Valibout (Plaisir, 78) : la mobilisation prend forme !

Le 19 décembre dernier la fête de fin d’années du Valibout réunissait environ 300 personnes. Au programme : barbe à papa, château gonflable, concours de cuisine, atelier banderole et stands d’informations sur le projet de renouvellement urbain. Le collectif d’habitants a exprimé la nécessité de se mobiliser face au projet porté par la municipalité, et a donné la parole aux autres associations qui s’étaient déplacées pour l’occasion. « Ces routes sont dangereuses pour nos enfants » ; « Les démolitions sont inutiles et coûteuses » ; « Nous voulons un quartier mieux doté pour ceux et celles qui y habitent » ; expliquent les intervenants. Dehors, un stand avec une grande maquette, des cartes et une pétition, accueille toutes celles et ceux qui souhaitent en savoir plus sur l’actuel projet contesté.

Le collectif des habitants du Valibout ont animé la journée

Stand d’explication du projet urbain animé par APPUII

Tour à tour, les habitants posent leurs questions et s’inscrivent pour de futurs ateliers. Une voisine témoigne « ils ont coupé mon chauffage depuis plusieurs mois pour me faire partir. C’est une honte, je ne sais pas quoi faire ». Elle est accompagnée par son jeune voisin qui l’a convaincu de rejoindre la mobilisation. Les membres d’APPUII, du DAL et de Copolis prennent note et proposent de participer à la production de la concertation alternative qui commencera en janvier. A quelques mètres de là, un stand sur l’histoire du quartier permet à chacun.ne de partager ses souvenirs et de raconter à Philippe et Élise leurs anecdotes sur les anciens équipements disparus : le cinéma, le mille-feuille, le 500 mètres. Ces derniers mènent un travail de recherche sur la mémoire du quartier depuis plusieurs mois. Ils publieront leurs avancées dans le journal du quartier : « Le Réveil ». Enfin, l’après-midi s’est clôturée en joie, avec le résultat du concours de cuisine international, la gagnante s’est vu remettre un chèque cadeau d’une valeur de 100 euros. L’ensemble des participantes pourront partir en weekend dans une ville de leur choix en minibus.

Les 13 candidates du concours de cuisine

Si la fête s’est terminée dans la soirée en musique, ce n’est que le début du travail des associations, qui d’ici quelques semaines accompagneront les étudiants en urbanisme de l’université de Nanterre. Pendant 3 mois, ils réaliseront un diagnostic territorial des usages de l’espace public du quartier, à travers des entretiens, des parcours commentés, et une cartographie des usages. Ils seront ensuite rejoints par des étudiants en architecture (des ENSA Malaquais et la Villette) qui, dans le cadre de leur diplôme, envisageront des alternatives au projet municipal.

Les enfants aussi étaient conviés à la fête au menu : barbapapa, château gonflable et jeux de sociétés.

L’affiche de l’événement et le numéro 3 du journal “Le Réveil”

Si vous souhaitez plus d’information sur le projet :
– Comité DAL 78 : comitedal78@gmail.com
– Association APPUII : associationappuii@gmail.com

A très vite !

Bois de l’Etang (La Verrière, 78) : La forte participation des habitants durant la concertation légale est ignorée !

Depuis 2015, l’amicale et le collectif de locataires du Bois de l’Étang sont engagés à faire entendre la voix des habitants, afin que la rénovation urbaine du quartier se fasse avec eux et sans démolitions conformément à la concertation légale qui s’est déroulée entre 2017 et 2019 et financée dans le cadre de l’ANRU (Agence Nationale de Rénovation urbaine). Malgré la signature d’engagements durant les élections municipales de 2020, le maire actuel, M. Dainville, a déposé auprès de l’ANRU un projet contenant des démolitions et sans aucune concertation les habitants. Des habitants dénoncent ce projet. Ils demandent au maire une vraie concertation sur le projet de rénovation urbaine. Elle a finalement débuté le 18 octobre 2021 et devait se terminer fin novembre 2021. Face à une forte participation, et à l’expression majoritaire d’une opposition au projet de démolition (courriers envoyés au maire par voie d’huissier), le maire et les élus de la majorité décident de prolonger la concertation jusqu’à mi-février. Cependant, l’expression de cette opposition n’a pas été prise en compte dans le bilan de la concertation faite lors du conseil municipal du 1er décembre 2021. Cette concertation doit être l’occasion d’écouter les avis, même contestataires, des habitants et de prendre en compte leurs propositions.

Dans le projet urbain initialement prévu par la mairie, l’un des grands objectifs inscrits dans les documents de planification est de construire une centralité urbaine dans le quartier du Bois de l’Étang en réaménageant l’espace (démolition et relocalisation de l’école et du centre social au sud-est), ne permettant pas une synergie avec les nouveaux commerces construits à l’est. De plus, aucune place publique n’est prévue dans ce projet. La municipalité et le bailleur souhaitent engager une réhabilitation ambitieuse des logements, ainsi que la démolition de plus de 200 appartements. Ce projet envisage de conforter le mail central comme axe préférentiel des circulations automobiles entre l’est et l’ouest.

Sans totalement remettre les objectifs de ce projet en question, les habitants de la Verrière ont créé leur propre projet pour leur quartier. Cela passe par un projet plus pertinent d’un point de vue urbain, économique, social, mais aussi environnemental.

Ils souhaitent faire de ce quartier, comme la municipalité, une centralité de la ville. Les habitants de la Verrière ont pensé à affirmer cette orientation autour d’une place publique, où l’offre d’équipements et de services devra être complémentaire afin de répondre aux besoins des habitants.

Les habitants maintiennent en revanche une position ferme contre les démolitions de logements. Ils sont spacieux et de bonne qualité. Il est nécessaire de les réhabiliter, mais ils ne nécessitent pas d’être démolis d’un point de vue technique. De plus, 12 000 demandes de logements sociaux sont en attente à l’échelle de l’agglomération avec un manque de 30 000 logements. Par ailleurs, ces démolitions ne sont pas justifiées d’un point de vue économique, écologique et social.

La réhabilitation ambitieuse de ces logements de bonne qualité est nécessaire afin de renforcer la qualité de vie des habitants. Les architectes mobilisés sur ce projet ont l’ambition de casser l’effet barre en augmentant l’espace des logements par la création de vérandas répondant à l’usage des locataires. Les rez-de-chaussée et les toitures sont pensés pour des usages collectifs.

Contrairement à l’enjeu du projet municipal qui est de faire du mail un axe central pour les véhicules motorisés, les habitants souhaitent piétonniser le quartier pour renforcer les mobilités douces. L’usage automobile du quartier est aujourd’hui dangereux, les habitants souhaitent fermer le quartier aux voitures, sauf véhicules prioritaires. Une grande partie de l’espace public est aujourd’hui dédié à la voiture. L’enjeu sera de mieux gérer l’occupation des stationnements, occupés par de nombreuses voitures ventouses.

Ce projet urbain sans démolition semblait donc plus pertinent d’un point de vue urbain, environnemental et économique, il conforte également les réseaux de solidarité existants, favorisant ainsi les parcours résidentiels ascendants.

La dynamique nationale de démolition/reconstruction portée par l’ANRU justifie le relogement des habitants en leur assurant des parcours résidentiels ascendants. Cependant, les travaux de Christine Lelévrier ont montré que les familles les plus précaires peuvent se retrouver dans des situations encore plus instables.

L’association APPUII a montré à travers sa mission « Solidarité Covid » soutenue par la fondation Abbé Pierre qu’il existe un fort dynamisme associatif dans le quartier de Bois de l’Étang. Ces associations soutiennent les habitants et touchent des publics parfois très éloignés des institutions. Ainsi, leur rôle est indispensable et repose sur des années de voisinage. La démolition et le relogement d’habitants en dehors du quartier mettent en péril ces liens de solidarité et peuvent à terme renforcer la précarité de ces ménages.

Le projet des habitants montre qu’ils sont, en tant qu’usagers du quartier, les seuls à véritablement connaitre leurs besoins. Il reprend plusieurs objectifs du projet municipal, tout en faisant de bois de l’Étang une centralité de la ville, un lieu agréable et dynamique.

Il démontre à plusieurs échelles – écologique, économique et sociale – qu’il est bien plus en phase avec la réalité actuelle que les prévisions de la mairie.

La totalité du projet alternatif est disponible ici.

Pour plus d’informations sur le projet, vous pouvez nous contacter :

APPUII : associationappuii@gmail.com

Amicale de locataires du Bois de l’Etang : amicaledeslocataires.be@gmail.com

Le collectif des locataires : collectif.du.be@gmail.com

Le Mail (Vélizy, 78) : Une démolition difficile à comprendre pour les habitants

À Vélizy, dans le quartier du Mail, un projet d’aménagement pour créer un nouveau cœur de ville est en discussion depuis l’été 2021. Ce projet prévoit la démolition d’une barre de 118 logements et de deux cages d’escalier d’un autre immeuble. Face au manque de concertation et à ces démolitions, un groupe d’habitants s’est mobilisé contre ce projet. Avec le soutien d’APPUII, ils ont réalisé une enquête qui montre que 98% des habitants interrogés se sentent bien dans leur quartier et 93% se sentent bien dans leur immeuble. Les deux tiers des locataires souhaitent rester dans leur logement. Au regard de ces résultats, le projet ne fait pas consensus et doit donc être mis en dialogue !

© APPUII

Le quartier du Mail est l’un des quartiers de l’ancienne Zone à Urbaniser en Priorité (ZUP) de Vélizy. C’est un quartier relativement aisé qui ne fait pas l’objet de dysfonctionnements urbains et sociaux majeurs. Aux dernières élections, le maire élu s’était engagé à transformer le quartier du Mail. Ce projet de « cœur de ville », prévoit le déplacement de la galerie commerciale aux pieds des immeubles alentour, la démolition d’une barre d’immeuble et de deux cages d’escaliers d’une autre, la création d’un plan d’eau, la suppression des stationnements extérieurs et la construction d’un projet immobilier de 5 tours de logements privés. Ce projet prévoit ainsi le délogement de 150 foyers disposant de loyers plafonnés, inférieur au prix du marché.

Photo du projet « cœur de ville » (source : site de la ville de Vélizy)

Face à ce projet, l’amicale de locataires a fait appel à APPUII pour les accompagner techniquement face à ce projet. Dans un premier temps, l’enjeu est de connaitre le point de vu des locataires sur le projet et leurs souhaits de relogement. Une enquête par questionnaire a été menée auprès de 52 habitants (sur 112 logements occupés), soit un peu plus de 46% des locataires. La majorité des locataires rencontrés sont satisfait de leur quartier (96%), de leur immeuble (93%), et souhaite rester dans leur logement (66%). Ceux souhaitant partir l’expliquent du fait de l’inadéquation entre leur logement et l’évolution de leur situation familiale. Ces résultats sont profondément en contradiction avec le discours municipal qui affirme que la majorité des habitants sont favorables à ce projet. L’ensemble des résultats de l’enquête sont disponibles ici.

Cette enquête avec les habitants des immeubles montrent également le faible niveau de concertation. Deux réunions publiques d’informations ont eu lieu, mais il n’y a pas eu de concertation ayant pour objectif de discuter du projet d’aménagement. Deux autres hypothèses sans démolitions ont été réalisées sans être présentées.

Il n’y a pas non plus eu de concertation dans le cadre du processus de relogement contrairement à ce que prévoit l’article 44-4 de la loi tendant à favoriser l’investissement locatif, l’accession à la propriété de logements sociaux et le développement de l’offre foncière. Cette loi prévoit la réalisation par le bailleur d’une démarche de concertation avec les amicales de locataires devant aboutir à la production d’une charte de relogement précisant les conditions de relogement. Les habitants ont simplement reçu un courrier les informant de la démolition de leurs logements. Ils ont pu exprimer leurs souhaits par courrier.

Pour plus d’informations sur le projet vous pouvez nous contacter :

APPUII : associationappuii@gmail.com

Amicale de locataires du Mail : amicale.mail@orange.fr

Le Valibout (Plaisir, 78) : des routes et des démolitions contestées

Dans la plus grande discrétion, samedi 6 novembre, la maire de Plaisir a annoncé le début de la concertation du projet de rénovation. Au programme : la démolition de trois bâtiments de logements et de l’école maternelle Louise Michel réhabilités récemment pour permettre la construction de quatre routes, le regroupement scolaire de l’ensemble des écoles du quartier. Le tout sous couvert d’ un label «écoquartier». Le comité DAL 78 et les habitants ont fait appel à APPUII pour faire face à ce projet imposé sans concertation.

Profitant de l’inauguration du nouveau restaurant scolaire du quartier du Valibout, la maire annonce le début d’un mois de concertation sur le projet de rénovation urbaine. Nous découvrons alors un projet dont les grandes lignes (démolitions, nouvelles routes) sont qualifiées « d’invariables » par le préfet alors même que les habitants n’ont jamais été consultés. Ce déni de concertation est à l’image de cette réunion publique qui ne dit pas son nom. En effet, il faut de bons yeux pour lire les petites lignes sur l’affiche de l’inauguration du restaurant scolaire placardée dans les halls d’immeubles quelques jours auparavant « venez découvrir et échanger autour du projet ». Ce détail illustre la volonté de ne pas rendre public l’événement. Ce n’est pas nouveau. Déjà en 2019, lors de la première concertation, la mairie s’était fait reprendre par l’ANRU pour défaut de réunion publique. C’est alors que le conseil municipal avait validé le 7 juillet 2021 « qu’au moins une » réunion de co-construction aurait lieu lors de cette seconde concertation qui ne durera qu’un mois.

Concrètement, le projet vise à démolir des bâtiments pour faire passer des routes. Les logements ciblés viennent d’être réhabilités et certains travaux n’ont même pas encore été terminés. L’objectif est de faciliter les circulations automobiles dans le quartier, notamment dans une perspective sécuritaire. Les trois autres nouvelles routes permettraient d’accéder en voiture au pieds d’immeubles et de créer des pistes cyclables pour améliorer les circulations douces. Enfin, le regroupement des trois écoles en une « cité éducative » permettrait d’en améliorer les conditions d’enseignement.

Autant d’éléments contradictoires peinent à trouver un sens pour les habitants, qui pour certain.es, découvrent le projet par le travail d’information que mène le comité DAL et APPUII. Ce projet suscite de nombreuses interrogations : quelle est l’utilité réelle de ces nouvelles routes ? Elles favorisent les nuisances sonores et atmosphériques, en plus de créer de véritables problèmes de sécurité pour les enfants sur le chemin de l’école. Pourquoi détruire des logements sociaux è peine réhabilités, alors qu’il y en a un manque cruel ? Cette solution semble à contre-courant des ambitions environnementales et sociales portées par le label « écoquartier ». Enfin, comment l’augmentation de la taille de l’école par le regroupement des deux groupes scolaires existant permettrait-elle d’améliorer les conditions d’enseignements ? Alors que le nombre d’habitants doit augmenter dans le quartier, on peut s’interroger sur l’intérêt de cette fusion. Autant de questions sans réponses que posent les habitants.

APPUII soutient le comité DAL 78 pour permettre aux habitants de faire entendre leur voix sur l’avenir du Valibout. Dans les semaines à venir, des ateliers de travail participatif seront mis en œuvre afin de construire un projet à l’image des besoins et souhaits des habitants.

Si vous souhaitez plus d’infos sur le projet vous pouvez contacter :

Bois de l’Etang (La Verrière, 78) : un projet porté par les habitants plus économe !

Au Bois de l’Etang, dans la lignée du bilan de la concertation réglementaires  du projet de rénovation urbaine qui s’est déroulée de 2017 à 2019 ; l’amicale et le collectif de locataires et APPUII travaillent depuis 2019  à un projet urbain n’impliquant aucune démolition et la réhabilitation ambitieuse de la totalité des immeubles. Du point de vue de l’habitat, ce projet que la nouvelle municipalité discréditait du fait de son infaisabilité financière se révèle être 19.9 millions d’euros moins chers que le projet prévu par la municipalité.

Projet de réhabilitation défendu par les habitants (©Riyad Madhi)

Depuis 2015, l’amicale et le collectif de locataires du Bois de l’Étang sont engagés à faire entendre  la voix de la majorité des habitants pour que la rénovation urbaine du quartier se fasse avec les habitants et sans démolitions. Après avoir démontré qu’un projet urbain sans démolition semblait plus pertinent d’un point de vue urbain et environnemental, le chiffrage de l’opération révèle que c’est également un projet plus économe financièrement ! En effet, il permet d’économiser 19,9 millions d’euros par rapport à celui prévu par la municipalité. 

Des opérations de démolitions / reconstructions très onéreuses

Selon les données issues de la convention Prior’Yvelines validée par le conseil municipal de La Verrière et certaines estimations au regard du marché de la construction, nous pouvons évaluer le coût total du projet municipal en matière d’habitat à 52,6 millions d’euros.

On estime, à travers les coûts actuels de démolition, que la démolition de 212 logements sociaux revient à 7,5 millions d’euros soit un peu plus de 35000 euros par logement.  

Étant donné la tension du logement social, on peut imaginer aisément que le bailleur devra reconstruire au moins 1 logement, pour 1 logement détruit. Étant donné les coûts de construction actuels moyens, la construction de 212 logements revient à 23,7 millions d’euros, soit environ 111 000 euros par logement.

Enfin, selon les estimations du projet de rénovation urbaine, la réhabilitation des 404 logements restants est estimée à 21,4 millions d’euros, soit 53 000 euros par logement.

Une réhabilitation plus ambitieuse et moins couteuse

Le projet alternatif proposé par les habitants ne prévoit aucune démolition, mais la réhabilitation complète de tous les immeubles du quartier. Il prévoit une réhabilitation intérieure des logements, l’isolation thermique par l’extérieur, et la création de loggias. Le détail du projet urbain est disponible ici et le chiffrage .

Le coût est estimé à 33,7 millions d’euros au total, en prenant comptent les coûts liés à la présence d’amiante, soit 54 600 euros par logement pour les 616 logements.

Le projet sans démolition permet donc en matière d’habitat  une économie de 19,9 millions d’euros. Les démolitions/reconstructions prévues initialement dans ce quartier sont aberrantes puisqu’elles ne répondent pas aux enjeux et besoins des habitants, et sont plus chères. À quoi cela servirait-il de réaliser des projets plus chers et moins adaptés aux habitants ?

L’ANRU pousse à la démolition des logements sociaux dans le cadre de projet de rénovation urbaine. La municipalité justifiait ces opérations par son besoin d’obtenir les financements de l’ANRU afin de procéder également aux réhabilitations. Cependant, le montant total de la subvention accordée par  l’ANRU pour ce projet (habitat et aménagement urbain) s’élève « uniquement » à 11,2 millions d’euros, bien loin des 19,9 millions d’économies.

Dans ce contexte, l’argument financier de l’ANRU ne  peut plus être mis en avant. Dans une précédente étude, nous avons également montré que le projet sans démolition  était plus écologique. Nous démontrons qu’il est plus économe. Jusqu’à maintenant, ni la mairie, ni la préfecture ne souhaitent rencontrer le collectif et l’amicale de locataires du Bois de l’Étang qui souhaitent échanger sur les enjeux réels de ce projet urbain ! 

Si vous souhaitez plus d’informations sur cette étude, vous pouvez contacter l’association APPUII : associationappuii@gmail.com

Cité Gagarine (Romainville, 93) : la lutte continue !

Le samedi 23 octobre 2021, une vingtaine d’habitants de la cité Youri-Gagarine de Romainville avec le collectif Gagarine Résiste, l’association Spoutnik-Avenir et APPUII ont discuté des actions à mener face aux démolitions prévues des bâtiments B, D et H. Banderoles, sondage et accompagnement des familles relogées sont au programme.

© Rose Lecat

S’il a été acté que les démolitions des bâtiments B et D ne pourront pas être évités après avoir consulté la Mairie, les habitants restent mobilisés contre la démolition du bâtiment H et celles des 6 autres bâtiments dont l’avenir n’est pas encore scellé. Une attention particulière est portée aux derniers occupants du bâtiment B pour qu’ils bénéficient de bonnes conditions de relogement. 

Lors de cette réunion, plusieurs décisions ont été prises. D’une part, une enquête sera réalisée par APPUII et les locataires volontaires afin de prendre connaissance des désirs des habitants des bâtiments D et H et de les faire valoir auprès du bailleur et de la mairie. D’autre part, les locataires souhaitent se mobiliser contre la démolition programmée du bâtiment H en accrochant des banderoles aux balcons.

Par ailleurs, cette réunion a été l’occasion d’échanger sur les outils de planification envisagés dans le cadre de ce projet urbains et du rôle des promoteurs immobiliers dans celui-ci. Pour des projets de cette envergure, la procédure la plus utilisée est celle de la ZAC (Zone d’Aménagement Concertée), ce qui n’est pas le cas ici. Le choix d’une division parcellaire interroge le collectif.

L’absence d’arguments valables concernant la démolition du bâtiment H renforce la détermination des locataires à se faire entendre pour préserver leurs logements.

Si vous souhaitez plus d’infos sur le projet, vous pouvez contacter :

Quartier du Levant (Les Andelys, 27) : des démolitions contestées par les habitant-es

Dans le cadre de la révision du PLU (Plan Local d’Urbanisme), la Mairie des Andelys a lancé une OAP (Orientations d’Aménagement et de Programmation) sur le quartier du Levant. Elle souhaite un quartier diversifié avec des logements en accession ainsi qu’une labélisation « écoquartier ». Cela fait suite à la démolition de plusieurs immeubles de logements sociaux. Un collectif d’habitant-es, en lien avec la CNL27 (Confédération Nationale du Logement), se mobilisent pour préserver leurs logements et pour avoir une « vraie concertation ».

Quartier du Levant – Les Andelys (©APPUII)

Au début des années 1970, 400 logements ont été construits dans 18 tours de 4 à 7 étages. Au début des années 2000, 4 de ces tours ont été démolies lors d’une rénovation lourde de 7 millions d’euros. En 2012, le bailleur social prend la décision de détruire 11 des 14 immeubles restants. Cette décision s’explique pour le bailleur par le manque d’attractivité de ces bâtiments, alors même qu’ils ne sont pas insalubres.  Aujourd’hui, il reste 5 immeubles vides ainsi que 2 immeubles habités prévus à la démolition d’ici 2024. Seules 3 tours subsisteraient à cette échéance.


Quartier du Levant – Les Andelys (©APPUII)

Un collectif s’est formé en lien avec la Confédération Nationale Logement 27, qui a pour objectif de négocier la non-démolition de ces tours, tandis que le bailleur ainsi que la Mairie cherchent à reloger ces habitants par tous les moyens.

Le collectif conteste les démolitions et dénonce le l’absence de concertation. En effet, il semble qu’aucune charte de relogement n’ait été négociée avec les habitants.

Concernant le futur projet urbain, si la Mairie a bien organisé une réunion publique en visioconférence le 18 Mai 2021, elle n’a pas pris en considération la fracture numérique très présente dans ce quartier, et ainsi, l’impossibilité pour les habitants d’être informé. Un atelier habitant s’est, quant à lui, déroulé le 15 juin 2021 où un seul locataire du quartier du Levant était présent.

Dans ce contexte le collectif a sollicité APPUII pour les accompagner afin d’obtenir une concertation sur la démolition prévue sur les tours 12 et 16, ainsi que dans le cadre des orientations d’aménagement et de programmation de ce même quartier. Faisant suite à ce courrier, une réunion a été organisée le 19 octobre 2021 entre 3 membres du collectif, APPUII, le bailleur social mon logement 27 et la mairie. Cette réunion a été l’occasion pour le collectif d’identifier les points de désaccord avec la mairie et le bailleur. Il a pu rappeler son souhait de ne pas voir ces démolitions afin de permettre aux habitants de rester vivre dans le quartier et au regard du coût environnemental élevé de ce type d’opération. Le collectif a également pu réagir à la démarche de concertation proposée par la mairie dans le cadre de l’OAP faisant part de son souhait de ne pas être uniquement dans de l’information mais d’être véritablement dans de la co-construction. Leurs propositions ne semblent pas avoir été entendues. 

Pour plus d’informations sur le projet vous pouvez nous contacter : associationappuii@gmail.com

Bois de l’Étang (La Verrière, 78) : La réhabilitation sans démolitions est une nécessité pour lutter contre le réchauffement climatique

Selon une étude, seuls 17% des bâtiments démolis nécessiteraient réellement de l’être. Avec l’aide d’un chercheur de l’École des Mines de Paris, spécialiste de la thermique des bâtiments, APPUII a comparé le bilan carbone du projet de démolition-reconstruction prévu par la mairie dans le quartier du Bois de l’Étang (La Verrière,78) à celui d’une hypothétique réhabilitation défendue par les habitant-es. Le constat est édifiant : en 30 ans, le projet porté par la municipalité génèrerait de 20% à 45% de plus de gaz à effet de serre que la proposition alternative.

Évolution des émissions de CO2 par m2 au Bois de l’Étang au cours des 50 prochaines années

Lors de la COP 21, le gouvernement français s’est engagé à passer à la neutralité carbone d’ici 2050. Il a renouvelé cette volonté lors de la convention citoyenne pour le climat en demandant aux 150 citoyens tirés au sort de faire des propositions pour réduire de 40% nos émissions d’ici 2030 dans un souci de justice sociale. Le secteur du bâtiment est un enjeu majeur dans cette lutte contre le changement climatique car il représente environ 12%  des émissions de gaz  à effet de serre en France[1]. Alors que la rénovation thermique des bâtiments est pointée comme une priorité majeure, la politique de rénovation urbaine portée depuis 2003 a engagé la démolition de dizaines de milliers de logements, dont la majorité est encore en bon état, contre tout bon sens écologique. En effet, selon une étude scientifique[2], seuls 17% des bâtiments détruits nécessiteraient réellement de l’être.

À ce titre, le cas du quartier du Bois de l’Étang est illustratif ! La municipalité, en partenariat avec l’État, prévoit la démolition et la reconstruction d’un tiers des logements (212) dans ce petit quartier de grands ensembles. Les autres doivent être réhabilités (404). Mais quelle solution, de la démolition-reconstruction ou de la réhabilitation, est-elle la plus vertueuse écologiquement ? Nous avons demandé à un spécialiste de nous aider à comparer le bilan carbone du projet de démolition-reconstruction à celui de la réhabilitation thermique totale des bâtiments sans démolition, en tenant compte de leur durée de vie. Bruno Peuportier[3], chercheur à l’école des Mines de Paris, nous a fourni des données issues d’une étude menée en collaboration avec l’université de Saragosse[4]. Sur la base de ces données, dans le cas du Bois de l’Étang, une réhabilitation thermique ambitieuse (besoins de chauffage de l’ordre de 50 kWh/m2 par an[5]) sans démolition de l’ensemble des immeubles (besoin actuel de chauffage d’environ 180kWh/m2 par an) permettrait d’éviter l’émission de  31200 tonnes de C02 sur les 30 prochaines années.

Aujourd’hui, la municipalité et l’État prévoient de démolir un tiers des logements (212) du quartier et de les reconstruire dans d’autres territoires et de réhabiliter les autres logements restants. Dans cette hypothèse, les émissions de gaz à effet de serre seraient de 20% à 45% supérieures à la réhabilitation sans démolition, en fonction de l’ambition énergétique prévue pour les nouveaux bâtiments : besoins de chauffage de 15 ou 35 kWh/m2 par an. Dans le meilleur des cas, c’est-à-dire en reconstruisant des bâtiments passifs, ce sont plus de 1400 tonnes de CO2 émises en plus. Ce différentiel atteint 3000 tonnes de CO2 sur 30 ans (soit l’équivalent de 3000 aller-retour entre Paris et New York) si les nouvelles constructions sont simplement au niveau règlementaire, comme cela semble être le cas pour le projet de rénovation du Bois de l’Étang. La réhabilitation, plutôt que la démolition/reconstruction, même de logements très performants, permet d’être encore plus volontariste que ce que prévoit le label E+C-, le plus exigeant en France en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

La démolition et la reconstruction de logements n’ayant qu’une cinquantaine d’années alors qu’ils disposent d’une durée de vie de 150 à 200 ans sont aberrants d’un point de vue environnemental. Il n’est plus possible d’envisager la rénovation des quartiers populaires par la démolition systématique. La lutte contre le changement climatique à court, moyen et long termes doit passer par des réhabilitations thermiques volontaristes sans quoi notre planète ne sera rapidement plus vivable.

Si vous souhaitez plus d’informations sur cette étude, vous pouvez contacter l’association APPUII : associationappuii@gmail.com


[1] CITEPA, Répartition sectorielle des émissions de gaz à effet de serre en France en 2019, rapport Secten 2020, 2020

[2] B. Marteinsson, Service Life Estimation in the Design of Buildings, University of Gävle, 2005.

[3] Il anime l’équipe Éco-conception et thermique des bâtiments. Ingénieur, docteur et HDR, il est titulaire de la Chaire ParisTech Éco-conception des ensembles bâtis et des infrastructures, et professeur d’énergétique des bâtiments à l’École des Ponts ParisTech.

[4] Palacios-Munoz B., Peuportier B., Gracia-Villa L., López-Mesad B., The importance of estimating lifespan in LCA of buildings: The case of refurbishment vs. new construction, Building and Environment, vol 160, August 2019, https://doi.org/10.1016/j.buildenv.2019.106203

[5] Cette valeur est celle observée dans le cadre d’une réhabilitation équivalente réalisée par les architectes Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal à Bordeaux (entretien réalisé par les auteurs).

Solidarité Covid (Yvelines) : une première réunion de mise en réseau riche en échange !

Dimanche 17 octobre s’est tenue la première réunion de mise en réseau des acteurs de la solidarité. Soutenue par la Fondation Abbé Pierre, cette première réunion a rassemblé une vingtaine de personnes de 10 associations de l’intercommunalité de Saint-Quentin en Yvelines et au-delà (nord Yvelines). Ce moment a été l’occasion d’une part d’identifier les besoins de ses associations pour faciliter leurs actions de solidarité auprès des plus démunis. D’autre part, cela a été l’occasion de restituer les résultats de l’enquête menée depuis un an par APPUII. Enfin, cela a permis de se rencontrer réellement, d’échanger sur l’opportunité de nouvelles collaborations et de mutualiser les actions solidaires.

Des associations très différentes étaient réunies ce dimanche dans les locaux de l’une d’entre elles à Trappes qui est Fodol. Certaines sont très structurées et œuvrent depuis de nombreuses années dans le champ de l’aide humanitaire (comme Fodol France) d’autres qui agissent à une plus petite échelle, comme c’est le cas de la dizaine de femmes de l’association Cœur de l’humanité qui réalise des maraudes à Paris et des distributions alimentaires à Trappes.

A l’initiative des associations Elancoeur et APPUII, l’enjeu de cette première réunion était de se connaitre. De nombreuses associations ou collectifs d’habitants œuvrent dans le champ de la solidarité sans pour autant se coordonner. Cela peut parfois générer certains conflits et rendre moins efficaces les actions. Ainsi, après un premier tour de table, chaque association a pu partager certaines de ces difficultés. Certaines ont pointé le manque de (in)formation sur les questions d’hygiène, notamment lorsqu’on réalise des distributions alimentaires. D’autres ont signalé la difficulté à mobiliser des bénévoles dans le temps long. Ainsi, des pistes de formations sur les questions d’hygiène sont envisagées, tout comme la mutualisation des bénévoles lors de distribution.

A la suite de ces échanges, Mohamed et Romain ont pu restituer les résultats de la première année de travail de diagnostic et de rencontres avec des acteurs de proximité plus ou moins formels. Ces résultats partagés ont permis de poursuivre les actions à mettre en œuvre collectivement afin que les actions de ces acteurs soient reconnues à leur juste valeur, comme le souligné le récent rapport de l’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV). Riche de ces échanges, les différentes associations ont proposé de se rencontrer plus régulièrement et d’intégrer d’autres structures volontaires pour continuer ce travail partenarial.

« Il y a un enjeu à reconstruire les données avec les habitants des quartiers populaires »

Jeudi 21 octobre, Mohamed Ragoubi, militant associatif et membre fondateur d’APPUII, participait à l’évènement «le numérique en commun[s]». Lors d’une table ronde avec avec Cécile Le Guen, de la Direction interministérielle de la transformation publique, Nathalie Eltchaninoff de l’IGN et Antoine Courmont de Sciences Po, ils ont échangé sur les enjeux de la « citoyenneté à l’heure de l’open Data.

Numérique en commun

La table ronde dans laquelle intervient APPUII débute à 1heure et 21 min.