Cité Gagarine (Romainville, 93) : Pour une concertation sur la démolition de tous les bâtiments !

Le collectif Gagarine Résiste et l’association Avenir ont fait appel à APPUII depuis pour les soutenir face à un projet de rénovation urbaine qui prévoyait la démolition de 9 bâtiments sur 12. Après les dernières élections municipales, la démolition de 6 bâtiments est remise en concertation, mais 3 doivent toujours être démolis. Les locataires de ces bâtiments restent mobilisés face à ces démolitions qu’ils jugent injustes. 

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Bâtiment H prévu à la démolition – © Gagarine résiste

En 2013, la municipalité engage les premières réflexions sur la rénovation urbaine du quartier. Le projet prévoit alors la démolition de 9 des 12 bâtiments du quartier, ainsi que la démolition du centre commercial et de l’école de maternelle et primaire. Pour cette dernière, sa démolition et reconstruction est d’ores et déjà achevée. Les trois tours restantes doivent être réhabilitées et le projet prévoyait la construction de 965 logements, dont 244 en locatif social. Le pourcentage de logements sociaux devrait passer de 100% à 44% dans le quartier. Ce projet interroge la capacité de la collectivité à reloger les habitants délogés à proximité de leurs lieux de vie dans de bonnes conditions.  

La cité Gagarine est un quartier de grands ensembles situé dans la ville de Romainville en Seine-Saint-Denis. Composée de 780 logements sociaux, elle est un des plus grands quartiers populaires de la ville. 

Les élections municipales de juin 2020 ont propulsé François Dechy maire de Romainville dans une promesse de rupture par rapport à l’ancienne équipe municipale. Il valide, dans la continuité de l’ancienne équipe, la démolition des bâtiments B, D et H et la réhabilitation des tours A, G et I. Cependant, il décide d’entamer une nouvelle concertation pour les 6 autres bâtiments restants. 

Le collectif Gagarine Résiste et l’association Avenir restent opposées à la démolition des bâtiments D et H, le bâtiment B étant quasi vide. En effet, ils interrogent la pertinence de ces démolitions. D’une part, la qualité des logements ne justifie en aucun cas une démolition, bien au contraire, une recherche récente montre qu’on construit moins bien aujourd’hui. D’autre part, les arguments urbains, relatifs au désenclavement, n’apparaissent pas non plus tout à fait pertinents. Enfin, le choix unilatéral de cette opération sans concertation digne de ce nom questionne quant à la légitimité du projet. 

Aujourd’hui, un dialogue existe avec la municipalité. Plusieurs réunions ont eu lieu dans différents formats sans pour autant répondre aux revendications des habitants. Les engagements partenariaux avec l’ANRU, le bailleur et l’intercommunalité, engagés avant cette nouvelle mandature rendent difficiles ces négociations. Les discussions ouvertes par la mairie doivent être l’occasion de rediscuter les différents éléments de ce projet et de requestionner profondément la philosophie de la rénovation urbaine. 

Etouvie (Amiens-80) : La participation à l’épreuve des faits

Alors que les rencontres européennes de la participation ont lieu du 13 au 17 septembre 2021 à Amiens, des associations du quartier d’Etouvie se mobilisent pour dénoncer l’absence de prise en compte de la parole des habitants dans le cadre du projet de rénovation urbaine du quartier. Nous reproduisons ici leur communiqué détaillant les 9 conditions nécessaires à la participation des habitants.

Amiens accueille les rencontres européennes de la participation. Des élus, des professionnels et peut-être des citoyens vont venir de loin pour échanger sur les bonnes pratiques participatives. Dans le quartier d’Etouvie, comme dans d’autres quartiers, des habitants et des associations tentent de s’impliquer mais sont confrontés depuis des années à un manque de dialogue avec les élus locaux. La plupart des habitants n’y croient plus et jugent inutile de participer et de se mobiliser car, pour eux, tout est décidé d’avance.

Quatre associations ont engagé en 2008 un travail avec des habitants sur la rénovation urbaine d’Etouvie, quartier qui a compté jusqu’à 3000 logements HLM. Après deux bilans de la concertation difficile en 2011 et en 2015, le collectif associatif a exprimé en 2017 neuf conditions nécessaires à la co-construction. Elles ont été validées par le conseil citoyen d’Etouvie le 26 juin 2017. Elles n’ont eu aucun écho des élus locaux.

Le Comité de quartier Etouvie Renouveau invite à en parler

Comment coconstruire la rénovation urbaine d’Etouvie et la gestion quotidienne du quartier (entretien, tranquillité, sécurité)

9 conditions nécessaires

1. On sait rarement plus de 3 semaines à l’avance qu’un sujet va être soumis à « concertation » à telle date. On ne sait jamais quel délai de réflexion sera donné, quand et comment sera prise la décision. Il nous est donc impossible de nous organiser pour nous documenter, pour susciter la parole et la réflexion des habitants et des associations.

D’où la première condition de la co-construction : établir au départ un accord entre les partenaires de la coconstruction sur :
– l’objet de la concertation envisagée,
– le calendrier et les étapes de concertation de A à Z,
– les sujets à aborder et la méthode de concertation.
Préciser dans cet accord:
– ce qui sera mis en débat, ce qui ne sera pas négociable,
– quand et comment sera prise la décision,
– comment la collectivité ou le bailleur et les associations s’engagent  à informer et mobiliser les habitants pour qu’ils donnent leur avis et expriment des besoins et des propositions.

2. On découvre toujours en réunion les documents projetés à l’écran. On repart presque toujours sans ces documents. On ne peut donc pas y réfléchir posément et les montrer à des personnes absentes mais concernées. On n’obtient pas toujours les documents qu’on demande même s’ils sont publics, comme ceux qui ont fait l’objet d’une délibération du conseil municipal ou d’agglomération.

D’où la deuxième condition : obtenir toutes les informations nécessaires à la compréhension du sujet et à la réflexion.

3. On nous laisse très rarement le temps d’aller à la rencontre des habitants et d’élaborer collectivement des propositions. Cela nécessite des semaines ou des mois. Pas plus que le temps pris par les services pour étudier les projets. Mais on arrive toujours à la fin de la préparation du projet et on nous dit que notre avis arrive trop tard. Il ne nous reste plus qu’à faire une pétition contre la décision qui ne changera pas.

D’où la troisième condition : avoir le temps de mener des réflexions et de rencontrer les habitants.

4. Quand on propose autre chose que la solution ou les variantes qui nous sont présentées, on nous dit toujours que ce n’est pas possible techniquement ou financièrement ou que c’est inacceptable par l’ANRU. Quand on peut, on tient bon, on prend des mesures sur place, on mène des enquêtes, on rencontre discrètement des experts et on dessine des solutions. On gagne parfois. Ce qui était jugé impossible s’avère possible et pas coûteux. Il a fallu dépenser une énergie considérable et oser aller à contre-courant.

D’où la quatrième condition : avoir la possibilité de faire étudier des variantes ou des contrepropositions et de faire intervenir éventuellement un professionnel neutre.

5. On ne sait jamais si les techniciens sont autorisés à répondre à nos questions et à nos demandes de documents, s’ils vont répondre à nos mails. Passer par les élus est long, compliqué et souvent sans résultat.

D’ou la cinquième condition : avoir des interlocuteurs disponibles joignables par mail et par téléphone pour obtenir des informations, des documents et discuter sur les détails des modalités de concertation.

6. Quand il faut des mois pour recevoir une réponse à un courrier ou pour obtenir un rendez-vous avec les élus, le dialogue est impossible dans les délais fixés pour la préparation des projets.

D’ou la sixième condition : obtenir des réponses aux courriers et des rendez-vous dans des délais raisonnables.

7. Les discussions sont la plupart du temps déséquilibrées. Il y a ceux qui savent, qui ont réponse à tout et qui font comprendre qu’il est déplacé d’insister sur des désaccords. Ils sont souvent sur une estrade avec un micro. Ils sont souvent aussi nombreux (élus et professionnels) que les habitants présents.

Il n’y a pas de compte-rendu des discussions contradictoires. Le magazine hebdomadaire de la collectivité publie des reportages qui ne disent rien des débats contradictoires, ce qui est une manière d’ignorer délibérément les arguments avancés par les habitants et leurs associations.

D’où la septième condition : avoir des temps de discussion équitables :
-on nous écoute, on nous fait confiance sans nous écraser,
-les arguments différents ou contradictoires sont notés précisément et intégrés dans un compte-rendu à valider et à diffuser.

8. Il n’y a quasiment jamais eu de temps de discussion approfondie et argumentée autour d’une table sur les points de désaccord. On découvre après coup ce qui a été décidé.

D’où la huitième condition : avoir des temps de négociation sur les points de désaccord.

9. Même s’ils y sont théoriquement obligés dans les enquêtes publiques et les concertations préalables obligatoires, les élus ne font jamais état de la manière dont ils ont pris en compte les arguments des habitants et des motifs de leur choix (sauf quand le projet est consensuel). Les désaccords sont évacués, niés. L’enrichissement éventuel du projet par la concertation n’est même pas valorisé. Cela ne peut que conforter les habitants dans leurs propos habituels :  « Ça ne sert à rien de s’exprimer car tout est déjà décidé ».

D’où la neuvième condition : disposer au moment des délibérations et des décisions des élus :
-d’un bilan de la concertation avec les avis, propositions et arguments émis dans le      quartier,
– d’un exposé sur les motivations qui fondent la décision des élus, sur la manière dont a été prise en compte la concertation et sur l’enrichissement du projet obtenu par la coconstruction.

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Offre d’emploi – chargé de mission assistance technique citoyenne

Vous êtes intéressé.e par les questions d’urbanisme et vous souhaitez vous engager dans une association dynamique au service des habitants touchés par des grands projets d’urbanisme ? Nous recrutons un chargé de mission pour novembre 2021. Plus d’infos ici.

Le CV et la lettre de motivation sont à envoyer à associationappuii@gmail.com avant le 30 septembre 2021.

APPUII et Réseau-SUD : une coopération fructueuse

Le 2 juillet dernier, une soixantaine de personnes se sont rassemblées autour d’une construction en bois dans la cité Pierre Semard. Pensée comme une scène publique, cette structure abritait une discussion entre des habitant.e.s de la cité, l’architecte qui l’a construite, des professeurs de l’ENSA PLV et leurs étudiant.e.s. Ce festival en plein air était l’occasion d’inaugurer les deux projets construits par les étudiant.e.s et les habitant.e.s en soutien à une mobilisation des locataires contre la démolition d’une partie de leur quartier. Elles sont en effet la concrétisation de plusieurs mois de coopération entre APPUII, le Réseau-SUD – pratiques et pédagogies coopératives et les habitants du quartier. Depuis une dizaine, ces acteurs se mettent au service de projets citoyen socialement et environnementalement responsables. 

© APPUII

Ce modèle de coopération n’est pas seulement complémentaire au travail d’APPUII, mais constitue une dimension intégrale de sa mission. Depuis sa fondation, l’association met l’action pédagogique au cœur de son engagement. Convaincue que l’enseignement et la recherche dans le champ urbain s’enrichissent énormément quand ils sont informés par des actions menées aux côtés des habitant.e.s, APPUII maintient aussi que les connaissances et ressources des acteurs universitaires peuvent et devraient être mises au service de la société civile, et surtout des populations tenues à l’écart des processus démocratiques. Pour ces raisons, l’association s’implique depuis 2015 dans la branche Pédagogies coopératives du Réseau SUD, un dispositif dont le but est de favoriser les démarches de coconstruction et de partage de connaissances entre le milieu académique et les quartiers populaires.

Dans cet article, Jo Blount, membre d’APPUII, revient sur une dizaine d’années de coopérations fructueuses. 

Solidarités Covid (Yvelines) : une première année riche en apprentissage

L’association APPUII réalise en partenariat avec la Fondation Abbé Pierre et la Fondation du Crédit coopératif, une mission d’accompagnement des formes de solidarité émergentes face à la crise sanitaire. Cette étude vise à comprendre et soutenir les démarches collectives engagées dans les quartiers populaires de cinq villes des Yvelines. Elle est encadrée par un comité de pilotage composé de chercheurs, de militants associatifs et d’élus. Après un an d’observations sur le terrain, de rencontres des acteurs de la solidarité, et d’échanges enthousiasmants, le deuxième comité de pilotage s’est tenu le 24 juin dernier. Il dresse un bilan du travail effectué et des résultats obtenus. Il confirme l’importance des associations de proximité face à la crise sanitaire et sociale tout en apportant des précisions sur leurs spécificités et capacités à se pérenniser.

Un travail au cœur des quartiers populaires

Bien que le département des Yvelines soit l’un des plus riches de France, les richesses y sont très inégalement réparties. Notre terrain d’étude couvre en particulier les quartiers populaires de cinq villes yvelinoises : Mantes-la-Jolie, Poissy, Trappes, La Verrière, et Plaisir. Ce sont tous des petits quartiers de logements sociaux, de moins de 600 logements, et en rénovation urbaine. Les liens de solidarité y sont forts et multiformes.

Notre méthode a consisté à rencontrer des habitants de ces quartiers pour identifier les formes d’entraide dont ils avaient bénéficié depuis le début de la crise sanitaire. Il s’agissait alors d’établir une liste de ces initiatives solidaires pour les découvrir. Pour le moment, nous en avons rencontré 25 dans les cinq villes. Ces entretiens permettent de dresser 4 résultats principaux.

1. Des acteurs de proximité au plus près des publics isolés

L’étude montre que les pouvoirs publics se sont peu emparés des enjeux sociaux soulevés par la crise. Les actions d’aide menées ont été ponctuelles, et peu adaptées aux besoins des habitants des quartiers concernés. C’est pourquoi elles ont souvent reçu un accueil mitigé.

Par ailleurs, la plupart des associations nationales humanitaires (secours populaire, Restos du Cœur…) ont dû fermer leurs portes ou réduire drastiquement leur capacité d’aide pendant le confinement. Cela explique qu’une partie d’entre elles témoignent d’une baisse de fréquentation du début du confinement jusqu’au début de l’hiver 2020.

A l’inverse, toutes les associations de proximité rencontrées témoignent d’une augmentation substantielle des demandes d’aide, dès mars 2020. Leur stratégie d’aller-vers leur permet de toucher des publics isolés et des personnes qui renoncent à l’aide. Les associations locales identifient une partie de leurs bénéficiaires grâce au bouche-à-oreille, ou en ciblant leurs lieux de vie (centre d’hébergement). Cette connaissance du territoire et cet ancrage dans les réseaux locaux sont une spécificité de leur pratique. Cela permet de déployer leur action au plus près des bénéficiaires.

2. Une réponse multiforme

La crise sanitaire a fait évoluer les pratiques d’entraide. Les actions d’aide alimentaire se sont multipliées, quand les activités éducatives et culturelles ont été mises en suspens. En parallèle, les actions de mise en réseaux, ainsi que l’accompagnement social et administratif ont trouvé tout leur sens dans ce contexte d’urgence.

Dans les quartiers où règne une tradition d’entraide forte entre voisins, des initiatives individuelles se sont multipliées. Elles sont nombreuses et difficilement quantifiables. Certains habitants se sont regroupés en collectifs pour mener des opérations de plus grande envergure. Parfois, ces collectifs se sont formalisés en associations afin de pérenniser leur action d’aide au-delà de l’urgence.

Certaines associations préexistantes ont créé des nouvelles branches d’activités. D’une part, il s’agit d’associations dont l’activité a été suspendue par le confinement, et qui ont souhaité réorienter leurs moyens vers de l’aide alimentaire et du service à la personne. D’autre part, il s’agit d’associations qui pratiquaient déjà de l’aide humanitaire, mais ont développé une nouvelle pratique pour répondre à des besoins spécifiques liés à la crise, comme le soutien psychologique ou l’aide administrative.

Enfin, la dernière forme d’adaptation de l’activité associative aux besoins de la crise sanitaire consiste en un changement d’échelle des actions humanitaires. Face à la multiplication des demandes d’aide, certaines associations ont élargi leur pratique en incluant des nouveaux publics, comme des personnes hébergées en centre d’accueil, ou des habitants extérieurs au quartier. D’autres ont intensifié leur pratique pour toucher plus de monde, ou intervenir plus régulièrement.

3. Des dynamiques variables entre les quartiers

Les dynamiques de solidarité que nous avons observées sont plus ou moins intenses en fonction des quartiers. Cela dépend de l’histoire du quartier, de sa tradition culturelle, et du contexte politique local. Par exemple, dans des quartiers avec peu ou pas d’acteurs associatifs, la solidarité repose majoritairement sur l’entraide entre particuliers et l’action des pouvoirs publics. À l’inverse, un quartier concentrant plusieurs associations ou collectif verra se développer un panel d’actions plus large.

Par ailleurs, la nature d’un acteur de la solidarité fixe souvent sa portée territoriale. En effet, les associations, nationales et locales, interviennent systématiquement à une échelle intercommunale et couvrent plusieurs types de publics. Les structures informelles, quant à elles, agissent quasi exclusivement à l’échelle du quartier. Néanmoins, il faut noter un élargissement de la portée territoriale des associations locales depuis le début de la crise sanitaire.

4. Un contexte d’urgence révélateur des dynamiques de conflit et de coopération

La crise sanitaire met en lumière une effervescence d’actions de solidarité sans coordination. Cela implique que l’aide est inégalement répartie sur le territoire et entre les publics. Cela interroge le rôle des municipalités dans la coordination de ces actions.

Dans un contexte de mise en concurrence généralisée des associations, les plus récentes témoignent de la difficulté à s’insérer dans un territoire. Certains acteurs préexistants peuvent entraver leur action, dans le but de défendre leur pré carré.

Les relations avec les institutions publiques ne semblent pas exemptes de ces enjeux de pouvoir. Dans un logique clientéliste, certaines municipalités semblent favoriser certaines associations. Dans ce contexte, certains acteurs choisissent l’indépendance et reposent intégralement sur les dons particuliers.

Malgré tout, la plupart des acteurs rencontrés expriment une volonté de coopération avec d’autres. Le principal obstacle est souvent le manque de temps ou de moyens. Néanmoins, quelques exemples fructueux prouvent que des associations ont su se coordonner pour organiser des actions adaptées à l’urgence de la situation.

Et maintenant ?

La suite du travail se développera selon trois directions. Il faudra d’abord terminer la phase diagnostic, en approfondissant le profil des acteurs et des liens qu’ils entretiennent. Un travail spécifique sera mené auprès des foyers de travailleurs migrants à Trappes.

A partir d’octobre, nous débuterons la phase d’accompagnement. Celle-ci sera constituée d’accompagnements personnalisés, de groupe de travail thématiques, et de séances de co-formations.

Enfin, une étude d’ethnocomptabilité débutera en septembre. D’une durée de trois à quatre mois, elle prendre pour objet des habitants du quartier du Bois de l’Etang à La Verrière.

Pour en savoir plus, vous trouverez ici le rapport d’activité de la première année, détaillant les actions menées et les éléments d’analyse. Une série de podcasts, disponible sur la radio La Ville à tout.e.s, relate des dynamiques d’entraide. Enfin, les initiatives de solidarité étudiées sont repérées sur la carte collaborative La Ville à tout.e.s. Si vous êtes intéressé par cette démarche, n’hésitez pas à contacter le chargé de mission Mohamed Ragoubi (mragoubi.appuii@gmail.com), ou directement l’association (associationappuii@gmail.com).

Robert Schuman (Melun, 77) : Le Maire s’engage à respecter la demande des habitants et à ne pas démolir leurs logements.

Les habitant.e.s du quartier Robert Schuman à Melun ont obtenu une première victoire à la suite de leur mobilisation contre la démolition de logements dans leur quartier. Le 30 juin dernier lors du Conseil Municipal le Maire a en effet annoncé qu’aucune démolition ne serait programmée si tel est le souhait des habitant.e.s. La force des propositions des habitant.e.s contenues dans le livret coproduit en mai dernier a été saluée par l’adjointe au maire chargée des PRU. Les habitant.e.s demandent désormais que le financement de l’ANRU soit à la hauteur pour réaliser les aménagements, les requalifications urbaines et la réhabilitation structurante des logements.

Après avoir renoncé à la démolition des logements du quartier en juin 2018 suite à la forte mobilisation des habitant.e.s, la ville de Melun a envisagé de revenir sur sa décision en annonçant début 2021 qu’elle réexaminerait cette possibilité. En l’occurrence, l’ANRU avait demandé à la mairie “un projet plus ambitieux” du quartier dans le cadre du projet de rénovation urbaine. La mairie a décidé de relancer une étude en janvier 2021 et pour ce faire la ville a retenu un prestataire. 

Se retrouvant dans la position de devoir défendre à nouveau leurs logements, le collectif des habitant.e.s et les deux amicales de locataires ont fait appel à la coordination nationale Pas Sans Nous et Appuii. Dans un premier temps, l’objectif était d’inciter la maîtrise d’ouvrage et l’ANRU à respecter leurs engagements en appliquant l’article 1-3 du règlement de l’ANRU, prévoyant la coconstruction du projet avec les habitant.e.s. Dans un second temps, en l’absence de réponse méthodologique sérieuse, il s’agissait de produire un diagnostic alternatif synthétisant les constats et propositions faites collectivement par les habitant.e.s du quartier (lire le livret ici).

A la suite de ce travail, la ville a organisé avec leurs prestataires l’animation d’ateliers, moment dans lequel les habitant.e.s ont ainsi pu mobiliser le livret comme support d’expression de leurs vision du quartier, leurs arguments contre la démolition et leurs attentes par rapport au projet de rénovation urbaine. C’était aussi l’occasion de revendiquer à nouveau la coconstruction du projet et de mettre en valeur leur expertise collective.

A la suite de ces travaux, le conseil municipal a annoncé l’abandon des démolitions et a reconnu la richesse des analyses et des propositions des habitant.e.s. Comme quoi l’expertise citoyenne constitue une vraie force politique !  

Dès lors, les amicales de locataires et le collectif des habitants se mobilisent pour que le quartier bénéficie du financement de l’ANRU et que les propositions des habitant.e.s soient prises en compte : la requalification des espaces publics, les restructurations des équipements publics, des réhabilitations ambitieuses des immeubles et de leurs logements. 

Appuii et Pas Sans Nous tiennent une fois de plus à féliciter les habitant.e.s pour cette première victoire et continueront à les accompagner dans leur démarche. 

Pour plus d’informations sur ce projet, contactez Pas Sans Nous et l’association APPUII (associationappuii@gmail.com). 

Service civique : rejoignez notre équipe

Vous êtes intéressé.e.s par les questions d’urbanisme et vous souhaitez vous engager dans une association dynamique au service des habitants touchés par des grands projets d’urbanisme ? Une place s’ouvre de septembre 2021 à mars 2022 au sein de notre équipe.

Piloté par Échanges et Partenariats et co-animé avec au moins une association en France spécialisée sur une thématique, ce programme est organisé autour des luttes et mobilisations des réseaux de solidarité internationale. Il a pour but à la fois: d’encourager les jeunes générations qui souhaitent se mobiliser à repenser l’espace politique et leur rôle dans cet espace; de répondre aux demandes de formation des jeunes souhaitant s’engager dans le champ de la solidarité internationale; enfin, de développer et renforcer les partenariats entre organisations de la société civile en France, en Europe et à l’international. La mission s’inscrit dans une session collective qui regroupe de 8 à 15 volontaires, partant chacun·e sur une mission différente.

Le/la service civique aura pour mission :

-Participer à constituer une boite à outils des ressources pour une ville juste et solidaire
-Participer à organiser un cycle de co-formation relative aux questions de rénovation urbainemêlant chercheur, professionnel et habitants de quartiers populaires
– Il/elle pourra participer à accompagner des groupes d’habitants sur le terrain

Le détail de la fiche de poste est disponible ici.

Qualités recherchées:
– Forte motivation
– Intérêt pour les domaines de la Solidarité Internationale et du droit au logement et à la ville.
– Une formation en urbanisme, sociologie, sciences politiques est un plus.
– Autonomie et qualités d’organisation
– Bonne capacité rédactionnelle
-Expérience dans l’animation de groupe est un plus
– Une connaissance du tissu associatif + l’expérience/engagement associatif sont un plus
– Maîtrise des logiciels bureautiques et internet

Calendrier
Préparation collective au départ à Paris: du 6 au 30 septembre 2021
Terrain: octobre 2021 à février 2022
Capitalisation collective au retour à Paris: mars 2022Attention, ce calendrier est susceptible d’être modifié d’ici au départ (de l’ordre de quelques jours)

Éligibilité

Eligibilité
Le Service Civique est ouvert à tous les jeunes entre 16 et 25 ans et élargi à 30 ans pour les jeunes en situation de handicap.
Vous devez pouvoir fournir l’une des pièces administratives suivantes :
– une pièce justifiant de votre nationalité française, celle d’un état membre de l’Union européenne ou de l’espace économique européen ;
– un titre de séjour régulier en France effectif depuis plus d’un an ;
– un titre de séjour régulier en France effectif sans condition de durée si vous possédez le statut d’étudiant étranger, de réfugié ou si vous êtes bénéficiaire de la protection subsidiaire. Les étrangers possédant une carte de séjour pluriannuelle générale délivrée après un premier document de séjour sont également éligibles au dispositif.

Indemnités
– Pour les missions en France: 473,04 euros sont versés directement par l’Etat chaque mois au volontaire.
– Pour l’ensemble des missions (France ou international), un co-financement est versé par E&P d’un montant de 107,58 euros par mois.
– Les jeunes, bénéficiaires ou appartenant à un foyer bénéficiaire du RSA, ou titulaire d’une bourse de l’enseignement supérieur au titre du 5e échelon ou au-delà bénéficient d’une majoration d’indemnité de 107,66 euros par mois. L’indemnité de Service Civique est entièrement cumulable avec l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) et l’Aide au Logement.
> Pour en savoir plus sur ce statut, vous pouvez consulter la FAQ du Volontaire sur le site du ServiceCivique: https://www.service-civique.gouv.fr/faq-volontaire

Pour candidater
Si vous êtes intéressé·e par cette mission, merci d’envoyer votre CV et lettre de motivation, en précisant en objet le thème et le pays, à info@echanges-partenariats.org.

Petits conseils pour écrire votre lettre de motivation:
– nous voulons savoir pourquoi vous souhaitez vous engager dans une mission de solidarité, dans le cadre proposé par E&P et ses partenaires. Pourquoi souhaitez-vous vous engager sur cette mission en particulier, qu’est-ce qui fait écho dans votre parcours et/ou vos questionnements, comment vous vous projetez dans cette mission? – ne répétez pas les infos déjà écrites dans votre CV: ce ne sont pas vos compétences qui vont déterminer notre choix mais votre motivation et votre compréhension des enjeux de la mission.Nous donnerons une réponse à toutes les candidatures; le processus de recrutement peut être long, merci d’avance de votre patience. Nous sommes également disponible par mail si vous avez des questions.

Bois de l’Etang (La Verrière, 78) : Victoire pour les habitant.e.s. La concertation aura bien lieu !

Depuis plusieurs mois, la municipalité avait réengagé le projet de rénovation urbaine du Bois de l’Etang. A l’encontre du projet concerté avec la municipalité précédente et des engagements du maire actuel, ce projet prévoit la démolition de 212 logements. Face à la mobilisation des habitants et une concertation quasi inexistante, la communauté d’agglomération relance une démarche de concertation. La mairie dispose de six pour mettre en œuvre une véritable démarche de concertation.

Présentation du projet alternatif au Bois de l’Etang – 13 juin 2021

En 2014, la mairie de La Verrière a engagé des réflexions concernant la rénovation urbaine du Bois de l’Étang. Après un premier refus de l’ANRU à l’échelle nationale, son ambition est réduite pour être classé « d’intérêt régional ». Le cabinet d’architectes RVA mandaté par l’agglomération de la SQY, prévoit la démolition partielle du quartier, la réhabilitation des logements restants et la construction d’une nouvelle offre privée. S’ajoutent à ces démolitions d’immeubles, la démolition de centre socio-culturel, les écoles élémentaires et la plaine de jeux favorisant le lien social avec les habitants de toutes les générations confondues.

Les arguments des pouvoirs publics justifiant ce projet urbain reposent sur la nécessité de désenclaver le quartier, en créant de nouveaux axes routiers et en diversifiant l’offre d’habitat composée uniquement de logements sociaux.

Contrairement à d’autres quartiers de la politique de la Ville (QPV), le Bois de l’Etang est un quartier relativement dynamique. Il ne compte “que” 18% de chômage, soit 13 points de moins que la moyenne des QPV. Son enclavement n’est pas dû à sa forme architecturale, mais à sa proximité d’infrastructures routières et ferroviaires. Il est également contraint par des ouvrages de distribution : gazoduc, oléoduc, ligne haute tension. Même s’il est desservi par des transports en commun, leurs fréquences restent insuffisantes.

En l’absence de concertation satisfaisante avec la nouvelle municipalité, l’amicale des locataires du Bois de l’Étang et le collectif des locataires du Bois de l’Etang se mobilisent. En 2015, elles  font appel à APPUII pour les accompagner dans ce projet de rénovation urbaine. Entre 2017 et 2019 une concertation est organisée par la mairie dans le cadre de l’ANRU, à son issue le choix des habitants se porte sur un projet sans démolitions.

En 2019, suite au choix des habitants, la municipalité s’engage devant le conseil municipal à ne pas démolir de logements. En 2020, le candidat Nicolas Dainville s’engage également à ne pas démolir de logements au Bois de l’Etang. Finalement, en 2021, sans concertation préalable avec les habitants, il annonce la démolition de 3 bâtiments (212 logements sociaux) dans le cadre de la rénovation urbaine du quartier.

En parallèle, le collectif et l’amicale de locataires du Bois de l’Etang sollicitent APPUII pour envisager des propositions alternatives au projet prévu. Des étudiants de l’école d’architecture de La Villette, dans le cadre de leur projet de fin d’étude ont envisagé une réhabilitation ambitieuse des bâtiments, sur le modèle des récents prix Pritzker d’Architecture Lacathon et Vassal. Ensuite, un groupe d’étudiants en urbanisme de l’université de Nanterre, à partir d’un diagnostic fin du territoire  a identifié des pistes pour réaménager le quartier sans démolition. Ces projets ont notamment été présentés le dimanche 13 juin dans le quartier.

Finalement, après une forte mobilisation des habitants, l’organisation de réunions publiques et d’ateliers à l’initiatitive de l’amicale et du collectif de locataires, et l’interpellation des pouvoirs publics et de l’ANRU face à l’absence de concertation avec la nouvelle municipalité, la communauté d’agglomération a relancé une démarche de concertation. Elle a donnée à cette dernière, 6 mois afin qu’une véritable concertation soit réalisée. L’amicale et le collectif de locataires et APPUII se félicitent de cette décision et prendront pleinement part à cette démarche si elle garantit une participation effective des habitants à la co-construction du projet de rénovation urbaine comme le prévoit la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine de 2014 et comme s’était engagé le maire Nicolas Dainville en signant des engagements lors de l’entre-deux tours des élections municipales de 2020.

Engagement du candidat Nicolas Dainville – 12/06/2020

Si vous souhaitez avoir plus d’information concernant ce projet, vous pouvez contacter Romain Gallart pour l’association appuii : rgallart.appuii@gmail.com ou directement le collectif des locataires du bois de l’Etang : collectif.du.be@gmail.com

Blanc-Mesnil – Les pouvoirs publics interpellés sur le projet de rénovation urbaine des Tilleuls

Aux Tilleuls (Blanc-Mesnil), un premier projet de rénovation urbaine qui prévoyait la démolition de plus de 800 logements avait été retoqué en 2019 par l’ANRU. Le 29 Juin 2021, un comité de pilotage doit réunir l’ANRU, les bailleurs et les collectivités pour examiner un nouveau projet. Les habitants ne savent rien de ce nouveau projet et n’assisteront pas à cette réunion. Pourtant, des collectifs d’habitants ont interpellé les pouvoirs publics qui restent sans réponse.

L’été dernier, Appuii accompagnait des collectifs d’habitants des Tilleuls dans la quête d’informations et la compréhension du projet urbain. Nous découvrions alors ensemble, et non sans mal, l’ampleur (ou l’ambition, selon le point de vue) du projet porté par la mairie. Un lac était prévu à la place de l’actuel cœur de quartier et 800 logements sociaux, soit la moitié du quartier, devaient être démolis.

Depuis, malgré la covid et des incendies qui ont touché plusieurs lieux collectifs et associatifs du quartier, un groupe d’habitantes s’est mobilisé sur la question de la rénovation urbaine, pour ne pas voir leur quartier disparaître de la sorte. Appuii a ainsi continué à accompagner le collectif, en partenariat avec le projet de recherche-action Copolis et l’école d’architecture de la Villette.

Tou.te.s ensemble et à partir de nombreux moments d’échanges entre Mars et Mai, nous avons produit un livret qui a été adressé à tous les responsables politiques en charge de la rénovation urbaine, en amont des réunions qui doivent décider du sort du quartier. Aucune réponse n’est parvenue aux collectifs d’habitants.

A défaut d’avoir une réponse des collectivités et bailleurs sociaux qui une fois de plus fuient leurs responsabilités politiques, vous pouvez trouver le livret ICI

Vous trouverez dans ce livret l’ensemble de la démarche portée depuis plusieurs mois, des textes d’interpellation, un diagnostic du quartier coproduit et des extraits d’entretiens réalisés avec des habitants. Bonne lecture !

Cité Pierre Semard (Le Blanc-Mesnil, 93) : Une brochure qui s’inscrit dans la mobilisation contre la démolition

Achevée en 1992 par l’architecte Iwona Buczkowska, la Cité Pierre Semard au Blanc-Mesnil est aujourd’hui menacée de démolition et depuis 2016, des habitant.e.s et son architecte sont mobilisé.e.s pour préserver la “cité pointue”. Face à un projet immobilier qui prévoit la destruction de plus de la moitié des logements sociaux actuels dans la cité et qui néglige la concertation citoyenne, un collectif d’habitant.e.s a fait appel à Appuii d’apporter une assistance technique dans la création d’un support d’information. En mai 2021, Appuii et deux étudiantes de l’ENSA-La Villette ont produit une plaquette à partir des discussions avec le collectif d’habitant.e.s. Début juin, la brochure a été livrée et sert d’un outil pour informer d’autres habitant.e.s des enjeux du projet, mais aussi de la lutte pour sauver la cité.

En février 2021, le collectif de Pierre Semard, composé des membres de l’amicale de locataires et d’autres habitant.e.s, a invité Appuii à venir en apprendre plus sur la cité et la mobilisation contre le projet qui vise à démolir plus de 130 logements sociaux et de construire près de 480 logements privés. Le collectif a présenté notamment les moments forts de leur lutte contre ce projet porté par le bailleur social, Seine-Saint-Denis Habitat avec le promoteur immobilier Cogedim. Ayant déjà mené plusieurs actions (pétitions contre le projet qui ont récolté des centaines de signatures, demande de classement au Patrimoine des monuments historiques, obtention de gain de cause contre une partie du projet), le collectif avait envie de diversifier ses outils et a demandé à Appuii de l’accompagner dans la démarche.

En l’occurrence, le collectif a estimé importante la création d’un support visuel capable de  résumer les impacts d’un tel projet et de défaire des idées fausses qui pourraient circuler auprès des locataires. En réponse à cette commande, Appuii a invité des étudiant.e.s en Master 1 à l’ENSA-La Villette et deux étudiantes ont accepté de travailler dessus, dans l’idée de mobiliser des informations et des analyses architecturales et socio-spatiales sur la cité déjà générées dans le cadre de leur projet d’étude.

Ainsi, Appuii et les étudiantes ont dialogué avec les membres du collectif afin de synthétiser les grandes dimensions et problématiques du projet en chiffres et en schémas. Le résultat est une brochure dépliante qui présente le jeu d’acteurs associés au projet et à la mobilisation habitante ; l’histoire et l’identité architecturale de la cité ; les enjeux financiers et politiques derrière la démolition proposée ; les dates clé du projet et de la contre-mobilisation ; et les conséquences du projet tel qu’il est prévu aujourd’hui. Ces conséquences comprennent, entre autres, la suppression des équipements sportifs actuels, la destruction du parking qui sert le RER B en face, la bétonisation de 7000m2 d’espaces verts et le passage de 224 logements sociaux aujourd’hui à 141. 

La brochure souligne surtout les arguments principaux contre la démolition que le collectif et d’autres avancent depuis des années, notamment sa valeur architecturale tout bois (unique en France) et le fort attachement des habitant.e.s à la cité et à leur voisinage.

La brochure sera distribuée aux locataires et utilisée pour engager des discussions autour de la stratégie et des actions à prendre dans la continuité de la lutte menée par le collectif. 

Lire la brochure ici.