Archives de l’auteur : associationappuii

Les Groux à Fresnes : Communiqué de Renaissance des Groux & Appuii

Juin aura été un mois chargé en actualités aux Groux à Fresnes. Après plus d’un an d’absence, le bailleur est enfin réapparu et le dialogue s’est à nouveau engagé. Que ce soit sur les conditions de relogement ou sur la participation au projet urbain, Renaissance des Groux et Appuii persistent : Le futur du quartier se fera avec ses habitant.e.s !

Groux photo Fiona Forte

Photo : Fiona Forte

 » Cher.e.s locataires,

Lors de la réunion publique du 14 Juin 2018, nous espérions obtenir des éléments concrets quant à notre participation au futur du quartier. Or aucun plan de concertation digne de ce nom n’a été présenté lors de cette réunion. Nous refusons les formats systématiques de « réunion publique » dans lesquels nous sommes simplement tenus informés.

Nous souhaitons pouvoir prendre part aux décisions quant au futur de notre quartier ! S’il doit y avoir démolition, les nouvelles constructions doivent avant tout profiter aux locataires actuels des Groux qui veulent rester sur le quartier. Nous refusons de voir le quartier être vidé par le bailleur sans garanties sur l’avenir.

En Mars 2017, deux ateliers urbains ont eu lieu, peu de locataires avaient pu alors y participer. Nous avons enfin pu avoir un retour de ces ateliers, celui-ci nous parait très léger. Nous demandons à ce que d’autres ateliers urbains aient lieu et que notre voix soit prise en compte.

Un élément positif de cette réunion est la constitution d’un comité tripartite avec la Mairie, le bailleur Valophis et l’association Renaissance des Groux pour des négociations sur le projet et le relogement. Nous remercions madame la Maire pour son intervention dans ce sens.

Aussi depuis un an, nous demandions des documents précis au bailleur, mais nos courriers sont restés sans réponse. Nous avons donc saisi la Commission d’accès aux documents administratifs qui nous a largement donné raison. Le bailleur Valophis nous a ainsi communiqué des documents précis.

En ce qui concerne le relogement, les travaux concernant la charte de relogement avancent. D’ores et déjà, la solution d’un déménagement unique sera privilégiée pour les locataires du 83 Avenue de la Paix : livraison des premières constructions neuves côté Albert Thomas avant démolition.

Cependant dans un désir d’égalité de traitement entre les locataires, nous aurions souhaité que les logements libérés du 83 Avenue de la Paix puissent servir pour un relogement sur site des locataires du 1 rue Albert Thomas qui le souhaitent. Malheureusement cette proposition n’est pas acceptée pour l’instant car Valophis ne souhaite pas engager de frais pour la remise aux normes des logements actuels et présente également une opposition de principe. Avant d’enterrer cette proposition, ne serait-il pas judicieux d’étudier cette solution compte tenu de la saturation des logements sociaux sur Fresnes ?

Enfin, un point majeur reste en suspens, il s’agit des contingents sur site (quantité de logements prévus pour les relogements aux Groux). Valophis nous a fait l’annonce qu’il n’avait pas la main sur la désignation de tous les futurs logements sociaux construits mais sur un maximum de 90 logements.

Comment assurer un relogement sur site pour tous les locataires qui souhaitent rester sur le quartier si le nombre de logements prévus pour ces locataires est insuffisant ?

La charte de relogement est un document important qui engage l’ensemble des locataires et Valophis. Elle ne sera pas signée sans l’aval des locataires, et nous organiserons dans ce sens une assemblée des locataires en septembre 2018 pour vous consulter, on avance ensemble !

Renaissance des Groux & APPUII « 

 

Pour en savoir plus, lire l’article « Fresnes – Face au projet de démolition de leur cité, les habitants des Groux mobilisés » écrit par Fiona Forte et paru dans Noise le bruit de la ville en juin 2018.

Publicités

Les Groux, Fresnes : la CADA permet aux locataires d’accéder à l’information

Aux Groux, à Fresnes, depuis la manifestation du 3 Mai, le dialogue a repris entre le bailleur et l’association Renaissance des Groux. Mais une bonne nouvelle ne vient jamais toute seule. En effet, grâce à la saisine de la CADA (Commission d’Accès aux Documents Administratifs) par Appuii et Renaissance des Groux, le bailleur vient de nous envoyer des pièces administratives qu’il refusait jusqu’alors de transmettre.

Fresnes 3

Depuis le printemps 2017, le contact entre Appuii, Renaissance des Groux et le bailleur Valophis avait été rompu. Sans réponse à un courrier envoyé en juin 2017 demandant un certain nombre de pièces administratives relatives au projet urbain des Groux, nous (Renaissance des Groux et Appuii) avions saisi la CADA en septembre 2017 afin d’obtenir ces documents.

La procédure fût longue, mais après s’être réunie le 14 décembre 2017, la CADA nous a envoyé son avis le 31 Mai 2018. Sur les 6 documents demandés, « 3 revêtent le caractère de documents administratifs communicables à toute personne qui en fait la demande » et nous sont donc accessibles, à savoir :

  • le dossier de consultation complet relatif à l’appel à candidatures en vue de l’acquisition d’un terrain et d’un bail emphytéotique à Fresnes (83, avenue de la Paix)
  • le dossier de candidature complet de Valophis Habitat en réponse à cet appel à candidatures
  • toutes pièces relatives au projet de requalification du quartier

Le 18 Juin 2018, nous avons donc reçu ces différents documents après plus d’un an de procédure juridique. C’est une petite victoire qui doit conduire à d’autres, le bailleur ne peut plus ignorer les locataires, l’association Renaissance des Groux et APPUII !

Pour plus d’informations sur la communication des documents administratifs, une fiche pratique, rédigée par une avocate membre d’Appuii, est disponible ICI.

Mercredi 27 juin à 19h, Paris 18ème : « Comment s’organiser dans un quartier populaire ? »

L’Alliance Citoyenne, l’association APPUII et la Table de quartier du Pile, à Roubaix, organisent une projection-débat, le mercredi 27 juin à 19h, sur le thème : « comment s’organiser dans un quartier populaire ? ». Cette soirée aura lieu au « Bar commun » (135, rue des Poissonniers, 75018 Paris, métro Simplon > PLAN). 

La soirée sera composée en première partie de la projection du film « Pile, permis de démolir« , qui retrace la lutte d’habitant.es du quartier du Pile, à Roubaix, pour leur devenir et celui de leur quartier face à un projet de rénovation urbaine porté par la municipalité. La projection sera suivie d’une discussion avec l’un des deux réalisateurs du film et avec un habitant du Pile, à Roubaix, qui a participé à la mobilisation.

Dans un deuxième temps, des membres de l’Alliance Citoyenne et de l’association APPUII feront le lien avec les luttes franciliennes à Saint-Denis, Gennevilliers, Fresnes et Aubervilliers, et évoqueront la façon dont les habitant.es s’organisent entre eux et avec les associations, dans ces quartiers, pour faire entendre leurs voix.

Photos film-page-001

Résumé du film :

Depuis plusieurs décennies à Roubaix, le quartier du Pile se vide progressivement de ses habitants. En attestent ses dizaines de maisons ouvrières murées par les pouvoirs publics dans l’attente du lancement d’un projet de rénovation du quartier. Celui-ci est finalement lancé en 2013 avec pour objectif de « dédensifier » un quartier peu adapté aux constructions modernes et aux objectifs de « mixité sociale » fixés par la mairie. Pensant pouvoir être associé à la rénovation de leur quartier, de nombreux habitants se rendent comptent du peu de place qui leur est accordée et décident alors de s’organiser avec le soutien d’associations locales.

Ce documentaire revient sur une lutte de plus de deux ans entre un collectif d’habitants et les décideurs d’un projet de rénovation urbaine d’un quartier populaire comme il en existe bien d’autres en France. De la formation d’une mobilisation collective aux difficultés face au manque de moyens d’action en passant par un sentiment de mépris régulièrement dénoncé, ce documentaire permet également de retracer les étapes d’une lutte rappelant que les quartiers populaires sont loin d’être des déserts politiques.

Contact : Lucas Roxo, lucasroxo@riseup.net

Le 22 juin à la MSH Paris nord : Économies informelles en ville et reconfigurations de l’action publique

Le Lavue et le Prodig vous invitent à la journée de restitution publique et d’échanges « Économies informelles en ville et reconfigurations de l’action publique » le vendredi 22 juin de 09h15 à 17h00 à la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord (20 avenue George Sand, Plaine Saint-Denis, Métro Front Populaire) en salle 414.

Photo abou_22juin

Photos : A. Ndiaye, 2016 / A.Deboulet, 2017

Cet atelier vise à interroger les reconfigurations de l’action publique dans les quartiers populaires, induites par des formes d’informalisation et de dérégulation de l’économie, en considérant ensemble activités informelles précaires et activités issues de l’économie dite collaborative (Uber, AirBNB), dans plusieurs communes en banlieue parisienne (Saint-Denis, Aubervilliers, Stains) et au-delà (Roubaix, Détroit…). L’atelier constitue une étape dans la préfiguration d’un projet de recherches comparatiste et international.

Programme complet et inscription sur le site du LISRA : http://recherche-action.fr/labo-social/2018/06/13/economies-informelles-en-ville-et-reconfigurations-de-laction-publique/

L’AG d’Appuii, c’est ce jeudi !

L’Assemblée générale annuelle de l’association APPUII aura lieu ce jeudi 14 juin en fin d’après-midi.

Pour devenir membre et soutenir l’association, il est encore temps d’adhérer pour l’année 2018 (montant minimum de 10€ / 5 € pour les étudiants, demandeurs d’emploi et bénéficiaires des minima sociaux) :

  • ICI pour adhérer à titre individuel,
  • LA pour une adhésion collective.

Et si vous souhaitez participer l’AG, merci d’écrire rapidement à associationappuii@gmail.com

Ce sera l’occasion de :

  • Se rencontrer,
  • Faire un bilan de l’année précédente > voir le Bilan d’activité 2017 qui sera voté,
  • Faire un point sur les actions et les projets en cours,
  • Échanger sur l’actualité (mobilisations, loi Élan, Grand Paris…),
  • Faire part de ses envies, s’engager
  • Voter pour le renouvellement du conseil d’administration et du bureau

Bienvenu-e-s !!!

 

Image bilan d'activités

 

 

La Bottière à Nantes : un projet de cœur de quartier avec et pour les habitant-es

Le conseil citoyen Bottière Pin sec – indépendant de l’État et de la ville et créé il y a 6 mois sous l’impulsion du mouvement citoyen Grand Place – a organisé une rencontre-débat jeudi 24 mai sur le futur cœur de quartier. 

Photos Nantes-page-001

Il s’agissait de présenter un projet de nouveau cœur de quartier élaboré depuis deux ans par des habitant-es, des collectifs et des associations. Ce mouvement citoyen voyait l’occasion d’exprimer et de partager des visions quant au rôle des habitant-es dans le processus de fabrication d’un quartier.

C’est ainsi que quasiment 90 personnes ont participé à cette rencontre : des habitant-es du quartier, des élu-es, des acteurs locaux.

Les membres du conseil citoyen et les acteurs locaux ont pu exprimer leur vision d’un futur cœur de quartier : un espace vivant de rencontres et d’activités, abritant en intérieur un accueil café et restauration, une salle de cinéma polyvalente, des activités répondant aux besoins et aux aspirations des habitant-es du quartier, et prolongé en extérieur sous la forme d’une véritable place.

Les partenaires de ce projet comme le café associatif A l’abordage, le cinéma Le Concorde, les associations locales (Apeul, 60B, Semeurs de convivialité, Alis 44, Vivre et Vieillir ensemble, La Sagesse de l’Image, les Rencontres Enchantées, l’Association Culturelle et Sportive de la Bottière) sont venus expliciter la proposition. L’assistance a pu réagir à cette première présentation : il a été rappelé la nécessité de construire un projet de cœur de quartier avec et pour les habitantes. L’insuffisance d’espaces dédiés aux habitant-es et répondant à leurs besoins a été également pointée (épicerie sociale et solidaire, espaces verts sans circulation automobile).

Ce sont 30 années de politiques urbaines et sociales dans les quartiers qui ont été dénoncées mais l’envie de construire un projet par ceux et celles qui y vivent a été rappelé à l’envi. C’est pourquoi le conseil citoyen demande aux pouvoirs publics de laisser la possibilité sur le plan foncier (principe d’une réserve foncière) aux habitant-es de construire leur projet de cœur de quartier. En effet le 20 juin prochain un projet qui ne laisse aucune place aux aspirations des habitant-es fera l’objet d’une signature entre l’État (ANRU) et la ville.

A l’issue de cette soirée, les membres du conseil citoyen ont été conviés par Myriam Nael, adjointe à la politique de la ville, à une rencontre la semaine suivante avec le sous-préfet. Seulement il n’a pas été question de discuter de la proposition faite par le collectif mais plutôt de leur demander de rendre des comptes sur le fonctionnement d’une instance autonome et indépendante. En effet, en 2014 la loi Lamy avait instauré les conseils citoyens qui devaient devenir les « co-constructeurs » de la politique de rénovation urbaine et inscrire le principe de concertation dans l’ADN de l’ANRU. Or, force est de constater que l’on utilise les mêmes recettes pour dissuader les habitant-es de prendre part aux politiques qui les concernent :

  • calendrier accéléré,
  • absence de débat sur les intentions du projet,
  • accès lacunaire et trop tardif à l’information,
  • absence de travail entre les différents services (culture, ESS, vie associative…)
  • procès en légitimité,
  • aucun moyen de temps ou financier pour élaborer une expertise indépendante et infléchir les décisions.

A la Bottière, le conseil citoyen et les associations du quartier se donnent le temps et les moyens de construire un projet qui corresponde aux besoins et envies des habitant-es. Il serait peut être judicieux de les écouter ! Afin de poursuivre la réflexion et l’action, le conseil citoyen de la Bottière/ Pin- Sec vous invite à le rejoindre tous les 3ème vendredis de chaque mois à 19h à la Maison de quartier La Bottière (147, route de Sainte-Luce 44 300 Nantes).

Contact à l’adresse mail suivante : conseil-citoyen@framalistes.org

Ateliers au Franc-Moisin : le film à voir !

Le film-résumé des deux après-midis d’atelier et de débat organisés en mars par le conseil citoyen Franc-Moisin Bel-Air Stade de France est disponible. La preuve en image qu’il est possible de mobiliser les habitants d’un quartier pour peu que l’on crée un climat de confiance. A voir ici et à partager sans modération !

Entendu dans le film :

« Moi, je me pose la question : les hypothèses [du cabinet Tricot], elles ont été pondues avec les habitants ou sans les habitants au final ? » (une membre du conseil citoyen)

« Rajouter des grandes rues, je suis désolé, ça ne résoudra pas le problème du désenclavement, parce que c’est de l’insécurité [routière] complète. » (une habitante du Franc-Moisin)

« Vous pensez que la population du quartier Franc-Moisin a vraiment un pouvoir sur les décisions à venir ? (une habitante) – Le conseil citoyen doit veiller à ce que les habitants ne soient pas seulement informés mais qu’ils participent vraiment à la construction du projet » (un membre du conseil citoyen)

« Les gens avaient vraiment envie de s’informer, d’échanger, d’expliquer aussi leurs préoccupations ! » (une membre du conseil citoyen)

« Le conseil citoyen, il est beaucoup plus proche des habitants du quartier, la preuve, on a réussi à travailler ensemble !  » (une habitante)

Pour que le « nouveau » terme de co-construction ne soit finalement pas vide de tout sens, un rééquilibrage entre les différents acteurs apparaît nécessaire : il faut bien que les habitants – premiers concernés – portent des avis, prennent du pouvoir, aient du poids dans la définition des projets qui ne peuvent plus se faire sans eux. Pour plus d’informations sur la démarche et les efforts menés par le conseil citoyen en ce sens, cliquez ICI.

Un grand merci à Gennie et Joyce, réalisateurs bénévoles de ce film, et à tous les participants !