurs de rue et plus largement des habitants intéressés. Dans l’hypothèse où la mairie de Paris ouvrirait une concertation, un des objectifs est de négocier que la maîtrise d’ouvrage de l’étude définissant plus précisément le projet soit confiée aux artisans, artistes et habitants du quartier.

– a accompagné le 2 septembre 2015 la rencontre à la mairie de Paris, décidée dans l’urgence, des membres du Collectif avec les différents groupes politiques de la majorité ainsi que le directeur et la présidente de la SEMAEST. Cette rencontre, présidée par le directeur de cabinet de la Maire de Paris, a permis aux représentants du Collectif, d’exposer leur point de vue sur la situation, de demander l’annulation de la vente en cours et l’ouverture d’une concertation autour d’un projet de « Pôle d’activités artisanales et artistiques ».

– APPUII, comme sur les autres terrains, assiste aux réunions du Collectif, l’aide si besoin à clarifier sa stratégie, recherche des informations, produit des analyses de documents, relit et/ou rédige des argumentaires. Enfin, APPUII est sollicité sur la production d’une évaluation plus globale sur la mission Vital’Quartier à Belleville.

Quelques repères :

– 1989 :  Naissance des Ateliers d’Artistes de Belleville au 48-50 rue Ramponeau, dans l’atelier même qui est directement menacé par le projet de complexe hôtelier. Les Ateliers d’Artistes de Belleville organisent chaque année au mois de mai des journées Portes ouvertes et se sont impliqués au cours des années 1990 dans la préservation du Bas-Belleville aux côté de La Bellevilleuse.

– 1989-2008 :  Naissance et mobilisation de l’association La Bellevilleuse. Forte de nombreux adhérents, celle-ci a engagé une lutte urbaine exemplaire contre un projet de rénovation urbaine lourde du Bas-Belleville avant d’assurer le suivi du projet négocié. Elle a notamment ouvert une permanence d’accès aux droits en direction de la population du quartier, a recherché des financements pour réaliser des études dont elle a assuré la maîtrise d’ouvrage, a obtenu l’abandon du projet de ZAC au profit d’un projet d’aménagement urbain et de réhabilitation respectueux des habitants, a négocié la réhabilitation d’immeubles et de logements préemptés en logements sociaux et le relogement sur place des habitants désireux de rester, y compris ceux ne disposant pas de titre d’occupation. Cf. : https://appuii.files.wordpress.com/2015/04/05_intervention-bellevilleuse.pdf

– 2003 : Lancement de l’opération Vital’Quartier-1. La Bellevilleuse s’investit jusqu’en 2007 dans le groupe de travail animé par la SEMAEST.

– 2005 : Acquisition par préemption de la parcelle du 48, rue Ramponeau-37, rue Bisson par la Ville de Paris dans le cadre de la convention Vital’Quartier et rétrocession de la parcelle, qui comprend une métallerie, une miroiterie et deux ateliers d’artistes à la SEMAEST.

– 2005-2015 : la SEMAEST réhabilite la toiture de l’un des ateliers, mais n’assure pas l’accompagnement des locataires, à la différence des commerçants qu’elle installe.

– 2011 : l’un des deux ateliers d’artiste parvient à être racheté par son occupante, l’opération Vital’Quartier encourageant le rachat des locaux par leurs occupants.

– 2012, la miroiterie dépose son bilan.

– 2015 : la SEMAEST signe une promesse de vente avec un promoteur privé, sans proposer au préalable aux occupants encore présents d’acquérir leur atelier. Le promoteur produit plusieurs documents de communication autour du projet de complexe hôtelier de 250 lits qu’il envisage pour le site.

 

 

 

 

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