Jardins ouvriers d’Aubervilliers : « Il faut qu’on existe! »

Depuis sa création, APPUII entretient un lien privilégié avec l’enseignement supérieur. En mobilisant des étudiants sur des cas concrets de mobilisations citoyennes locales relatives à des projets urbains, il s’agit de former les étudiants aux réalités du terrain et d’outiller les mobilisations pour renforcer leur pouvoir d’agir. Le travail de Yasmina Ahamed, Anaïs Lartaut et Maria Paz González (mars 2019)[1], de l’Université Paris 8 Saint-Denis interroge les mutations à l’œuvre du Fort d’Aubervilliers, en lien avec la mobilisation sur la disparition d’une partie des Jardins des Vertus.

Les jardins des Vertus – Photo Yasmina Ahamed, Anaïs Lartaut et Maria Paz González

L’objet du cours « Participation citoyenne et enjeux urbains » est d’étudier l’articulation entre enjeux urbains – projets multi‐acteurs pour la fabrication et la transformation des villes et territoires – et enjeux démocratiques – implication des citoyens dans les processus de prise de décision et spécialement leur impact sur les réalités socio‐urbaines. Il propose d’examiner dans un premier temps les rapports complexes entre Paris et sa banlieue (histoire sociale, politique et urbaine) puis l’émergence du Grand Paris, du réseau Grand Paris Express et des multiples projets d’aménagement à l’échelle métropolitaine. Il se centre ensuite sur une enquête de terrain en articulation avec les travaux du département de sociologie de l’Université Paris 8. Pour réaliser l’enquête de terrain, les étudiant.e.s emploient une méthode mixte : observation de terrain, recherche documentaire et entretiens.

Le cas choisi pour l’année 2019 était la mutation du Fort d’Aubervilliers. Possédé en grande partie par Grand Paris Aménagement (25 Ha sur 36 Ha), ce site initialement militaire est au centre de plusieurs projets urbains d’envergure : nouvelle gare de la ligne 15 du Grand Paris Express, écoquartier du Fort, PRU Emile Dubois‐Maladrerie, PRU des Courtillères, puis centre nautique pour les JO 2024…

Yasmina Ahamed, Anaïs Lartaut et María Paz González ont choisi de travail en groupe sur le sujet des jardins ouvriers d’Aubervilliers, dits « Jardins des Vertus« , créés en contrebas du Fort à la frontière de trois communes (Aubervilliers, Bobigny et Pantin) en 1935. Sont présentés ici :
leur rapport d’observation (février 2019)
– la synthèse de fin de semestre « Les jardins ouvriers d’Aubervilliers dans le contexte des grands projets urbains » (mars 2019). 

Ce travail met en lumière le rôle social fondamental que jouent les « Jardins des Vertus » à Aubervilliers. La pratique du jardinage, outre son caractère agricole, participe de la réalisation concrète « du vivre ensemble ». Il souligne le paradoxe entre la reconnaissance de ce territoire comme un véritable patrimoine local, tant pour les habitants du quartier que les acteurs politiques, et l’absence de dialogue quant à sa mutation. Sans remettre en cause l’intérêt d’une partie des éléments du projet, ce travail illustre le déficit démocratique de ces grandes opérations d’aménagement et pointe certaines pistes pour renforcer le pouvoir d’agir des habitants et associations concernés.

L’ensemble des travaux des étudiants sont disponibles dans l’onglet « Ressources – Les publications »

Pour plus d’informations à ce sujet, vous pouvez contacter Sylvain Adam (sadam.appuii@gmail.com) ou directement l’association associationappuii@gmail.com


[1] Travail de Yasmina Ahamed, Anaïs Lartaut et María Paz González (mars 2019), dans le cadre du cours « Participation citoyenne et enjeux urbains » (enseignant : Sylvain Adam – administrateur de l’association APPUII) en Master 2 du Parcours « Villes » à l’Institut d’Études européennes (IEE) à l’Université Paris 8 Saint-Denis.

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Bois de l’Etang (La Verrière-78) : proposition alternative aux réaménagements des espaces extérieurs

Depuis 2016, l’amicale et le collectif de locataires du Bois de l’Étang se mobilisent avec APPUII pour participer au projet de rénovation urbaine du quartier. Après avoir proposé l’année dernière, avec l’aide d’élèves architectes, une réhabilitation ambitieuse des immeubles en alternative à leurs démolitions, ils réfléchissent actuellement aux réaménagements des espaces publics avec le soutien d’un groupe d’étudiants Master Urbanisme et Aménagement de l’Université de Nanterre.

Localisation du Bois de l’Étang dans la commune de La Verrière

Entre janvier et avril 2021, APPUII a mandaté un groupe d’étudiants en Master l’Université de Nanterre pour réfléchir avec les habitants à d’autres manières d’aménager les espaces publics du quartier du Bois de l’Étang à la Verrière. Alors que le projet de rénovation urbaine fait l’objet de nouvelles négociations entre le bailleur et les pouvoirs publics, sans que les habitants soient associés, l’objectif de la commande est alors de replacer la voix des habitants au cœur du projet. Un projet d’une telle envergure ne peut s’établir sereinement et durablement sans l’implication et la prise en compte des habitants.

Début 2021, l’espoir d’une réhabilitation sans démolition est encore présent. Ainsi, les étudiants prennent très vite place sur le terrain et occupent le local de l’amicale des locataires afin d’entamer une phase d’enquête auprès des habitants dans le but de comprendre le contexte social, spatial et politique du quartier et surtout de recueillir le ressenti des habitants. Dans le cadre de la collecte des données, des obstacles notoires ont été rencontrés concernant la prise en contact avec les habitants et les acteurs institutionnels (mairie, bailleur, maison de quartier).

Cependant, plusieurs ateliers ont pu être organisés par les étudiants afin de recueillir les avis des habitants, et les intégrer dans le processus de réaménagement des espaces extérieurs. Des questionnaires et des cartes mentales ont été mis en place permettant de relever les espaces appréciés ou non appréciés par les habitants ainsi que les services manquants dans le quartier.

Le diagnostic dessine alors des profils socio-économiques et des parcours résidentiels variés. Ainsi, au Bois de l’Étang vivent différentes générations de foyers présents depuis la construction, mais également de nouveaux habitants. Les avis concernant le renouvellement sont, eux aussi, variés. Certains ne semblent pas opposés à la démolition, d’autres ne veulent pas en entendre parler. Toutefois, un avis semble faire écho chez tous les habitants : s’il y a destruction, les habitants souhaitent être relogés sous conditions (prix, qualité, localisation, taille). Il est alors hors de question pour les habitants de quitter leur quartier si ces conditions ne sont pas remplies. En février 2021, le projet prend un nouveau tournant, la charte de relogement est signée, une notice explicative est distribuée aux habitants, dans les boîtes aux lettres : l’espoir d’une réhabilitation sans démolition est alors éliminé du point de vue de la mairie. Elle a donc décidé de passer par la démolition pour réhabiliter le quartier. Peu de temps après, en mars 2021, le plan du projet est distribué aux habitants. Le projet prévoit une réorganisation du quartier notamment par la création de nouvelles voies de circulation sur des axes fréquentés tels que devant les écoles et la mosquée qui rassemblent souvent du monde, par la réalisation de nouveaux logements à travers la suppression de certaines tours et barres (bât H, bât A, bât G) et la mise en disposition de nouveaux édifices pour développer l’offre commerciale par la réduction des places de parking…

Les étudiants font alors face à de nouveaux enjeux. En effet, ils doivent expliquer le projet aux habitants et adopter une démarche inclusive afin de proposer des scénarios alternatifs pour l’aménagement des espaces extérieurs, qui pourront être utilisés pour alimenter un projet de rénovation souhaité par les habitants. Ces scénarios seront ensuite discutés avec les habitants afin de mieux comprendre leurs volontés. Actuellement, étant donné le contexte sanitaire, les étudiants réalisent la phase de concertation participative avec les habitants qui se fait avec l’aide du collectif des habitants du quartier et l’amical des locataires.

réalisation de maquettes 3D et adoption d’une démarche de concertation avec les habitants

Pour mener à bien le travail d’information et de concertation, les étudiants s’appuient sur certains outils : l’élaboration de deux affiches A0 permettant de présenter aux habitants la démarche de travail, certains éléments du diagnostic ainsi que les résultats préliminaires obtenus. Ils font aussi le choix de réaliser des maquettes en 3D : une pour l’existant, une pour le projet ANRU et enfin une maquette interactive pour tester des scénarios et échanger avec les habitants.

L’ensemble du travail de collecte fera l’objet d’une synthèse et sera évidemment restitué à l’ensemble des acteurs du territoire qui en feront la demande. A l’heure actuelle, bien qu’un dialogue ait pu être entamé avec la mairie, il reste inexistant du côté du bailleur Sequens.

Si vous souhaitez avoir plus d’information concernant ce projet, vous pouvez contacter Romain Gallart pour l’association appuii : rgallart.appuii@gmail.com ou directement le collectif des locataires du bois de l’Etang : collectif.du.be@gmail.com

Plaine Commune : entre gentrification et artificialisation des terres !

Le 27 février 2021, APPUII et le Comité de Vigilance JO ont co-organisé un atelier de travail portant sur les projets urbains en cours à Plaine Commune. Cet atelier a rassemblé une quarantaine de personnes pour discuter des enjeux des transformations urbaines et sociales du territoire. Ces grands projets urbains transforment la physionomie et la sociologie du territoire. De la démolition de logements sociaux à l’artificialisation des terres, ces projets touchent profondément tous les quartiers populaires du territoire. Pour qui sont faits projets ? La synthèse et l’ensemble des documents présentés sont disponibles ici.

APPUII a engagé un observatoire pour mieux comprendre les projets urbains sur le territoire de Plaine Commune pour mieux outiller les habitants impactés par ces mutations. Pour présenter ce travail, un atelier a été organisé et a rassemblé une quarantaine de participants engagés dans des mobilisations locales. A cette occasion, il s’agissait de se rencontrer et de discuter des grands enjeux d’aménagements de l’intercommunalité, lié aux Jeux Olympiques, au Grand Paris et à la rénovation urbaine. A cette occasion, nous avons pu voir que 20% du territoire de Plaine Commune était en chantier et que la grande majorité de ces projets n’étaient peu ou pas concertés ! Ils font alors l’objet de mobilisations citoyennes qui ont souvent proposé des alternatives ! Elles sont visibles ici

Cette demi-journée a été ponctuée de moment en plénière et de discussion en petits groupes en fonction des zones de projet.

A la Courneuve, le projet de la ZAC des six routes et la rénovation urbaine du quartier des 4000 participent à la gentrification progressive de l’un des derniers bastions communistes. Entre Dugny et La Courneuve, dans le cadre de la construction du Cluster des médias, on assiste à l’artificialisation de 27ha de l’Aire des Vents. Dans le parc Marville, une piscine Olympique va être construite, dont la programmation semble peu adaptée aux besoins des habitants, et dont la future gestion est confiée à un acteur privé.

A Saint-Denis, autour de la gare du Grand Paris Pleyel, plusieurs projets vont radicalement changer la physionomie du quartier, engageant une hausse de la pollution (les projets de l’échangeur et du Franchissement Urbain Pleyel) et la construction massive de bureaux (240000m²). La rénovation urbaine de Franc-Moisin et la construction du village Olympique prévoient de nombreuses démolitions de logements sociaux et du foyer ADEF sans garantir des solutions de relogement acceptable pour tous les habitants.

A Aubervilliers, l’extension de la gare Fort d’Aubervilliers et la piscine Olympique s’accompagnent de 1800 nouveaux logements soit environ 6000 nouveaux habitants et conduisent à la destruction d’un hectare d’espaces cultivés (Jardin des Vertus). En parallèle, les quartiers populaires adjacents (Maladrerie – Emile Dubois et Villette-4 chemin) se voient démolir 940 logements sociaux, alors que les investissements sur les équipements publics et la réhabilitation de la Maladrerie ne semblent pas assurés. La carte des enjeux par projet est disponible ici

Cette rencontre a montré l’interconnexion entre les différents projets urbains dont les enjeux dépassent bien souvent limite du quartier et de la commune. Elle pointe l’importance de lier les mobilisations pour faire valoir la voix des habitants directement concernés par ces transformations urbaines et sociales. Ce travail d’observation a permis de construire une vision globale et critique de ces données souvent fragmentées et peu lisibles. Il s’agit maintenant de le diffuser et les partager afin qu’elles soient des outils au service des habitants du territoire. La restitution de l’atelier ainsi que l’ensemble des documents sont disponibles ici. L’ensemble de l’équipe d’APPUII reste également disponible pour en parler.

Triangle de Gonesse : lutter malgré le début des travaux

APPUII se fait l’écho de l’appel du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG).

Les 10 000 signatures du « Serment du Triangle » n’a en rien enrayé la réalisation de la gare de « Triangle de Gonesse », située comme son nom ne l’indique pas à 1,6 km de toute habitation. Une ZAD (Zone à défendre) a donc été créée le 7 février. Mais dès le 19 février, le jugement du référé est tombé à la demande de l’Établissement Public Foncier d’Ile-de-France (EPFIF) et de sa présidente Valérie Pecresse : expulsion sans délai et astreintes financières. Les engins de chantiers ont ainsi pu entrer en action et détruire en quelques heures ce que la nature avait mis des milliers d’années à construire. Car les terres de Gonnesse, comme celles d’Ukraine, ont comme singularité d’être constituées d’un humus de 7 à 8 mètres de profondeur, résultat de plusieurs milliers d’années d’une lente décomposition de matières organiques vivantes. Les indicateurs climatique, écologiques, sociaux et sanitaires sont inquiétants, la biodiversité se réduit… il faut donc, semble-t-il, poursuivre la prédation des sols, réduire la ceinture nourricière d’Ile de France et son rôle dans la régulation des canicules à venir, bafouer les propositions citoyennes pour le climat et laisser la Société du Grand Paris bétonner. Ou s’opposer, s’indigner, se mobiliser en répondent à l’appel du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG).

Nous proposons d’appeler à une ZADimanche mobile le 7 mars avec repas tiré du sac. Rendez-vous 11h derrière Ikéa. Accès RER B ou D puis bus 20 arrêt centre commercial.  Au programme visite, découverte du Triangle et perspectives.

Pour aller plus loin :

Jacqueline Lorthiois, « Les zadistes de Gonesse ont-ils raison de s’opposer à une gare en plein champ ? » Tribune l’Obs, 11 février 2021.

Stéphane Tonnelat, « Comment le Triangle de Gonesse devint une ZAD. L’improbable devenu nécessaire  », Métropolitiques, 25 février 2021.

Solidarités Covid (Yvelines) : le premier comité de pilotage met l’accent sur le Bois de l’Etang à La Verrière

Suite au constat de la transformation des formes de solidarité dans les quartiers populaires conséquemment à la crise sanitaire, la Fondation Abbé Pierre a confié à APPUII une mission d’identification et d’accompagnement des initiatives d’entraides informelles dans les quartiers populaires des Yvelines. Voici un petit point sur les premiers résultats de la mission.

Cartographie des acteurs de la solidarité au Bois de l’Etang (La Verrière) – Extrait du comité de pilotage n°1

Les premières rencontres avec les habitants confirment les difficultés auxquelles  sont confrontées de nombreuses personnes en situation de précarité.

  • La situation économique des ménages a été fragilisée par la baisse des revenus couplée à l’augmentation des dépenses quotidiennes. Cela se traduit par une multiplication des demandes pour impayés de loyer adressées aux bailleurs [1]
  • Les inégalités de logement ont été exacerbées par le confinement poussant à l’isolement des personnes fragiles et à la rupture des liens sociaux [2]
  • La continuité pédagogique était plus difficile. Cela amène à un décrochage scolaire plus élevé que la moyenne [3]
  • Les associations humanitaires nationales (Restos du cœur, …) ont été dépassées par les besoins. Par ailleurs, elles peinent à s’adresser aux ménages récemment fragilisés [4]

Dans ces conditions, de nombreuses initiatives d’entraide, spontanées et informelles, ont émergé dans ces quartiers. De nouveaux profils d’aidants ont vu le jour [5]. Focus sur le Bois de l’Etang, à La Verrière, où la solidarité s’organise tant à l’échelle très locale du quartier, qu’à l’échelle intercommunale en lien avec les villes voisines. Ce quartier de 600 logements a été construit pour loger les ouvriers des usines Renault de Boulogne. Aujourd’hui, certaines de ces familles continuent d’y vivre et animent des liens forts de voisinage, en plus des acteurs traditionnels de la solidarité. APPUII intervient dans le quartier depuis 2016 en soutien aux habitants, ce qui facilite l’enquête.

Dans ce quartier, on peut distinguer différents types d’associations et de collectifs plus informels participant à la constitution d’un réseau de solidarité.

  • On compte deux associations humanitaires nationales qui sont historiquement implantées dans le quartier : les Restaurants du Cœurs et le Secours Populaire. Leurs antennes locales constatent une diversification des profils de leurs bénéficiaires.
  • A notre connaissance, deux associations locales interviennent aussi. L’Amicale des locataires du Bois de l’Etang alerte sur la multiplication des situations d’impayés et le surendettement des ménages, tandis que l’association de jeunes Sibawayh utilise les réseaux de voisinage pour fournir de l’aide personnalisée aux familles nouvellement fragilisées.
  • Enfin des collectifs informels complètent ce maillage. Des femmes du quartier profitent de leur ancrage fort dans le quartier pour identifier et aider les ménages en difficulté par de l’aide à la personne, des collectes de fonds ou du soutien psychologique.

Les liens entre les associations locales et les collectifs informels sont forts dans le quartier du Bois de l’Etang, où leurs actions reposent principalement sur des réseaux de voisinage préétablis. Reste à mieux comprendre leurs relations avec les antennes des associations humanitaires nationales et les représentations locales des institutions (maison de quartier et bailleur). Pour le moment et malgré notre volonté, nous n’avons pas encore réussi à contacter les pouvoirs publics.

Ce travail va se poursuivre sur les autres quartiers populaires des villes de Mantes-la-Jolie, Poissy, Plaisir et Trappes.

Si vous êtes intéressés par cette démarche, n’hésitez pas à contacter Mohamed Ragoubi (mragoubi.appuii@gmail.com), en charge de la mission, ou l’association (associationappuii@gmail.com).

[1] Lors du premier confinement, Seine-Saint-Denis Habitat avait noté une hausse de 13% à 18% des impayés de loyers. (Le Monde, Juin 2020)
[2] Noûs Camille, 2020, « Le covid-19, la guerre et les quartiers populaires », La nouvelle revue du travail
[3] Moreau Mark et Gourlin Titouan, 2020, « La continuité pédagogique, une nouvelle lutte des classes », Slate.fr
[4] AFP, 2020, « Coronavirus : aux Restos du Cœur comme au Secours Populaire, “on s’adapte dans l’urgence” pour l’aide alimentaire », France 3 – Haut de France[5] Rey-Lefebvre Isabelle, 2020, « Avec la crise, de nouvelles formes de solidarité émergent », Le Monde.fr

Atelier de travail au Landy Sauvage le 27 février 2021

Le 27 février 2021 à 14h au Landy Sauvage, APPUII et le Comité de Vigilance JO co-organisent un atelier de travail portant sur les projets urbains en cours à Plaine Commune. Cet atelier est ouvert à tou.te.s les personnes mobilisé.es sur ces grandes transformations urbaines et sociales. L’enjeu de cette rencontre est de mettre en commun et d’échanger nos visions du développement de ce territoire.

APPUII a initié L’Observatoire de Plaine Commune début octobre 2020. Son objectif est de mieux comprendre les projets urbains en cours afin d’être en capacité d’outiller les habitant-es impacté-es souhaitant faire valoir leur voix. Une équipe de bénévoles (urbanistes, géographe, architectes) s’est penchée principalement sur les projets dans le sud du territoire, à Aubervilliers, la Courneuve, L’Ile Saint-Denis, Saint-Denis et Saint-Ouen.

Une série d’entretiens avec les acteurs institutionnels et les collectifs mobilisés sont réalisés pour comprendre les stratégies territoriales et le jeu d’acteurs. Delà, plusieurs informations clés peuvent être mises en avant : 

  • Le développement territorial se base sur une série de grands projets urbains (Stade de France, rénovation de La Plaine, JO, rénovation urbaine) depuis les années 80.
  • 19 % du territoire est en projet ce qui sous entend un changement en profondeur du tissu urbain et du tissu social de Plaine Commune.
  • Une croissance démographique très forte (100 000 nouveaux habitants à l’horizon 2030 selon le PADD1) qui conduit à une densification urbaine (4 200 nouveaux logements par an) et à une transition du tissu urbain historiquement industriel.
  • Un établissement public territorial (EPT)2 volontariste en termes de développement urbain mais limité dans ces compétences et qui s’inscrit dans des enjeux de développement métropolitain.
  • Un territoire historiquement populaire (30% du territoire est classé en quartier politique de la ville QPV3). Il subit une gentrification sans précédent du fait de la proximité de Paris.
  • Un territoire sous doté en espaces verts4 qui s’artificialise encore (destruction des zones naturelles et agricoles) malgré un discours affiché sur l’écologie urbaine. Des espaces plantés publics qui disparaissent. 
  • Un remplacement progressifs des majorités municipales communistes par différents partis (UDI, PS,…) impactant les relations de coopération entre les villes et changeant les priorités politiques en termes de développement territorial.
  • Une gouvernance urbaine métropolitaine opaque et éloignée des habitant-es. Un rôle de l’Etat prépondérant dans la transformation du territoire du fait de ses compétences élargies dans les projets d’aménagements en cours (JO, Grand Paris Express et Rénovation Urbaine).

En plus de ces entretiens, une analyse des projets urbains a été faite. Ils reflètent des stratégies communes pour le territoire. L’Observatoire au sein d’APPUII a collecté des données précises sur chacun des projets comme le nombre de démolition, de réhabilitation et de construction de logements sociaux, la surface de terres artificialisées. Une cartographie a été mise en œuvre et synthétise les informations sur les projets urbains liés aux Jeux Olympiques Paris2024, au Grand Paris et aux lignes du Grand Paris Express et à la rénovation urbaine dans les quartiers populaires.

Face à tous ces enjeux, un atelier est co-organisé avec le Comité de Vigilance JO :

le 27 février 2021 de 14h à 17h, 

au Landy Sauvage,

166 rue du Landy, 93200 St-Denis

L’objectif de l’atelier sera de partager les premiers résultats du travail de l’Observatoire, de le mettre en discussion et de formuler des propositions alternatives pour le territoire de Plaine Commune. Il sera l’occasion d’établir les enjeux propres à chacun projet et plus largement à l’échelle des villes et du territoire de Plaine Commune en alimentant la cartographie des projets en cours. 

Afin de garantir la tenue de l’événement dans le respect des règles sanitaires merci de vous inscrire ici, afin que nous puissions nous organiser en conséquence.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous contacter : mguillaume.appuii@gmail.com

1 Projet d’aménagements et de développement durable, introduction du PLUi (Plan Local d’Urbanisme intercommunal)

2 Équivalent de l’intercommunalité dans la métropole du Grand Paris

3 Quartier en politique de la ville identifié par un critère : un revenu médian par habitant.e inférieur à 11 250 euros/an

4 A Aubervilliers, 4,4m² par habitant.e d’espaces verts alors que l’OMS prescrit 10m² par habitant.e.

Pour la nouvelle année, adhérez à APPUII

Que nos meilleurs voeux pour cette nouvelle année vous accompagnent. C’est aussi le moment de montrer votre soutien à APPUII en renouvelant votre cotisation. Devenir membre d’APPUII c’est soutenir la justice sociale et la démocratie en étant aux côtés des habitants et des citadins qui veulent se faire entendre sur l’avenir de leurs villes et leurs quartiers. C’est permettre le déploiement de soutiens réels sur le terrain, d’aide à la mobilisation, à la production d’alter-expertise.

Pour adhérer, c’est ici pour les associations et pour les individus.

Triangle de Gonesse : la lutte continue !

L’abandon annoncé le 7 novembre 2019 du projet de méga-centre commercial et de loisirs EuropaCity ne saurait être confondu avec la préservation des 670 hectares de terres agricoles fertiles du Triangle de Gonesse. La  Société du Grand Paris annonce en effet pour février le début de travaux de la gare « Triangle de Gonesse » qui a pour caractéristique son splendide isolement au milieu des terres. Sa vocation ne pouvant être la desserte des champs, il faut la voir comme premier pas d’une urbanisation qui prendra son temps mais qui se fera. C’est la raison pour laquelle le Collectif Pour le Triangle de Gonesse poursuit con combat contre l’artificialisation des terres, engagé il y a 10 ans, en demandant désormais l’annulation de ce projet de gare. Sachant que par ailleurs un projet alternatif déclinant les multiples dimensions d’une transition écologique est possible sur le triangle de Gonesse : le projet CARMA (http://carmapaysdefrance.com/).

Fête du Triangle de Gonesse (21/01/2021) Photo : Ranier Hoddé


La fête du dimanche 21 janvier à été l’occasion de rediscuter de tout cela, autour d’excellents soupes, et surtout de prêter le «Serment du Triangle», comme l’ont fait les députés duTiers-État le 20 juin 1789 lors du Serment du Jeu de Paume. APPUII était des signataires (voir le communiqué de presse https://ouiauxterresdegonesse.fr/wp-content/uploads/2021/01/CP-20210115-Le-17-janvier-le-Serment-du-Triangle.pdf)

Franc-Moisin (Saint-Denis) : Premiers résultats de la contre-expertise sur le relogement menée par les citoyen.ne.s

Dans le cadre de l’élaboration du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU), le Conseil citoyen du quartier Franc-Moisin / Bel-Air / Stade de France (membre du collectif des habitant.es de Franc-Moisin) et APPUII, en partenariat avec l’Université de Nanterre, ont mené une étude sur le processus de relogement engagé dans le cadre de la démolition annoncée de 477 logements. Cette démarche visait d’une part à comprendre les modalités concrètes du relogement, dans l’optique de faire valoir les droits des locataires. D’autre part, l’enjeu était de faire un état des lieux du logement social sur certains quartiers de Saint-Denis. Alors que le travail a enfin été présenté par le collectif d’habitants de Franc-Moisin à la municipalité nous publions ici ses résultats.

Les services de Plaine Commune, les municipalités et les différents bailleurs de l’agglomération ont négocié en janvier 2020 une charte de relogement intercommunale qui définit les droits des locataires dans le cadre du relogement. Les habitant.e.s, ainsi que leurs représentant.e.s des amicales des locataires ou du conseil citoyen, ont été exclu.e.s de cette négociation. Lors de la conférence intercommunale des locataires, de nombreux collectifs et associations, dont le conseil citoyen de Franc-Moisin, ont revendiqué leur intégration au processus de relogement et l’élaboration de déclinaisons locales de la charte, prévue dans son premier article.

Le conseil citoyen de Franc-Moisin, avec le soutien technique d’APPUII, a ensuite engagé un travail d’étude et de compréhension de la charte intercommunale et du processus de relogement (les détails ici), financé par le budget de contre-expertise alloué par la mairie de Saint-Denis. Ce travail a été mené entre janvier et juin 2020 avec le soutien d’un groupe d’étudiants en Master 2 Urbanisme et Aménagement de l’Université de Paris-Nanterre.

A la suite d’ateliers participatifs avec les habitant.e.s, de réunions et d’entretiens avec les différents acteurs du relogement, ainsi que de recherches réalisées sur des processus similaires ayant eu lieu sur d’autres territoires, deux documents ont été produits, disponibles au format PDF, qui présentent :

  • Les principaux dysfonctionnements du processus de relogement qui ont pu être observés, ainsi que leurs conséquences > LIEN
  • Des préconisations visant à l’amélioration de ce processus et permettant de répondre aux problèmes constatés. Ces fiches, à destination des différents acteurs du relogement, proposent le détail de la mise en œuvre des actions proposées (maîtrise d’ouvrage, moyens à allouer, etc.), leur moment d’intervention dans la temporalité du processus de relogement, et s’accompagnent de références ou d’exemples qui illustrent leur faisabilité > LIEN
  • Par ailleurs, un travail fin d’analyse et d’amendement de la charte intercommunale de relogement a été réalisée par les habitants dans l’objectif de négocier une déclinaison locale pour le quartier, conformément aux engagements de la municipalité. > LIEN

Deux synthèses de ces documents sont également disponible ici et . Ces documents sont mis à disposition des habitant.e.s, des amicales de locataires, du conseil citoyen, des élu.e.s et des bailleurs, afin de faciliter le processus de relogement engagé, et que celui-ci  se fasse dans le respect des droits et volontés des habitant.e.s.

L’état des lieux du parc social à Saint-Denis n’a, pour l’heure, pas pu être réalisé, faute d’accès aux données. Plusieurs raisons expliquent cela : d’une part, l’organisation des bailleurs ne permet pas nécessairement la transmission de ces informations, dont ils ne disposent pas forcément eux-mêmes ou qui ne sont pas anonymisées. D’autre part, cette opacité peut également s’expliquer par un manque de volonté de coopération avec une association qui peut être jugée « trop » militante. Ce manque de transparence pose un véritable problème quant au caractère public de ces informations. Il interroge directement la capacité des institutions à avoir une vision globale et inter-bailleurs de l’offre de logement sociaux sur le territoire, et donc d’être en mesure de trouver des solutions de relogement correspondant aux besoins des habitant.e.s.

Le 3 et le 15 décembre, le collectif d’habitants de Franc-Moisin, dont le conseil citoyen et les amicales de locataires concernées, et APPUII ont présenté ce travail à la nouvelle équipe municipale dans l’optique d’engager la négociation de la déclinaison locale de la charte de relogement. Nous communiquerons bientôt le compte rendu de ces deux rencontres.

(Tribune) L’éducation populaire et l’urgence du combat démocratique

Alors que le contexte politique et social est particulièrement délétère, APPUII s’associe à la Fédération des Centres sociaux et Socioculturels de France et aux acteurs de l’éducation populaire, des organisations de la société civile et des chercheur.euse.s pour interpeller pouvoirs publics, associations, médias et grand public sur l’urgence et la nécessité de mener un combat démocratique. (extrait du site de la fédération nationale des centres sociaux)

Crédits : fédération des centres sociaux

La situation actuelle du débat public en France se caractérise notamment par une polarisation simplificatrice, au nom de la lutte contre les extrêmes, les populismes ou les séparatismes. Cet appauvrissement inquiétant du débat démocratique, qui s’accompagne de tentations autoritaires, est un puissant accélérateur des phénomènes de repli sur soi et de diverses formes de radicalisations. Face à ce poison qui s’immisce, la société a plus que jamais besoin d’une démocratie vivante, d’une République laïque et d’une citoyenneté active, qui ne saurait se réduire au droit de vote.

A travers les valeurs de l’éducation populaire, des associations et des collectifs participent à ce mouvement. Ils organisent des espaces de discussion et d’action collective où des citoyennes et citoyens se rencontrent, débattent, s’impliquent pour transformer leur cadre de vie, agir sur les décisions prises à l’échelle de leur ville ou du pays et imaginer des alternatives pour la société de demain. On y parle d’éducation, de logement, d’économie, de santé, d’écologie, de discriminations ou encore d’aménagement du territoire, en partant des préoccupations et du vécu des personnes, de l’expression de leurs intérêts, de leurs envies, de leurs colères. On y vit des moments festifs et solidaires, des luttes, des débats vifs sur des sujets parfois complexes, et des réussites collectives, qui donnent chair à l’idée de fraternité.

Notre combat démocratique repose sur une vision de la citoyenneté qui ne relève pas de la seule instruction civique, mais se nourrit aussi de l’expression libre, de l’écoute, de la compréhension des désaccords, et de l’appropriation du cadre commun qui régule la vie en société. Le débat produit du commun, à partir des différences, et développe l’esprit critique par le dépassement des opinions particulières et la compréhension des enjeux plus globaux et des interdépendances.  C’est un rempart au repli sur soi, au rejet, à la haine et à la violence.

Notre approche est aussi un combat pour l’égalité. Les espaces que nous organisons favorisent le développement du pouvoir politique des citoyennes et citoyens, leur prise de parole, leur dialogue avec les pouvoirs publics et leur contribution à la prise de décision. Il faut affronter sans complaisance les inégalités et les discriminations qui existent dans notre pays, reconnaître les souffrances des personnes, pointer du doigt les dysfonctionnements de nos institutions. Tout cela n’est pas désavouer la République, c’est au contraire l’entretenir et la construire ensemble.

Enfin, c’est un combat sur le temps long. La démocratie n’est pas la confrontation immédiate et stérile de points de vue individuels stéréotypés ; c’est un processus d’émancipation individuelle et collective qui contribue à réduire les fractures qui traversent la société.

L’autonomie dans l’exercice de ces démarches d’éducation populaire, garantissant une expression libre, non contrainte ou instrumentalisée, est indispensable et doit être reconnue comme telle par les pouvoirs publics. Ces espaces sont complémentaires des instances représentatives et font écho au travail mené par les enseignantes et les enseignants. Cet engagement au long cours, particulièrement fondamental auprès et avec des jeunes, nous le menons avec humilité et persévérance.

Nous en appelons, avec cette tribune, à la vigilance et à l’engagement des pouvoirs publics nationaux et locaux, des organisations politiques et syndicales, des associations, des médias et de chacune et chacun d’entre nous : ne laissons pas l’appauvrissement démocratique nous diviser encore plus. Organisons partout où cela est possible ces espaces de rencontre et de construction collective qui font vivre notre démocratie. Discutons, n’ayons pas peur des désaccords. Armons nos esprits critiques et prenons soin de nos liens.

Le défi est immense et chacune, chacun, y a sa place.

Organisations signataires :

la Fédération des Centres sociaux et Socioculturels de France (FCSF) ;

la Ligue des droits de l’homme (LDH) ;

ATD-Quart Monde ;

le Secours Catholique ;

les Comités régionaux des associations de jeunesse et d’éducation populaire (CRAJEP) d’Occitanie, Ile-de-France, du Grand-Est, de Nouvelle Aquitaine, du Centre-Val-de-Loire et des Hauts-de-France ;

l’Union nationale pour l’habitat des jeunes (UNHAJ) ;

le Comité national de liaison des Régies de quartiers (CNLRQ) ;

Peuple et culture ;

France Nature Environnement ;

ATTAC ;

les Maisons des Jeunes et de la Culture (CMJCF et FFMJC) ;

le Collectif des associations d’éducation populaire politique ;

les Eclaireuses et éclaireurs de France ;

le Mouvement de la Paix ;

le Planning Familial ;

le Collectif des associations citoyennes ;

la coordination nationale Pas sans nous ;

Animafac ;

Aequitaz;

Les Cités d’or ;

le réseau des SCOP d’éducation populaire ;

Co-exister ;

Bleu-Blanc-Zebre ;

le Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) ;

la Confédération nationale des Foyers Ruraux (CNFR) ;

la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) ;

l’Association Concordia ;

l’Union Nationale des Associations de Développement Local (UNADEL) ;

la Fédération française des clubs UNESCO ;

Alliance citoyenne ;

Alternatives pour des projets urbains ici et à l’international (APPUII) ;

Solidarités Jeunesses ;

YMCA France ;

le Réseau national des Juniors Associations (RNJA) ;

les Jeunes européens – France ;

les Associations des Ludothèques Françaises – ALF ;

la Fédération nationale des centres musicaux ruraux (CMR).

Avec le soutien du CNAJEP (Comité national des associations de jeunesse et d’éducation populaire) et de la Coalition pour les libertés associatives