« L’appel de Roubaix » : «Nous ne demandons rien de particulier si ce n’est l’Égalité…»

APPUII se fait le relai de l’appel en direction des pouvoirs publics de 150 habitants des quartiers populaires de toute la France. Réalisé à l’issue de l’Université des quartiers populaires organisée par la Coordination nationale Pas sans Nous, les 28, 29 et 30 juin à Roubaix, il porte un mot d’ordre : « l’Égalité »

« Des luttes ouvrières au Mouvement des travailleurs immigrés, de la Marche pour l’égalité et contre le racisme aux révoltes sociales de 2005 et à tant d’autres luttes qui ont marqué l’histoire des quartiers, nous avons été invisibilisés dans le récit national. Nos pères et nos mères n’ont pas « baissé la tête », ils et elles se sont mobilisé et ont obtenu des victoires, au prix de leur sueur, parfois de leurs vies, pour être reconnus comme des citoyens à part entière. Nous sommes leurs héritiers.

Le pouvoir est toujours aussi sourd aux revendications des classes populaires. La révolte des Gilets jaunes n’a rencontré que répression et incompréhension. La violence policière est banalisée et légitimée au plus haut niveau de l’État par les gouvernements qui se sont succédé. Une réalité que connaissent trop bien les habitants des quartiers populaires, qui ont subi avant d’autres répression, violences et discriminations.

C’est pour que les valeurs de Liberté, Égalité, Fraternité deviennent une réalité que nous nous mobilisons et continuons le combat. Les quartiers populaires ne sont pas des déserts politiques ! Ils sont créatifs, pluriels, solidaires, généreux, et méritent leur pleine reconnaissance par la société française.

Mais nous savons que l’égalité ne se donne pas : elle se conquiert.

La démocratie participative institutionnelle n’a rien changé, comme le démontrait déjà le rapport Bacqué/Mechmache en 2013. Les dispositifs participatifs se sont accumulés prétendant donner une place aux habitants quand ils ne servaient que de paravent à un pouvoir de moins en moins démocratique. Nous avons pourtant joué le jeu de la concertation, participé sans relâche aux conseils citoyens et autres espaces de concertation. Trop souvent en vain, pour rien.

Nous avons expérimenté d’autres formes de participation, autonomes, auto-organisées, comme les Tables de quartier, qui ont démontré la capacité des habitants à guider les choix qui structurent leur vie. Elles tracent un chemin de ce que pourrait être un autre fonctionnement démocratique.

Nous, habitants des quartiers, réunis à Roubaix lors de l’Université des quartiers populaires de la Coordination nationale Pas sans Nous, exigeons :

  • Que la lutte contre les discriminations raciales et territoriales, et pour l’égalité femmes-hommes soit une priorité nationale. Agissons nous-mêmes dans nos quartiers, depuis la désobéissance civile à l’interpellation des élus. De réelles politiques publiques doivent être mises en œuvre : que la police soit dans l’obligation de prendre les dépôts de plainte, que soit créés des postes d’inspecteur du travail de prévention des discriminations et du harcèlement, que les sanctions soient réellement appliquées, contre les discriminations et les inégalités femmes-hommes.
  • Que le traitement d’exception fait aux habitants des quartiers cesse. Nous serons plus forts pour porter nos exigences en unissant nos forces, partout où c’est possible, avec la Ligue des droits de l’Homme, le Syndicat des avocats de France, les comités Justice et vérité… Nous réclamons l’interdiction des contrôles d’identité abusifs et inutiles – c’est démontré – partout sur le territoire national. Nous exigeons l’interdiction des LBD, des armes de guerre qui sont toujours expérimentées d’abord dans les quartiers populaires. La liste des morts dans les quartiers doit cesser et nous exigeons que la justice soit enfin rendue !
  • Que soient donnés de réels moyens pour permettre l’auto-organisation des habitants, avec la création du Fonds d’interpellation citoyenne, qui permette de sortir des pratiques clientélistes qui gangrènent la démocratie et entravent l’action des associations. Au-delà des financements, c’est donner aux citoyens, en particulier aux habitants des quartiers populaires, la possibilité de faire entendre leur expertise, leur parole critique et leurs propositions pour agir dans l’intérêt commun.
  • Que le développement économique et l’emploi bénéficient aux habitants des quartiers populaires. Ils sont eux-mêmes porteurs d’initiatives. Créons les conditions de leur réussite. Il existe déjà des dispositifs mais ils ne sont pas suffisamment orientés vers les quartiers : dispositifs de soutien à la création d’activités, à l’économie sociale et solidaire, régies de quartier, prêts à taux zéro, coopératives d’échange de savoirs, système d’échanges locaux…
  • Que la ville, les politiques de logement et de rénovation urbaine se fassent avec les premiers concernés : les habitants. Le logement, c’est un droit, c’est un bien commun que nous devons défendre contre la privatisation et la spéculation. Notamment par l’encadrement des loyers comme à Rennes ou à Paris. Pour une participation effective des habitants dans les conseils d’administration, nous exigeons la simplification des démarches pour y siéger. Pour tout projet ANRU ou urbanistique d’envergure, nous proposons l’organisation d’un référendum local.
  • Que la transition écologique soit expérimentée avec ambition dans les quartiers populaires. Nous, habitants des quartiers populaires, avons la responsabilité de proposer une alternative et une réponse radicale à la crise écologique : pour une alimentation, des logements et des transports durables. Les quartiers populaires seront les premières victimes de cette crise. La politique des petits pas ne suffit plus. Nous devons apporter une réponse aux enjeux du quotidien tout en ayant une vision globale de l’effondrement de notre système de société.
  • Au fond, nous ne demandons rien de particulier si ce n’est l’Égalité : à l’école, pour l’emploi, dans les médias, dans les transports, pour notre santé, dans la culture…

Face à l’ampleur de la précarité, des discriminations et de la répression qui touchent les quartiers populaires, que l’État prenne ses responsabilités !

Nous, nous avons pris et prenons les nôtres. Nous nous sommes auto-organisées. Mais il est aujourd’hui urgent de nous rassembler ! Sur des enjeux précis et des campagnes concrètes, faisons front commun : associations et collectifs d’habitants, syndicats et zones à défendre, Gilets Jaunes, précaires et sans-droits… Notre force c’est le nombre. Soyons à la hauteur des enjeux !

Ce qui se fait sans nous, se fait contre nous ! Ne laissons plus la place, prenons-la ! »

Cet extrait est issu du blog de Pas Sans Nous hébergé par Médiapart.

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Référendum : Les habitant.e.s du Franc Moisin demandent de renouveler l’expérience

En mars 2019 a eu lieu un référendum citoyen co-organisé par les habitant.e.s du Franc-Moisin, le conseil citoyen Franc-Moisin Bel-Air Stade de France et l’association APPUII. La Ville de St-Denis et Plaine Commune ont participé activement à la démarche et ont respecté le résultat – non à la démolition de 30 logements dans le bâtiment 13. Aujourd’hui, la majorité des démolitions reste d’actualité dans le projet déposé à l’ANRU et les enquêtes sociales des bailleurs arrivent à leur terme. Les habitant.e.s des autres immeubles s’interrogent et se mobilisent, tout particulièrement au B7. 

A St-Denis, depuis plus d’un an, l’association APPUII soutient le conseil citoyen Franc-Moisin Bel-Air Stade de France (FM-BA-SDF) et les habitant.e.s concerné.e.s par le projet de rénovation urbaine du quartier.

Ce projet urbain prévoit la démolition d’environ 500 logements sur les 3800 de la cité du Franc-Moisin afin de créer des rues qui permettraient, selon le maître d’ouvrage, de désenclaver cette partie de St-Denis. Il s’agit également de diversifier les types d’habitat dans ce quartier entièrement composé de logement social. Les locataire.e.s concerné.e.s par la démolition de leur logement seraient relogé.e.s, mais, dans la mesure où St-Denis, comme Aubervilliers ou La Courneuve, est saturée en logement social, la question qui se pose est : où ? La réponse est souvent : plus loin de Paris.  >> image

Tout projet de rénovation urbaine, pour être validé par l’ANRU, doit avoir fait l’objet d’une concertation par la Ville ou l’intercommunalité, ce que St-Denis s’est efforcée de faire. Pourtant, les habitant.e.s concerné.e.s estiment ne pas avoir été correctement consulté.e.s, et encore moins entendu.e.s : pour preuve, ceux dont le logement est concerné par une démolition ne semble pas vouloir partir, et les autres ne veulent pas de routes supplémentaires !

Dans son rôle d’intermédiaire entre habitants et institutions, et afin d’enrichir une concertation laborieuse, le conseil citoyen FM-BA-SDF a décidé :

  • d’une part de se faire le porte-voix des revendications des habitants
  • d’autre part de négocier avec la Ville des modifications du projet urbain en lien avec ces propositions des premier.e.s concerné.e.s.

Après plusieurs actions telles que des réunions d’échanges, des ateliers participatifs publics, la production d’outils visuels et appropriables par tous pour rendre public les avis sur le projet, le conseil citoyen, les habitants et APPUII ont obtenu de la Mairie la tenue d’un référendum citoyen sur les démolitions prévues au B13.

Les locataires, le conseil citoyen et APPUII ont donc co-organisé en mars 2019, avec l’aide de la Ville et de Plaine Commune, une réunion publique présentant les différentes options d’aménagement envisagées dans le projet. L’une d’entre elle prévoyait la démolition de 30 logements pour la création d’une rue. A l’issue de la réunion, les locataires présent.e.s ont voté à plus de 2/3 contre, et la Ville a respecté ce choix en renonçant à démolir ces logements et en l’inscrivant dans le projet déposé à l’ANRU.

Cependant, aujourd’hui, la majorité des démolitions reste d’actualité dans le projet déposé par la Ville à l’ANRU et les enquêtes sociales des bailleurs arrivent à leur terme. Les habitant.e.s des autres immeubles s’interrogent et se mobilisent. Le conseil citoyen et les habitant.e.s ont donc mené une enquête complémentaire et rassemblé plus de 70 questionnaires sur les bâtiments B7, B1 et B2. Les informations recueillies contredisent, en partie, les résultats de la concertation que la ville a menée : les participant.e.s à l’enquête signalent que les problèmes socio-économiques et de gestion urbaine sont déterminants pour améliorer la vie du quartier[1], contrairement à celui d’un enclavement supposé. Elles.ils expriment également leur défiance vis-à-vis du projet de rénovation dont le seul objectif serait selon elles.eux de répondre à un cadre socio-urbain imposé par les Jeux Olympiques 2024.[2]

D’autre part, depuis quelques semaines les locataires du bâtiment 7 se donnent les moyens d’exprimer leur désaccord avec la démolition de leurs logements. Une pétition est signée par une grande majorité des locataires concerné.e.s (70%)  afin de s’opposer à la démolition et demander la mise en place d’un vote citoyen.

La concertation officielle et les enquêtes sociales ne permettent donc pas la prise en compte réelle des avis des habitant.e.s. Par conséquent, les 10 signataires de la campagne d’interpellation d’APPUII « Justice dans les projets de rénovation urbaine » se sont associés au conseil citoyen FM-BA-SDF et aux habitant.e.s des B7, B1 et B2 ont interpellée la Ville de St-Denis, Plaine Commune et Plaine Commune Habitat à travers une lettre publique. Ces instances sont appelées à :

  • collaborer avec le Conseil citoyen, soutenu éventuellement par APPUII, afin d’organiser un nouveau référendum au bâtiment 7 avant que l’ANRU ne valide le projet, 
  • prendre en compte les résultats de l’enquête complémentaire menée par les habitant.e.s et le conseil citoyen, afin de répondre au mieux aux demandes et souhaits des personnes dont le logement sera démoli ou réhabilité.

 

En effet, nous savons désormais que la ville de Saint Denis et Plaine Commune sont réellement en mesure de porter la voix de leurs administré.e.s auprès de l’ANRU.

 

 

 

 

 

[1] 48% des personnes interrogés estiment que le plus grand problème dans le quartier réside dans l’insécurité et les rapports tendus entre les jeunes et la police

[2] 52% d’entre eux pensent que la raison du projet de rénovation urbaine est de répondre aux objectifs imposés par les JO 2024, 24 % pensent que c’est la sécurité.

Rendez-vous le 6 Juillet aux Groux !

Après une année scolaire bien remplie, des ateliers de l’automne dernier jusqu’à un mois de Juin bien chargé, Renaissance des Groux et Appuii ont le plaisir de vous inviter à la fête de quartier des Groux qui aura lieu le 6 Juillet à Fresnes. Cinéma, Boxe, Barbecue, Musique, de nombreuses activités sont au programme pour fêter l’été aux Groux ! Venez nombreux.ses !

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A partir de 16h et jusque dans la soirée, de nombreuses animations seront mises en place aux Groux. Cette année, les petits plats sont mis dans les grands puisqu’en plus du traditionnel barbecue, et en collaboration avec l’école d’architecture de la Villette, un cinéma éphémère verra le jour, avec à la clef la projection de courts-métrages réalisés aux Groux. Un ring de boxe et une scène ouverte seront également installés pour ceux et celles qui le souhaitent.


 

Des nouvelles des Groux

Depuis la fin de l’enquête publique en Avril, les actualités se sont enchaînées aux Groux, sans que nous ayons le temps de relayer toutes les informations, alors c’est parti pour une séance de rattrapage !

Tout d’abord, fin Avril, une équipe mixte d’Appuii et de Renaissance des Groux s’est rendue dans la banlieue de Lisbonne dans le cadre d’une action de soutien à un quartier et à une communauté elle aussi victime d’un projet de démolition totale. Le résumé de cette semaine très forte est disponible ICI.

Pour en revenir aux Groux, à la suite d’une concertation qui ne s’est pas bien passée (réunion publique houleuse, difficultés d’accès au registre de concertation sans l’action de Renaissance des Groux), l’aménageur Valophis nous a envoyé le bilan de concertation. Ce document était sensé répondre à toutes les questions, sujets soulevés par les participant.es à l’enquête publique.

Malheureusement, face aux 51 avis exprimés, seulement 3 pages de réponses ont été fournies. Renaissance des Groux et Appuii ont donc épluché l’ensemble des avis pour analyser dans le détail les manquements du bilan de concertation. Et en effet, plusieurs points étaient « passés à la trappe ». Quid d’un bilan environnemental et écologique d’une démolition-reconstruction ? Quid des impacts sur la santé des locataires et des riverains ? Quid de la gratuité des parkings ? Quid du relogement sur site adapté au phasage du projet urbain ? Beaucoup de questions étaient restés sans réponse…

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Renaissance des Groux a ainsi interpellé la mairie lors du conseil municipal du 13 Juin à ce propos et a profité de l’occasion pour rappeler à l’ensemble des élus les enjeux qui affectent aujourd’hui les locataires des Groux dans le cadre du projet urbain actuel.

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En parallèle, et depuis la restitution du livret, Valophis s’est engagé à dépasser le cadre de la concertation règlementaire classique et à travailler avec Renaissance des Groux et Appuii sur l’écriture d’un cahier des charges pour engager une AMO (Assistance à Maîtrise d’Ouvrage) en concertation. Nous avions une réunion mardi 19 Juin qui a permis de mettre les choses au clair, tant au niveau du bilan de concertation que de ce cahier des charges qui devrait aboutir dans les prochaines semaines.

« S’hab la Z.U.P. », c’est ce soir à l’Attiéké !

Dans le cadre des journées organisées par APPUII, nous vous donnons rendez-vous ce soir au Centre Social Autogéré et Habité de l’Attiéké (5 rue de la Poterie à Saint-Denis) pour la projection de « S’hab la ZUP », un film de Madani Marzuk et Tarek Kawtari. Entrée libre et gratuite. Venez nombreux.ses !

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En amont du film, une rencontre aura lieu de 16h à 19h entre différents collectifs mobilisés contre des projets de rénovation urbaine qui leur sont imposés.  A partir de 19h, nous mangerons une feijoada qui sera à prix libre.

A 20h débutera la projection de « S’hab la ZUP », « Ce film appelle à la résistance, en proposant la mémoire comme source d’inspiration, comme système racinaire des luttes présentes et à venir, comme frontière à la fragmentation que s’apprête à accomplir une nouvelle fois le pouvoir politique et économique à travers la rénovation des quartiers. »

Enfin, à la suite du film nous ouvrirons un débat avec le réalisateur Madani Marzuk, Goundo Diawara, Yazid Kherfi, Nassim Sidhoum, Almamy Kanouté, Sébastien Allary, Mohamed Ragoubi et Fatima Mostefaoui. Soyez tou.te.s les bienvenu.e.s !

Petite histoire d’une locataire du Franc Moisin à Saint-Denis

À l’heure où les habitant.e.s du B-7 se mobilisent contre la démolition de leur bâtiment, Pascale (qui vit ici depuis 49 ans) lance un appel à soutenir le mouvement. À travers cette lettre, elle partage son histoire dans le quartier et raconte pourquoi le refus de la démolition.

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Je m’appelle Pascale. Je suis arrivée à la cité à l’âge de 11 ans. Je me souviens qu’il y a avait encore les bidonvilles et l’usine pour construire le reste de la cité au bâtiment 3.

Maintenant j’en ai 59 (ans). Vers l’année 2016, voilà qu’un projet d’urbanisme arrive avec des plans pas définitifs mais parlant de démolition de bâtiments et d’escaliers de la cité à l’initiative de monsieur BRAOUZEC Patrick : directeur de Plaine Commune et de monsieur le Maire Laurent Russier : président générale de Plaine Commune Habitat. Pour que l’ANRU débloque l’argent nécessaire pour la réalisation de ce projet, il faut des destructions..

Ces destructions j’en fais partie.. Ce plan a pour but de désenclaver la cité, de faire des nouvelles rues (déjà existantes!) et de faire venir d’autres personnes à Saint Denis. Ce plan a été fait sans concertation définitive des habitants de la cité. Donc, me voilà obligée de partir de chez moi, de ma cité, de ma famille : car en 48 ans (ou un peu plus) j’ai fait connaissance de plein de gens avec qui j’ai grandi, j’y ai élevé mes enfants. Tous ces gens sont devenus eux aussi ma famille et j’entretien de très bons contacts et rapports..

J’ai connu des gens comme moi, j’ai vu les familles se former, les enfants grandir avec les miens, enfin les parcours de vie de plusieurs générations. J’ai vu des gens mourir, dont ma mère. Mon père, âgé de bientôt 84 ans y vit toujours et je m’occupe de lui car il est en fauteuil roulant : ménage, courses, visites chez le médecin, laver le linge, enfin tout ce qui lui permet de vivre encore de bons et beaux moments au coin de sa vie.

Et voilà les JO 2024 et le Grand Paris qui pointent leur nez.. alors il faut accélérer les travaux pour faire un nouveaux Saint –Denis. Cela veut dire nous faire partir à d’autres banlieues et villes et construire de nouveau logements, mais pas assez de logements sociaux pour reloger tous les habitants voulant rester, car nous sommes considérés comme des  » petits gens « , moins instruits et pas à la hauteur de cette nouvelle ville de Saint-Denis.

Et voilà 48 ans et demi qui s’envolent en fumée, en poussière, plus de vie ! On m’arrache de chez moi, sans penser aux conséquences psychologiques d’abandonner ma vie de presque un demi-siècle et de laisser tout cela derrière moi. Je dois donc recommencer une nouvelle vie ailleurs sans avoir rien demandé et cela je ne le veux pas !

Avec cette petite histoire, j’aimerais faire appel à tous les gens de la cité pour nous soutenir dans notre mouvement pour ne pas détruire une partie de la cité et supprimer nos vies.

Joignez-vous à nous, aidez-nous, soutenez nous car ma vie et celle des autres locataires concernés ne doit pas disparaître à coups de pelleteuse et de bulldozers…

Merci! 

Pour vous investir aux Franc Moisin, vous pouvez écrire à l’association APPUII à cette adresse : associationappuii@gmail.com.

À Tours, le ROC, c’est du solide !

Jeudi 6 juin, APPUII intervenait au deuxième séminaire du ROC. Le ROC est un espace de rencontre des acteurs associatifs intervenant dans les quartiers populaires de la région tourangelle. Son objectif est de rendre l’action auprès des habitants plus cohérente et efficace ; favoriser les actions plus coopératives ; mais aussi de mettre en place les conditions de l’interconnaissance et de l’échange de pratique.

Avec une trentaine d’associations, agissant dans le champ social, culturel, de l’éducation ou de l’insertion, nous avons partagé notre expérience de terrain et nos réflexions sur la constitution d’un réseau de compétences solidaires. Les échanges étaient riches, et espérons-le, aboutiront à de nouvelles coopérations.

Pour plus d’information, contacter le ROC : Roc@listes.comptoir.net

APPUII à Lisbonne : Des actions de terrain à l’international

Du 29 Avril au 5 Mai, Appuii était présent à Lisbonne et ses alentours pour apporter son soutien à des luttes locales et plus spécialement au quartier « Quinta da Lage » à Amadora qui est menacé d’une démolition totale. Pendant une semaine, une équipe mixte de militants de quartiers populaires, d’architectes et d’universitaires a ainsi travaillé main dans la main avec l’association des habitants de Quinta da Lage et l’association Habita!

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Tout a commencé en Septembre dernier lors des rencontres de la Coalition Européenne d’Action pour le Droit au Logement et à la Ville qui avaient lieu à Lisbonne. L’association Appuii rencontrait Habita!, son alter-ego portugais, et naissait alors l’idée de monter une action commune pour renforcer nos liens en agissant directement avec des associations en lutte dans les quartiers populaires lisboètes.

Sept mois plus tard, une équipe mixte d’Appuii, composée de 6 personnes aux profils divers, s’est rendue à Lisbonne. Anaëlle et Perrine sont architectes et ont notamment travaillé sur les ateliers et la restitution du livret aux Groux, à Fresnes avec Appuii. Karima est membre de l’association de Renaissance des Groux, et Almamy est habitant des Groux et investi par ailleurs dans plusieurs organisations luttant contre le racisme d’État. Marie est doctorante en sociologie à l’Université Paris 8 et Maxime est membre de l’équipe permanente d’Appuii.

La première journée était dédiée à la découverte de Lisbonne, de son centre-ville jusqu’au bidonville situé au bout de la piste de décollage de l’aéroport, en passant par une rencontre avec l’association Habita! qui nous a expliqué la situation lisboète sur les questions de logement. À partir du lendemain jusqu’à la fin de la semaine, nous sommes allées tous les jours à Quinta da Lage pour apporter notre soutien aux actions en cours.

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C’est un quartier auto-construit qui existe depuis 80 ans. Certaines maisons sont de très bonne qualité alors que d’autres sont plus précaires. Le mercredi 1er Mai, une réunion dans la salle commune du quartier a permis de nous présenter et près de 80 habitant.e.s sont venu.e.s à notre rencontre. Le discours était clair : « Juntos somos mais fortes » (Ensemble nous sommes plus forts).

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Quelques habitant.es nous ont fait visiter le quartier et la première action menée fut d’initier un recensement. En effet, il n’existe aucune donnée statistique sur le quartier, personne ne sait combien d’habitant.es résident à Quinta da Lage. C’est donc en menant un porte-à-porte avec un questionnaire qui permettait également de recueillir un maximum d’informations sur la situation, les envies et les besoins des habitants que notre travail sur place a commencé.

Les deux jours suivants étaient dédiés à la création de supports de communication (photos, dessins, mise en page d’un cahier avec les premiers résultats du recensement, carte du quartier). De manière moins formelle que le porte-à-porte, nous avons continué à arpenter le quartier avec l’association des habitants, à la rencontre des plus jeunes, en passant du temps dans la rue et dans les lieux de vie du quartier…

Si échanger sur nos méthodes respectives avec Habita! était très intéressant, c’était aussi l’occasion pour APPUII de découvrir la lutte d’un quartier auto-construit – APPUII était plus habitué aux quartiers de logement social. Nous avons tenté de travailler sur ce qui faisait justement la qualité d’un quartier auto-construit pour aider l’association des habitants à défendre une réhabilitation: vie sociale avec les témoignages habitats et le relevé des lieux de rencontre en extérieur ; diversité architecturale et capacité à se modifier dans le temps que nous avons essayé de valoriser au travers de dessins.

Puis les samedi et dimanche matin, nous avons organisé des moments collectifs pour présenter l’ensemble des travaux produits avec l’association des habitants de Quinta da Lage et Habita. Sous la forme de « roda de conversa » (ronde de parole) puis de petits ateliers, nous avons pu échanger avec les habitants autour de la carte du quartier réalisée les jours précédents, d’une frise retraçant l’histoire du quartier et du cahier de présentation du recensement.

Et c’est ainsi que s’est finie cette intense semaine où nous avons tou.te.s beaucoup appris au contact des autres. C’est pourquoi l’ensemble de l’équipe d’APPUII tient à remercier chaleureusement l’association des habitants de Quinta da Lage pour leur accueil et leur confiance, l’association Habita! pour la mise en contact et le partage d’expériences et spécialement Bia pour son hospitalité tout au long de la semaine.

 

Télécharger ICI le livret de restitution du recensement