8 mois après, retour à Grenoble !

A la suite d’un Atelier citoyen intensif co-organisé par APPUII et le Conseil citoyen d’Essarts-Surieux à la Villeneuve d’Echirolles en mai 2017, Cécile Leonardi et Florian Golay, tous deux enseignants à l’Ecole Nationale d’Architecture de Grenoble (ENSAG) et participants actifs à l’Atelier citoyen, ont décidé de prendre le relais localement. Concrètement, une vingtaine de leurs étudiants ont planché pendant un semestre sur deux sites phares du quartier Essarts-Surieux qui avaient concentrés nos réflexions avec les habitants (ainsi que sur un troisième quartier : Renaudie, à Saint-Martin d’Hères).

Sollicités pour le jury de ces travaux de fin de semestre, trois membres d’APPUII ont saisi cette opportunité pour retourner à Grenoble et voir où en étaient le projet de rénovation urbaine et le travail du Conseil citoyen d’Echirolles 8 mois après. Durant deux jours, Khedidja Mamou, Daniel Rousseaux et Rainier Hoddé ont donc écouté et discuté les travaux des étudiants, rencontré le Conseil citoyen d’Essarts-Surieux mais également d’autres collectifs d’habitants concernés par la rénovation urbaine.

Une expérience de pédagogie coopérative

L’Atelier citoyen de mai 2017 avait consisté en un travail intensif de trois jours sur le terrain avec les habitants. L’exercice des étudiants, lui, s’est étendu sur 5 mois, alternant enquêtes de terrain, rencontres avec les habitants et phases de conception et de dessin architecturaux. Il s’est attaché à regarder les potentiels de transformation et d’évolution du patrimoine sur dalle dans les Villeneuves.

Le vendredi, les étudiants ont donc restitué leurs travaux en présence de leurs encadrants élargis à certains de leurs collègues grenoblois, des trois membres d’APPUII ainsi que d’Eric Ruiz, chef du projet de renouvellement urbain à Grenoble-Alpes Métropole. Nous avons essayé de comprendre les liens entre les intuitions, programmes et projets des étudiants et l’Atelier citoyen de mai 2017, qui avait permis de construire un diagnostic partagé avec les habitants. De même, nous avons questionné, dans la perspective d’APPUII, les projets des étudiants au regard des usages, élargissant les échanges à des expériences en dehors de Grenoble et soulevant des enjeux qui touchent la plupart des quartiers en rénovation urbaine.

Le samedi après-midi, dans le local du Baz’Arts, situé à Saint-Martin d’Hères dans le quartier Renaudie, quelques-uns des étudiants ont présenté leurs projets à une douzaine d’habitants par ailleurs membres des Conseils citoyens des quartiers concernés (Renaudie à Saint-Martin d’Hères, les places Convention et Beaumarchais à Echirolles). Si le vendredi, l’objectif était clairement universitaire, le choix d’une restitution informelle avait été arrêté pour le samedi, il s’agissait ici de laisser le temps à l’échange entre étudiants et habitants. Ces derniers ont ainsi souligné leur rôle d’experts jamais écoutés et pointé le fait que les décisions dans les projets globaux se faisaient en permanence sans eux.

Dans ce rendu informel, nous avons entendu beaucoup d’expressions, tantôt affirmées à voix haute, tantôt déclarées en aparté. Ainsi, appréciant l’ouverture des propositions, les habitants ont salué « le regard décalé, on devrait peut-être dire alternatif », soulevant par-là la nécessité de penser autrement l’aménagement urbain. Pour autant, faisant remarquer qu’il ne suffit pas de dessiner pour s’assurer des usages, une habitante a par exemple déclaré : « [Dans le marché que tu proposes] ça fourmille, ça fourmille, mais elles sont où les fourmis ?! Personne ne vient de toute façon… ». De même, déplorant le manque d’écoute des architectes qui se sont succédés dans le quartier, un habitant rappellera : « les architectes et les urbanistes, ils n’entendent pas vraiment l’expertise que nous avons ». A certaines de ces remarques, APPUII a souligné la nécessité de manière générale de formuler des doléances et surtout de savoir les porter, de les faire entrer dans la discussion, et dans le projet.

Hormis les échanges sur les travaux des étudiants, cette journée aura permis une mise en lien entre les collectifs rencontrés lors de ces deux jours : le Collectif contre les démolitions imposées à la Villeneuve de Grenoble, le DAL 38 et les Conseils citoyens de Renaudie et d’Essarts-Surieux.

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Résistance, interpellation locale et nationale

Le Collectif contre les démolitions imposées à la Villeneuve

Le samedi matin, à leur demande, APPUII a rencontré quelques membres d’un collectif mobilisé contre les démolitions à la Villeneuve de Grenoble. Cette rencontre a permis d’échanger sur la situation locale, et principalement sur les démolitions actées par la Mairie sur le quartier de l’Arlequin. Plus spécifiquement, il s’agissait par ces échanges de repérer la/les convergence/s possible/s – et bien réelles – entre une demande de soutien à APPUII pour une interpellation locale et des actions nationales déjà engagées par l’association (principalement la campagne d’interpellation lancée en 2017 dont les principaux résultats sont à lire ou à relire ICI). A titre d’exemple, vous pouvez lire le courrier adressé par le Collectif au président de l’ANRU en cliquant ICI.

Les Conseils citoyens

Le projet de renouvellement urbain des Villeneuves de Grenoble et d’Echirolles a été déposé par les collectivités locales à l’ANRU en décembre 2017. Cette dernière a ainsi acté la plupart des orientations du projet urbain sur le quartier d’Echirolles mais a demandé quelques changements dans celles concernant Grenoble.

Ne se sentant pas écoutés malgré une force de propositions et un travail sérieux de mise en débat, certains membres des Conseils citoyens grenoblois ont refusé de siéger au dernier comité de pilotage NPNRU pour faire entendre leur mécontentement et leur incompréhension, mais également pour inciter les institutions à réellement prendre en compte les habitants. La déclaration portée par un membre de la Table de quartier Villeneuve Village Olympique (autre nom des Conseils citoyens) est à voir en ligne en cliquant ICI.

APPUII continue donc à suivre ce qu’il se passe localement à Grenoble, au contact de l’ENSAG, aux côtés des Conseils citoyens et des collectifs mobilisés… tout en tachant de faire le lien avec ce qu’il se passe ailleurs, un peu partout dans les quartiers en renouvellement urbain.

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