Co-construction ou information ?

CE QUE LA LOI PRÉVOIT

  • Favoriser l’expression de la parole des habitants des quartiers prioritaires ainsi que la prise en compte de leur « expertise d’usage » dans le cadre de la politique de la ville ;
  • « L’allocation de moyens de fonctionnement dédiés » ;
  • La « programmation d’actions de formation nécessaires »  (Art 1 et 7 – Loi n° 2014-173 du 21 février 2014).

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CE QUE NOUS CONSTATONS (résultats enquête)

Pour que les habitants puissent discuter avec les professionnels de la rénovation urbaine de leurs quartiers, encore faut-il parler le même langage et être en mesure de proposer une expertise indépendante.

  • Manque d’autonomie dans la gestion des Conseils citoyens : seul un Conseil citoyen sur quatre est animé par l’un de ses membres ;
  • Difficulté à s’approprier des documents pensés uniquement par et pour des professionnels de l’urbanisme ;
  • Manque de formation des habitants sur les enjeux urbanistiques mais aussi difficulté à travailler en commun avec les professionnels qui disent souvent « ne pas savoir faire avec les habitants » ;
  • Manque de fonds dédiés à la formation et aux outils de travail pour les Conseils Citoyens : 1 Conseil citoyen sur 2 bénéficie de fonds de formation, les fonds dédiés au travail des Conseils Citoyens oscillent entre 3000 et 20000€ par an mais se situent plutôt dans la fourchette basse.

Un habitant :

« Les professionnels de la Ville nous disent « voilà c’est comme ça que ça se passe, ça fonctionne comme ça« . Faut quand même que l’on ait tous les éléments d’information. C’est toujours les mêmes qui parlent, parce que c’est techniquement très compliqué. J’estime que la Ville n’a pas encore donné les moyens pour que les gens qui ont du mal à s’exprimer puissent s’exprimer. Notamment, j’essaye de faire moi de mon côté puisque ce n’est pas fait, des notes très courtes pour que les gens comprennent. »

Un professionnel :

« On ne sera jamais sur une co-construction dans le cadre d’un Projet de Rénovation Urbaine. Les habitants ne co-construiront pas. L’objectif est qu’ils soient associés, dans leur diversité, à la définition concrète du programme, y compris sur des choix stratégiques sur des équipements. »

CE QUE NOUS PROPOSONS

Travailler ensemble n’est assurément pas une tâche facile, d’autant que la rénovation urbaine des quartiers populaires s’inscrit dans une histoire longue de défiance des institutions vis-à-vis des habitants et inversement. C’est pourquoi ce travail nécessite des efforts structurels en vue d’inclure réellement les habitants dans la construction des projets de rénovation de leurs quartiers.

  • Diffuser tous les documents et informations nécessaires aux débats au minimum 15 jours avant les réunions de travail et les rendre accessibles et compréhensibles ;
  • Engager des formations communes aux habitants ET aux professionnels et élus en vue de créer des espaces de dialogue et connaissance mutuelle et de construction d’une expertise commune ;
  • Dédier 5% du budget du projet de rénovation urbaine aux habitants des quartiers concernés* en vue de faire appel à de l’expertise autonome, permettre des visites d’opération, organiser des formations etc.

* Comme cela a déjà été proposé par la Coordination nationale Pas sans Nous dans sa campagne pour la mise en place d’un fonds pour une démocratie d’initiative citoyenne.


Voir les autres points :
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