Saint-Denis : des pistes d’actions face aux risques d’incendie

Le conseil citoyen du centre-ville de Saint-Denis a lancé avec le soutien d’Appuii une étude sur la prévention des risques d’incendie (voir ICI). Cette étude arrive bientôt à son terme et une réunion de restitution sera organisée pour en présenter les résultats. Pour que le « plus jamais ça » soit une réalité, le conseil citoyen appelle les habitants, les associations et surtout les pouvoirs publics à s’emparer des conclusions de l’étude.

« Étude contre les risques d’incendie dans le centre ville de Saint-Denis.

Depuis un an à peu près le cabinet d’étude Gers Sociologie fait une étude concernant les risques d’incendie dans l’habitat ancien du centre ville de Saint-Denis et sur les éventuelles réponses à apporter pour y faire face. Cette étude a été commandée par le Conseil Citoyen du centre ville et elle arrive bientôt à son terme.

En 2016, sur plusieurs mois, il y a eu une succession d’incendies qui se sont déroulés dans ce vieux centre ville, qui s’est traduit à chaque fois par des dizaines de personnes qui se sont trouvées brutalement à la rue, avec parfois des blessés et des morts. La réaction générale des habitants, des associations, des pouvoirs publics a été de dire « plus jamais ça ».

Depuis il est vrai on n’a pas connu de séries d’incendies au même rythme. Mais le risque n’a pas disparu ; tout le monde sait que les incendies sont une menace permanente qui existe sur l’habitat ancien et les habitants qui y vivent.

La même année les Conseils Citoyens, prévus par la loi Lamy, ont été mis en place sur la ville, particulièrement sur les quartiers concernés par une rénovation urbaine. Le conseil citoyen du centre ville s’est donc trouvé confronté directement à cette situation dramatique et il ne pouvait pas ne pas réagir.

Les conseils citoyens ont la possibilité de financer une expertise indépendante, sur un sujet de leur choix. Ce financement est prévu dans le cadre de la rénovation urbaine. Le conseil citoyen du centre ville a décidé d’utiliser cette possibilité pour tenter de trouver une réponse au risque d’incendies que connait le quartier, pour que le « plus jamais ça » soit une réalité.

Quel bilan des incendies passés ? Quelles leçons tirer de ces drames qui permettent de dire qu’ils ne se reproduiront plus ? Que disent les habitants qui les ont subis ? Que disent les voisins ? Les associations ? Les institutions (Pompiers, municipalité, préfecture) ? Y a-t-il des immeubles anciens plus dangereux que d’autres ? Est-il possible d’identifier des immeubles à hauts risques ? Quelles informations à donner aux habitants pour qu’ils aient conscience de leur situation ? Y a-t-il des dispositifs à mettre en place pour que les habitants de ces immeubles puissent faire face efficacement à un incendie ?

Voilà une série de questions qui font l’objet de l’étude engagée par le Conseil Citoyen du centre ville.

Celle-ci arrive à terme dans les jours à venir. Elle va faire l’objet d’une restitution publique dans les mois à venir. Mais l’étude ne fait pas tout. Elle permet seulement d’appréhender tous les aspects d’un drame provoqué par un incendie dans l’habitat ancien du centre ville. Elle ouvre des pistes, des possibilités d’action. Mais il doit être clair que si les habitants, les associations et surtout les pouvoirs publics ne s’emparent pas de ses conclusions, elle n’aura servi à rien. Tel est aujourd’hui l’enjeu des discussions, de la réunion publique de restitution à venir. »

Le 19 septembre 2018

Conseil citoyen centre-ville de Saint-Denis

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S’engager auprès de l’association Appuii

L’association propose une rencontre de bénévoles le lundi 17 septembre à 18h30 : une occasion de se rencontrer, d’apprendre à se connaître, de partager besoins et envies, et de s’impliquer. Que vous connaissiez l’association ou pas encore, bienvenue !

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Date et horaire : lundi 17 septembre à 18h30

Lieu : Aristo, restaurant kebab au 127 rue de Paris aux Lilas (métro : Mairie des Lilas), salle au 1er étage

C’est grâce à l’implication de bénévoles – membres ou compagnons de route de l’association – qu’Appuii est en capacité de mener différents projets sur le terrain auprès de collectifs d’habitants et de consolider son réseau de compétences solidaires. Ces engagements sont multiples et prennent différentes formes, en fonction des envies, des compétences et de la disponibilité de chacun-e. Pour se faire une idée des actions menées en 2017, voir le bilan d’activité.

En cette rentrée 2018, des besoins spécifiques émergent :

  • architecture et urbanisme > pour construire et dessiner des projets alternatifs avec les groupes d’habitants demandeurs
  • animation, organisation et ressources militantes > pour élaborer des stratégies (locale ou nationale) et organiser des événements militants
  • droit de l’urbanisme > pour décrypter des procédures d’aménagement et le contexte légal, préparer d’éventuels recours
  • graphisme et informatique > pour concevoir des supports de communication et alimenter une cartographie numérique participative

Il n’y a pas que le savoir institué qui compte, il y a aussi l’expérience : on comprend parfois mieux les procédures d’urbanisme quand on les a vécues soi-même que sur le banc d’une école. Toutes bonnes volontés et envies de faire des choses ensemble sont les bienvenues !

Il est également possible de soutenir l’association en devenant adhérent-e :

Au plaisir de se rencontrer !

Contact : associationappuii@gmail.com / 01 72 59 34 61

Université d’été Solidaire Citoyenne et Rebelle : APPUII y était !

Du 22 au 26 aout à Grenoble s’est tenue l’Université d’été des mouvements sociaux. Ce rendez-vous, organisé par ATTAC, réunit de nombreuses organisations syndicales et associatives pour se rencontrer, échanger et débattre pour construire les alternatives de demain.

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Le réseau APPUII organisait, en partenariat avec l’AITEC, l’Atelier Populaire d’Urbanisme de la Villeneuve, le collectif contre les démolitions imposées, Common Language, la coordination nationale Pas Sans Nous, Habitat en mouvement, un centre-ville pour tous, et l’Alliance Citoyenne de Grenoble une journée sur le thème : « Droit à la ville et luttes dans les quartiers populaires : Défendons nos logements ! »

Dans la continuité des célébrations de l’anniversaire des 50 ans du Droit à la Ville d’Henri Lefebvre, et en particulier de l’évènement du 23 et 24 mai, à l’université Nanterre, et du 16 juin à Grenoble, la journée a rassemblé une centaine de personnes pour débattre de l’éviction des classes populaires du centre vers les périphéries des métropoles face aux processus de gentrification, de spéculation immobilière, de financiarisation ou de rénovation urbaine.

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Pendant la matinée, les associations et collectifs d’habitants de France et d’Europe ont décrit les luttes qu’ils menaient, les difficultés auxquelles ils étaient confrontés, mais aussi leurs victoires. Djamel Blanchard, président de PSN 49, a pointé du doigt la spécificité de ces mobilisations, le risque de marginalisation qu’elles engendrent, et l’intérêt de l’élargissement des alliances hors des limites du territoire. L’exemple des actions engagées aux Groux à Fresnes par APPUII et à Grenoble par l’Alliance Citoyenne ont éclairé la diversité des formes de mobilisation et l’enjeu de leur rencontre.

Pierre Alain Cardona, membre du collectif un centre-ville pour tous à Marseille, a partagé ses modes d’action contre la gentrification de l’Avenue de la République, faisant écho aux expériences de La Corogne (Espagne) et du DAL. Enfin, Adil, représentant du collectif Schuman à Melun (77), a montré la stratégie de négociations que les habitants ont adoptée avec la mairie contre le projet de démolition d’une partie du quartier, interrogeant les articulations entre les luttes locales et les coordinations nationales.

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Après les témoignages, l’après-midi se consacrait à l’élaboration de propositions concrètes en vue d’interpeller les pouvoirs publics. Cet exercice a mis en lumière la diversité des questionnements portant sur les phénomènes d’exclusion relative à la marchandisation et financiarisation de la ville, mais a surtout affirmé l’enjeu d’espace de travail entre les différentes organisations pour construire un agenda commun.

N.B. : Pour un compte-rendu plus détaillé ou pour rejoindre les discussions collectives entamées sur le droit à la ville, n’hésitez pas à nous contacter !

Les Groux à Fresnes : Communiqué de Renaissance des Groux & Appuii

Juin aura été un mois chargé en actualités aux Groux à Fresnes. Après plus d’un an d’absence, le bailleur est enfin réapparu et le dialogue s’est à nouveau engagé. Que ce soit sur les conditions de relogement ou sur la participation au projet urbain, Renaissance des Groux et Appuii persistent : Le futur du quartier se fera avec ses habitant.e.s !

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Photo : Fiona Forte

 » Cher.e.s locataires,

Lors de la réunion publique du 14 Juin 2018, nous espérions obtenir des éléments concrets quant à notre participation au futur du quartier. Or aucun plan de concertation digne de ce nom n’a été présenté lors de cette réunion. Nous refusons les formats systématiques de « réunion publique » dans lesquels nous sommes simplement tenus informés.

Nous souhaitons pouvoir prendre part aux décisions quant au futur de notre quartier ! S’il doit y avoir démolition, les nouvelles constructions doivent avant tout profiter aux locataires actuels des Groux qui veulent rester sur le quartier. Nous refusons de voir le quartier être vidé par le bailleur sans garanties sur l’avenir.

En Mars 2017, deux ateliers urbains ont eu lieu, peu de locataires avaient pu alors y participer. Nous avons enfin pu avoir un retour de ces ateliers, celui-ci nous parait très léger. Nous demandons à ce que d’autres ateliers urbains aient lieu et que notre voix soit prise en compte.

Un élément positif de cette réunion est la constitution d’un comité tripartite avec la Mairie, le bailleur Valophis et l’association Renaissance des Groux pour des négociations sur le projet et le relogement. Nous remercions madame la Maire pour son intervention dans ce sens.

Aussi depuis un an, nous demandions des documents précis au bailleur, mais nos courriers sont restés sans réponse. Nous avons donc saisi la Commission d’accès aux documents administratifs qui nous a largement donné raison. Le bailleur Valophis nous a ainsi communiqué des documents précis.

En ce qui concerne le relogement, les travaux concernant la charte de relogement avancent. D’ores et déjà, la solution d’un déménagement unique sera privilégiée pour les locataires du 83 Avenue de la Paix : livraison des premières constructions neuves côté Albert Thomas avant démolition.

Cependant dans un désir d’égalité de traitement entre les locataires, nous aurions souhaité que les logements libérés du 83 Avenue de la Paix puissent servir pour un relogement sur site des locataires du 1 rue Albert Thomas qui le souhaitent. Malheureusement cette proposition n’est pas acceptée pour l’instant car Valophis ne souhaite pas engager de frais pour la remise aux normes des logements actuels et présente également une opposition de principe. Avant d’enterrer cette proposition, ne serait-il pas judicieux d’étudier cette solution compte tenu de la saturation des logements sociaux sur Fresnes ?

Enfin, un point majeur reste en suspens, il s’agit des contingents sur site (quantité de logements prévus pour les relogements aux Groux). Valophis nous a fait l’annonce qu’il n’avait pas la main sur la désignation de tous les futurs logements sociaux construits mais sur un maximum de 90 logements.

Comment assurer un relogement sur site pour tous les locataires qui souhaitent rester sur le quartier si le nombre de logements prévus pour ces locataires est insuffisant ?

La charte de relogement est un document important qui engage l’ensemble des locataires et Valophis. Elle ne sera pas signée sans l’aval des locataires, et nous organiserons dans ce sens une assemblée des locataires en septembre 2018 pour vous consulter, on avance ensemble !

Renaissance des Groux & APPUII « 

 

Pour en savoir plus, lire l’article « Fresnes – Face au projet de démolition de leur cité, les habitants des Groux mobilisés » écrit par Fiona Forte et paru dans Noise le bruit de la ville en juin 2018.

Les Groux, Fresnes : la CADA permet aux locataires d’accéder à l’information

Aux Groux, à Fresnes, depuis la manifestation du 3 Mai, le dialogue a repris entre le bailleur et l’association Renaissance des Groux. Mais une bonne nouvelle ne vient jamais toute seule. En effet, grâce à la saisine de la CADA (Commission d’Accès aux Documents Administratifs) par Appuii et Renaissance des Groux, le bailleur vient de nous envoyer des pièces administratives qu’il refusait jusqu’alors de transmettre.

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Depuis le printemps 2017, le contact entre Appuii, Renaissance des Groux et le bailleur Valophis avait été rompu. Sans réponse à un courrier envoyé en juin 2017 demandant un certain nombre de pièces administratives relatives au projet urbain des Groux, nous (Renaissance des Groux et Appuii) avions saisi la CADA en septembre 2017 afin d’obtenir ces documents.

La procédure fût longue, mais après s’être réunie le 14 décembre 2017, la CADA nous a envoyé son avis le 31 Mai 2018. Sur les 6 documents demandés, « 3 revêtent le caractère de documents administratifs communicables à toute personne qui en fait la demande » et nous sont donc accessibles, à savoir :

  • le dossier de consultation complet relatif à l’appel à candidatures en vue de l’acquisition d’un terrain et d’un bail emphytéotique à Fresnes (83, avenue de la Paix)
  • le dossier de candidature complet de Valophis Habitat en réponse à cet appel à candidatures
  • toutes pièces relatives au projet de requalification du quartier

Le 18 Juin 2018, nous avons donc reçu ces différents documents après plus d’un an de procédure juridique. C’est une petite victoire qui doit conduire à d’autres, le bailleur ne peut plus ignorer les locataires, l’association Renaissance des Groux et APPUII !

Pour plus d’informations sur la communication des documents administratifs, une fiche pratique, rédigée par une avocate membre d’Appuii, est disponible ICI.

Mercredi 27 juin à 19h, Paris 18ème : « Comment s’organiser dans un quartier populaire ? »

L’Alliance Citoyenne, l’association APPUII et la Table de quartier du Pile, à Roubaix, organisent une projection-débat, le mercredi 27 juin à 19h, sur le thème : « comment s’organiser dans un quartier populaire ? ». Cette soirée aura lieu au « Bar commun » (135, rue des Poissonniers, 75018 Paris, métro Simplon > PLAN). 

La soirée sera composée en première partie de la projection du film « Pile, permis de démolir« , qui retrace la lutte d’habitant.es du quartier du Pile, à Roubaix, pour leur devenir et celui de leur quartier face à un projet de rénovation urbaine porté par la municipalité. La projection sera suivie d’une discussion avec l’un des deux réalisateurs du film et avec un habitant du Pile, à Roubaix, qui a participé à la mobilisation.

Dans un deuxième temps, des membres de l’Alliance Citoyenne et de l’association APPUII feront le lien avec les luttes franciliennes à Saint-Denis, Gennevilliers, Fresnes et Aubervilliers, et évoqueront la façon dont les habitant.es s’organisent entre eux et avec les associations, dans ces quartiers, pour faire entendre leurs voix.

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Résumé du film :

Depuis plusieurs décennies à Roubaix, le quartier du Pile se vide progressivement de ses habitants. En attestent ses dizaines de maisons ouvrières murées par les pouvoirs publics dans l’attente du lancement d’un projet de rénovation du quartier. Celui-ci est finalement lancé en 2013 avec pour objectif de « dédensifier » un quartier peu adapté aux constructions modernes et aux objectifs de « mixité sociale » fixés par la mairie. Pensant pouvoir être associé à la rénovation de leur quartier, de nombreux habitants se rendent comptent du peu de place qui leur est accordée et décident alors de s’organiser avec le soutien d’associations locales.

Ce documentaire revient sur une lutte de plus de deux ans entre un collectif d’habitants et les décideurs d’un projet de rénovation urbaine d’un quartier populaire comme il en existe bien d’autres en France. De la formation d’une mobilisation collective aux difficultés face au manque de moyens d’action en passant par un sentiment de mépris régulièrement dénoncé, ce documentaire permet également de retracer les étapes d’une lutte rappelant que les quartiers populaires sont loin d’être des déserts politiques.

Contact : Lucas Roxo, lucasroxo@riseup.net

Le 22 juin à la MSH Paris nord : Économies informelles en ville et reconfigurations de l’action publique

Le Lavue et le Prodig vous invitent à la journée de restitution publique et d’échanges « Économies informelles en ville et reconfigurations de l’action publique » le vendredi 22 juin de 09h15 à 17h00 à la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord (20 avenue George Sand, Plaine Saint-Denis, Métro Front Populaire) en salle 414.

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Photos : A. Ndiaye, 2016 / A.Deboulet, 2017

Cet atelier vise à interroger les reconfigurations de l’action publique dans les quartiers populaires, induites par des formes d’informalisation et de dérégulation de l’économie, en considérant ensemble activités informelles précaires et activités issues de l’économie dite collaborative (Uber, AirBNB), dans plusieurs communes en banlieue parisienne (Saint-Denis, Aubervilliers, Stains) et au-delà (Roubaix, Détroit…). L’atelier constitue une étape dans la préfiguration d’un projet de recherches comparatiste et international.

Programme complet et inscription sur le site du LISRA : http://recherche-action.fr/labo-social/2018/06/13/economies-informelles-en-ville-et-reconfigurations-de-laction-publique/